Formez une équipe solide avant de songer à bâtir votre start-up

Il y a quelques semaines, j’ai été contacté par une jeune dame qui souhaitait s’entretenir avec moi car elle avait un projet de start-up et sollicitait quelques conseils sur la manière de procéder. Le dimanche dernier, nous nous sommes rencontrés. Je l’ai écouté me parler de son projet, comme il m’est plus d’une fois arrivé d’écouter de nombreuses gens me parler des leurs. A un moment, il a fallu aborder l’épineuse question de l’équipe qui allait concrétiser le projet. Et là, il n’y avait plus rien à dire.
Comme de nombreux porteurs de projet, cette jeune dame avait travaillé toute seule sur l’élaboration du sien. Elle semblait d’ailleurs réticente à l’idée d’avoir plus de deux associés. Elle recherchait un développeur capable de créer le site web qu’elle entendait lancer, et un commercial qui irait sur le terrain dénicher ses futurs partenaires et clients. Elle ne s’embarrassait ni des questions relatives à la vision, ni de celles liées à la culture de sa future start-up (je parlerai de la culture une autre fois). Cette jeune dame, c’était en quelque sorte moi il y a trois ans, et c’est peut-être également toi qui me lis.
Pourquoi avoir une équipe solide avant de se lancer ?

Aucun projet n’est mauvais. Ce qui compte, c’est la passion qu’habite son porteur, cette volonté d’apporter à tout prix une solution au problème constaté. Mais au-delà de la passion du porteur du projet, ce qui fait la réussite ou l’échec d’un projet, c’est l’équipe qui le porte. Cela, je l’ignorais il y a trois ans, malgré toutes mes lectures sur l’entrepreneuriat et tous les events auxquels j’avais assisté. Personne ne m’avait dit que la réussite de mes projets ne dépendait pas que de moi (mes compétences, mon engagement, ma passion).
You can’t build a successful start-up alone // Vous ne pouvez pas bâtir une start-up à succès tout seul.
Lorsqu’on est porteur d’un projet en lequel on croit, on pense souvent à tort que nous sommes tout ce dont le projet a besoin pour réussir. Cela parce que nous savons parfois, plus ou moins clairement, où nous voulons porter l’idée. Ainsi, au lieu de chercher des personnes qui formeront l’équipe qui portera le projet, nous recherchons des employés, des exécutants, des gens auxquels nous dirons “fais ceci”, “j’ai besoin de cela”, et nous les appelons notre équipe.
Qu’est-ce que véritablement une équipe?

Quel que soit le domaine, la définition d’une équipe reste la même. Wikipédia nous dit qu’une équipe est “un petit groupe d’individus partenaires dans un but commun.” On pourrait aller plus loin en ajoutant qu’il s’agit d’un groupe de personnes réunies autour d’une vision et ayant décidé d’unir leurs forces afin d’atteindre un objectif précis, un but commun. Pour qu’on parle d’une équipe, il faut qu’il y ait une vision unique, partagée par tous les membres, et un objectif précis à atteindre. Si les membres de l’équipe du FC Barcelone ne partageaient pas, à chaque match, un but commun, ils ne remporteraient jamais de victoires.
L’équipe d’une start-up est soumise à la même règle. Il faut que les différents membres qui la constituent partagent la même vision, soient engagés de la même manière et aient un même objectif. Or, lorsque vous prenez des employés, des exécutants, pour former votre équipe, vous pouvez être sûr(e) de ne pas avoir la même vision, ni le même objectif. Alors que vous êtes habité(e) par l’idée d’apporter une solution au problème constaté, eux ne cherchent qu’à accomplir la tâche que vous leur avez donnée, afin de toucher la rémunération que vous leur avez promis.
Il n’est dès lors pas étonnant que vous vous retrouviez avec des gens qui ont perdu leur enthousiasme parce qu’ils n’y voient plus clair, ou des gens qui vous lâchent carrément parce que vous n’avez pu les rémunérer. Une équipe solide est capable de transformer un mauvais projet en une réussite, alors qu’un bon projet ne peut pas être concrétisé par une mauvaise équipe. Croire qu’on peut tout seul transformer un projet en succès est un leurre. Même Messi ne saurait remporter de victoires sans le reste de son équipe.
Comment former son équipe ?

