Qu’en est-il des interactions sociales en boîte de nuit aujourd’hui ?

La situation actuelle des clubs

Le monde du Clubbing a connu une crise dans le début des années 2000 (1733 discothèques en 2015, contre 3144 en 2005) qui reste encore incomprise. Les causes peuvent être multiples, on pense entre autre à la digitalisation de beaucoup de services (musique, rencontres, etc), aux prix qui ne cessent de grimper et à la prolifération des festivals en France.

En revanche l’âge moyen d’un étudiant augmente considérablement depuis quelques années, les jeunes restent jeunes plus longtemps. 2 551 100, c’est le nombre de jeunes qui étaient inscrits dans l’enseignement supérieur, en France, en 2015. Ça représente une hausse de 80 000 personnes (+3,2 %) par rapport à l’année précédente.

Cet agrandissement de la tranche d’âge d’étudiants est totalement bénéfique pour le milieu du clubbing, sachant que 85 % des clubbers ont moins de 25 ans. Même si on a assisté à une crise qui a conduit à la fermeture de la quasi moitié des boîtes de nuit, un retour vers ces dernières est observable grâce à l’émergence de la musique électronique et des clubs d’after.

Le Clubbing apparaît de plus en plus comme un style de vie à part entière. Pour certaines personnes, cette pratique est associée à un mode de vie qui permet d’éliminer, le vendredi soir ou le samedi, toutes les toxines reçues après une semaine intense de travail, et ce, au son de sa musique préférée. Il s’agit ainsi, au travers d’un défoulement total, d’une sorte de revanche silencieuse sur la forme d’exploitation dont elles sont victimes. De plus en plus d’adeptes s’accrochent à danser en boîte de nuit sur de la musique purement électronique, et y trouvent un réel plaisir.

Néanmoins, plusieurs facteurs négatifs viennent souvent polluer l’expérience que l’on peut avoir en club. De nombreuses plaintes d’attouchements sexuels sont recensées. La communication entre personnes est difficile, voire impossible à cause d’une musique souvent beaucoup trop forte. Sans évoquer également les problèmes de timidité, et de confiance en soi qui bloquent certains clubbers à faire le premier pas vers l’inconnu.

Les agressions sexuelles

Chez Hush, nous avons interviewé plusieurs clubbeuses, qui ont souvent des témoignages outrant et déstabilisant. 7/10 d’entre elles ont déjà connu un attouchement sexuel.

Un homme m’a approché au milieu de la piste de danse, et a mis sa main autour de ma nuque. C’était un joueur de rugby super baraque, et la façon dont il m’a tenu m’a clairement faire comprendre que je ne pouvais pas partir. Il a pas arrêté de me répéter “donne moi une chance” et je n’arrêtais pas de lui dire non de la tête mais il ne m’a jamais laissé partir.

Les personnes qui viennent pour profiter de leur soirée, de la musique et de leurs amis ne devraient pas avoir à faire à ce genre d’incidents, mais aussi malheureux que cela puisse être, il est difficile pour les clubs de gérer ces problèmes. Ces insights sont celles qui nous ont le plus frappé, et nous réfléchissons à un concept pouvant éviter ce genre de situation.

Je pense que l’on doit faire comprendre à ces gens qu’ils peuvent pas s’en sortir comme ça — parce qu’ils s’en sortent comme ça.

La timidité & la confiance en soi

Une raison potentielle des sorties en boite de nuit est l’expression de soi. Pour toutes ces personnes qui savent que l’apparence joue un rôle majeur en boite de nuit, c’est l’occasion de s’exprimer en tant qu’individu. La vie en société ne laisse que très peu souvent l’occasion de se démarquer, ou d’être celui qu’on est au plus profond de soi. Elle enterre souvent la confiance d’une personne et la force à porter un masque, le plus souvent en profond désaccord avec sa personnalité.

Une boite de nuit est un endroit où des communautés temporaires se forment, où les gens peuvent se lâcher, prétendre être qui ils sont vraiment et pendant un certain temps faire partie d’un autre monde. Les gens voient le clubbing comme une façon de s’apprécier et de se détacher de la routine.

La libération de l’ocytocine (hormone de l’amour) est produite chez un individu lorsqu’il pratique des activités telles que danser avec un groupe d’amis. Cette hormone réduit la peur et l’anxiété et créée un sentiment de bien être et de contentement (confiance en soi). Il n’est donc pas étonnant que les clubbers reviennent en boite de nuit afin de produire inconsciemment cette hormone et retrouver ces sentiments de bien-être.

Le bruit

Il va sans dire que la musique fait partie intégrante des night-clubs, et que c’est la première raison de la venue des clubbers. Ils viennent dans des endroits spécifiques, pour chercher une musique spécifique. Chaque infrastructure a ses sets, et c’est cette diversité qui fait aussi la force de la musique électro.

Néanmoins ce bruit incessant et omniprésent ne favorise en aucun cas les relations que les clubbers peuvent avoir entre eux, au delà de la danse. Il est certain que la séduction, les jeux de regard et les rapprochements physiques font partie de l’expérience attendue pour certains, mais il est difficile de concrétiser certaines fois, ne serait-ce que parce que vous perdez de vue la personne qui vous a tapé dans l’oeil, et même n’osez pas.

Finalement…

Globalement les gens apprécient l’expérience du clubbing, mais il y a quelques défauts qui méritent que l’on se penche dessus.

Actuellement, Hush, une jeune startup Parisienne, s’intéresse à ces problèmes de fond et travaille actuellement sur une amélioration de ces interactions grâce à un bracelet connecté. Elle aimerait instaurer une nouvelle façon de communiquer tout en gardant l’expérience positive que les gens viennent chercher en club.

Histoire à suivre sur www.hushapp.net.