Des funérailles pour f. & co — pourquoi?

Ce n’est pas tous les jours qu’on a le loisir d’organiser ses propres funérailles. Celles de f. & co, évidemment, sont symboliques. On ne disposera aujourd’hui d’aucune dépouille à proprement parler, soyez rassurés. Mais on prendra quand même le temps de formuler quelques adieux à une créature qui nous aura fait vivre des aventures peu ordinaires.

Car l’heure est effectivement venue de tourner une page d’histoire. f. & co, il est vrai, n’a jamais réussi à trouver sa place dans aucune des cases où on aura voulu la classer. Mais, pire encore, elle n’a jamais pu concilier, en elle-même, toutes les idées qui l’ont façonnée. Née du choc de deux esprits à la curiosité sans bornes (Salut Francis!), elle ne pouvait tout simplement pas se contenter d’être, sans devenir constamment autre chose.


C’est le propre des grands projets de notre ère d’être temporaires.

Francis Gosselin et Louis-Félix Binette, cofondateurs de f. & co

Beaucoup de belles âmes, au fil des ans, ont contribué à façonner son aura et ont stimulé l’émergence de ses mille et un legs. Et alors qu’elles poursuivent leur chemin, laissant leur marque aux quatre vents, sur leurs propres sentiers, elles nous rappellent que f. & co aura été un projet important. Un projet de découverte et de liberté.

Or, c’est justement pour préserver cet esprit pionnier qu’il nous incombe de savoir dissoudre f. & co et de laisser émerger dans son sillon de nouveaux projets, plus susceptibles encore de repousser, à leur façon, les frontières. C’est après tout le propre des grands projets de notre ère d’être temporaires.

Il y a au coeur même de l’identité de f. & co le mariage insoluble de faire et de comprendre. Plus que jamais, notre monde exige de nous voir dans l’action. Il change si vite qu’on ne peut vraiment le connaître qu’en en faisant chaque jour l’expérience, intimement et intensément.


Plus que jamais, notre monde exige de nous voir dans l’action.

Puissent ces funérailles nous rappeler encore longtemps l’urgence d’ouvrir les vannes, de nous laisser nous répandre sur la terre comme torrent, d’en saisir fermement toutes les aspérités et d’en embrasser passionnément les contours sinueux. Et de trouver dans ce mouvement notre souffle et, dans chaque pierre polie sur notre passage, notre flamme.

Longue vie à ceux qui osent!