Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du Bradbury Challenge : 1 an, 52 semaines, 52 nouvelles. Qu’on se souvienne de notre place, toujours.

Deux minutes. Juste deux petites minutes et je ressors, promis. Donnez-moi rien que deux minutes. Je dois reprendre mon souffle. Faut que je pisse. Faut que je change mon patch de nicotine. Un instant… Merci. Oui. Attendez que je retire la combinaison… Merci. Pfff. Je respire enfin. On étouffe là-dedans. Encore plus quand on pense à ce qu’il y a là dehors. C’est incroyable. Impensable. Inimaginable. Tout ça, littéralement. Ils se sont pas fait chier…


Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du Bradbury Challenge : 1 an, 52 semaines, 52 nouvelles. Pour se sentir soulagé.

1994

Ma mère et moi avions pour tradition de prendre une glace, tous les vendredis en sortant de l’école. Elle et moi et personne d’autre. Pas même mon beau-père, pas même ma petite sœur lorsqu’elle vint au monde. Depuis le premier vendredi de CP jusqu’au dernier vendredi du collège, il y eut ce moment, très bref moment. Certaines fois, la glace fondait tant il faisait chaud et que je parlais. D’autres, nous léchions en silence la crème glacée, encore…


Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du Bradbury Challenge : 1 an, 52 semaines, 52 nouvelles. Sans doute qu’il aurait fallu attendre davantage.

Huit heures qu’elle attend sur le bas-côté. Quatre cent quarante minutes à fixer l’horizon — elle a compté sur ses doigts, elle a eu le temps. Le plafond gris des nuages n’apporte ni chaleur ni fraîcheur. Parfois le vent souffle un peu et elle redresse la tête comme s’il s’agissait d’un message, de l’écho en avance du moteur à explosion. Il a dit qu’il venait, alors il va venir.

Elle ne sait pas qu’il est…


Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du Bradbury Challenge : 1 an, 52 semaines, 52 nouvelles. On aurait pas dû aller danser.

1.

Pour la faire courte, William a rencontré Zato une après-midi, puis a développé des sentiments disproportionnés. Deux semaines plus tard, Zato avait quitté sa vie par quelques mots sans importance : « Je t’appelle demain. »

2.

Techniquement, William est coupable d’être tombé sous le charme de Zato… Non, pas le charme en réalité, pas le charme, ce n’était pas vraiment ça. Parlons plutôt de promesse : William est coupable d’avoir été conquis par la promesse «…


Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du Bradbury Challenge : 1 an, 52 semaines, 52 nouvelles. Elle est inspirée de faits réels.

Pierrot

« Amandine et moi on s’est rencontré à la fête de Noël de ma boîte. Le Noël des enfants. Elle gérait la musique, parlait dans le micro avec sa voix grave et éraillée, elle tendait aux serveurs des plateaux garnis de petits fours. Je ne sais pas exactement ce qui m’a attiré chez elle au premier abord. Peut-être qu’elle n’était tout simplement… pas de la boîte, quoi. De la chair fraîche. Je dis ça parce qu’on…


Cette nouvelle a été écrite dans le cadre du Bradbury Challenge : 1 an, 52 semaines, 52 nouvelles. Elle est inspirée par des faits réels.

On avait retrouvé le corps du petit Loïc à quelques kilomètres de la maison, dans le bois où Virginie et moi avions couché ensemble pour la première fois. C’était la semaine qui précédait notre bac et nous avions décidé avec quelques amis d’aller camper pour décompresser avant les examens. Les uns après les autres, ils avaient annulé, nous laissant pour finir seuls, elle et moi.

Un chemin en gravier gris — qui apparaît maintenant sur…


On a tiré le corps de l’eau jusqu’à la ligne où les clapotis du lac et le sable chaud se rencontraient. Le vieux Brisk, avec ses épaisses lunettes fumées et son cigarillo… Jeanson maugréant… et moi… on observe le cadavre.

« C’est une blague, j’espère ? »

Aucun humour dans la situation. Pas la moindre trace. Je recule et je fais quelques pas. Encore personne aux alentours à part la joggeuse qui a découvert le corps. Elle se tient à distance, la tête levée vers nous. Un suricate qui monte la garde. …


« Un mogophone ? »

Le patron du bar n’en revient pas.

« Écoute, petit… le mogophone c’est pour les losers, les has-been. Peut-être qu’en Amérique les gens aiment encore ça, mais ce son plastique et métallique, cette… cacophonie, là… cette résonance sourde qui fait vibrer les verres… Personne n’en veut ici en Europe. Et je ne dis pas ça méchamment. Tu comprends, petit ?

— Je comprends. »

Le « petit » ouvre sa caisse et sort le mogophone. Le patron se plante sur la pointe des pieds pour mieux voir l’appareil. Il pousse un sifflement aigu.

« Oh…


Sans trop savoir pourquoi, bien après la fin de la condamnation, et alors que même tu devais les détruire, tu avais conservé dans ton téléphone des photos du mariage d’Élisa. De temps à autre, l’esprit ailleurs, ton pouce venait presser l’écran et l’application s’ouvrait, les extirpant. Des fossiles dans une coque en verre et en matériaux rares.

Il y avait tout d’abord le vin d’honneur dans la petite salle attenante à la mairie — pourquoi avoir ignoré la cérémonie en elle-même, tu ne le savais pas, tu n’y pensais même plus. Des draps blancs et roses avaient été tirés depuis…


« Au fond… on dirait que vous n’avez pas envie de partir. »

Papet a juste gardé les yeux ouverts, sans cligner, sans ciller.

« Et je vous dis ça parce que je vous suis depuis des mois. Moi, comme tous les autres journalistes nous sentons bien que… »

La voix du reporter se perd un moment. Son regard croise celui du spationaute Papet. Docteur Ludovic Papet. Plus français, tu meurs. Les autres astronautes lèvent les yeux au ciel. Ça fait six ans qu’ils connaissent le bonhomme. Six ans qu’ils l’écoutent et l’observent grommeler. C’est un type formidable. Un héros…

iamleyeti

Narrative Designer, Writer, Freelance • www.iamleyeti.com

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