Les valeurs d’une citoyenneté responsable (n°2)

Plus qu’une simple appartenance à une communauté politique organisée autour d’un État, nous avons découvert dans le précédent numéro que la citoyenneté désigne l’exercice des droits et des responsabilités que nous avons en tant que citoyens vis-à-vis de notre communauté.

Les droits des citoyens que nous sommes sont civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Afin de mieux jouir d’eux, nous avons pour responsabilité d’obéir aux textes qui régissent notre communauté, de nous instruire, de travailler pour participer à la construction de notre nation, de payer nos taxes, d’aimer et de servir notre patrie.

Le civisme, la civilité et la solidarité sont trois valeurs fondamentales à une citoyenneté responsable. Chacune d’elles font du citoyen l’acteur d’une vie harmonieuse et épanouie au sein de la communauté.

Le civisme

Il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses droits et devoirs envers la société. Les différentes expressions de son absence peuvent-être regroupées en quatre catégories :

- Incivisme de conviction : Ses responsables dénient à l’État tel qu’il existe toute légitimité et trouvent justifié d’en saper les fondements ; d’où la légitimation de la contrebande, de la fraude fiscale, de l’insubordination, de l’occupation illégale de l’espace publique, etc.

- Incivisme de misère : Qualifié d’autodéfense compréhensible par certaines personnes, il pose la question du comment se considérer comme citoyen à part entière d’une société qui ne nous assure ni travail, ni éducation, ni santé, ni protection.

- Incivisme d’État : Il relève des rapports entre l’État et les citoyens. L’État est ici représenté par un monstre lointain qui fait peu pour convaincre les citoyens qu’ils sont coresponsables de la politique de la cité. Ils sont donc plus considérés comme des sujets que des copropriétaires de la cité.

- Incivisme de comportement : Le plus fréquent d’entre tous, il consiste à l’expression du non respect des textes et règles de bienséance dans le quotidien. Aggravé par le mimétisme (pourquoi ne pas faire comme eux puisqu’ils s’en sortent plutôt bien ?), il s’illustre entre autres très bien par le non respect du code de la route, la corruption, etc.

La civilité

Elle est une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens, mais aussi à l’égard de l’espace et du bien public.

Copyright : SOS CIVISME BENIN

La solidarité

Les citoyens, dans une conception classique, ne sont pas de simples individus juxtaposés, mais un ensemble d’Hommes attachés à un projet commun. Dans un tel contexte, la solidarité consiste à venir en aide aux plus démunis, directement ou par le biais des politiques publiques (Redistribution des richesses, Prospérité partagée, etc.).

Ces valeurs s’opposent mutuellement à l’individualisme et à l’indifférence. Elles représentent une vertu du citoyen qui a le sens de ses obligations politiques, sociales et morales, et n’a point besoin d’y être contraint pour les accomplir. Le civisme est inséparable du sentiment d’appartenance à une communauté dont les membres sont solidaires.

La démocratie n’a de sens que si elle inclut le rôle des citoyens dans son fonctionnement. Cela requiert donc une participation active et responsable du citoyen à tous les niveaux de la vie publique. C’est pour cela que le prochain numéro sera consacré à l’importance de l’éducation à la citoyenneté pour une démocratie efficace.