Visages : 17 août 2017, Ligne 3 du métro, Paris
« Visages » est une série de portraits pris sur le vif, des descriptions, des instantanés. Heureux qui s’y reconnaît.

Un homme antillais d’une cinquantaine d’années. Cheveux poivre et sel, coupés à ras de manière uniforme ; visage rond de grand-père ; front ridé, un tout petit nez de rien du tout. En dessous, une bouche tellement pincée qu’elle ressemble à un bec d’oiseau tropical.
Il porte de fines lunettes noires, sans aucune marque, sans design particulier. Vêtements dans le même genre : polo noir sans griffe, grand pantalon noir aux poches multiples, des chaussettes noires et des chaussures de ville de mauvaise qualité, noires elles aussi.
De sa main gauche — sans bague ou anneau — , il tient la poignée métallique d’un cabas bleu sale à roulettes. Son autre main tourne les pages d’un énorme livre posé sur ses genoux : des photographies de la Mauritanie qu’il observe longuement, passant ses doigts libres sur les silhouettes des Bédouins, sur les reliefs rocheux au sommet des dunes, sur les soleils couchants.
Il s’appelle Jean-Paul.