Il n’y a pas, à ma connaissance, de technique ou pratique unique pour former son équipe. En fonction du type de projet, on a besoin d’un type singulier de personnes. Toutefois, ma petite expérience m’a amené à dégager trois points que je pense fondamentaux lorsqu’on part à la recherche des personnes qui constitueront l’équipe de sa start-up ou de quelque autre type de projet. Ces trois points sont : la compétence, l’engagement et la discipline.
- La compétence
Une start-up n’est pas que théorie, idée, projet. Une start-up, c’est du concret. Or, pour concrétiser une idée, un projet, on a besoin de réelles compétences. Ces compétences sont habituellement diverses et variées, selon le type de projet. Le porteur du projet peut avoir l’une d’elles, voire certaines d’entre elles, mais jamais toutes les compétences. Il lui faut donc trouver celles dont le projet a besoin pour passer de l’idée au concret.
Pour reprendre l’exemple du football, remporter un match nécessite un goal, des défenseurs, des milieux de terrain et des attaquants. Chacun joue un rôle différent, mais tous ont le même objectif. Il faut aussi noter que chacun est excellent dans son rôle. Messi ne peut pas être meilleur goal que Ter Stegen. Ce n’est pas parce qu’on est le porteur du projet qu’on doit absolument jouer en attaque. Il faut avoir l’humilité nécessaire pour reconnaître ses forces, faiblesses et limites. S’il y a des goals qui sont capitaines, c’est parce que c’est cela leur compétence. Ils conduiraient l’équipe à la défaite en voulant à tout prix jouer en attaque.
Il doit en être de même dans une start-up. Lorsqu’on n’a pas les compétences en management, même si on est le porteur du projet, il faut l’accepter et céder sa place, pour la vision et la cause qu’on défend. Chaque porteur de projet doit connaître les compétences dont son projet a besoin pour réussir. Cela permet de ne pas intégrer dans l’équipe des personnes dont on ignore les utilités. Ici, il faut oublier l’amitié, la parenté et tout autre lien dans le genre. Seule la compétence compte. Lorsqu’on veut bâtir une maison, on a besoin de maçons, et non de personnes sympathiques qui ont des théories sur la maçonnerie.
- L’engagement
Être compétent est un atout, mais sans un engagement réel à la cause, cette compétence ne sert à rien. L’engagement pousse la personne compétente à utiliser à son maximum sa compétence. Parce qu’elle veut que l’objectif soit atteint, que le projet aboutisse, elle s’investira au-delà de ce qu’on attend d’elle, quitte à aller se documenter, apprendre de nouvelles choses pour faire avancer la boîte. Si cet engagement n’existe pas, la personne n’utilisera parfois que 10 à 20% de ses capacités et retardera ainsi l’évolution des choses. Lorsqu’on veut intégrer une personne dans son équipe, il faut s’assurer que celle-ci partage la vision, est intéressée par la cause défendue et est prête à la porter comme si elle en était l’initiatrice. Il incombe au porteur du projet de transmettre la vision, de sorte à ce qu’elle soit épousée par chaque membre.
- La discipline
J’aurais pu parler d’attitude au lieu de discipline. Une équipe, ce sont différentes personnes qui travaillent ensemble. Cela veut dire que ce sont différents tempéraments, attitudes, qui s’unissent pour un but commun. Il n’est pas toujours évident que tout ira pour le mieux. Et le fait que chacun joue un rôle différent ne vient pas arranger les choses. Le développeur peut se croire plus engagé ou plus performant que le marketeur et blâmer ce dernier de ne pas faire son travail comme il se doit. Ou l’une de ces personnes peut tout simplement être arrogante et mener la vie dure aux autres. Lorsqu’on forme une équipe, il faut faire attention à cet aspect. Il faut s’assurer que les personnes qu’on met ensemble sont capables de travailler ensemble. Cela ne sert à rien d’avoir dans son équipe une personne compétente, engagée, mais si suffisante et invivable qu’elle empêche les autres d’exploiter leur potentiel.
Si tu as un grand talent mais aucune discipline et aucune empathie, tu ne seras jamais un gagnant/champion.
C’est seulement après avoir formé sa DreamTeam que l’on peut penser à bâtir sa startup. De cette façon, non seulement les choses iront plus vite, car chacun jouera à la perfection son rôle, mais en cas de problème, puisque tous sont compétents, engagés pour la cause et suffisamment disciplinés pour ne pas rejeter sur les autres la faute, l’équipe trouvera ensemble une solution.
Il est important de garder à l’esprit qu’un employé est une personne qu’on emploie dans un but précis. Cette personne n’est pas tenue de partager vos valeurs, épouser votre vision, ni même vous aider à atteindre vos objectifs. Elle est un pion dans votre quête de réussite, et vous la rémunérez pour cela. Lorsqu’on veut bâtir une start-up, on n’a pas besoin de ce type de personnes. On a besoin de collaborateurs qui travailleront, non pas pour nous, mais avec nous. Si vous parvenez à trouver ces personnes, réussir devient une formalité.
J’ai commis à maintes reprises l’erreur de m’associer aux mauvaises personnes pour concrétiser des projets et j’ai vu où cela nous a menés. J’avais beau m’investir à 200%, cela ne suffisait pas, car j’étais dépendant de mon équipe. Je n’avais d’autres choix que de compter sur elle comme elle devaient compter sur moi. On était censés assurer les arrières les uns des autres, mais ce n’était pas le cas, car nous n’avions ni la même vision, ni le même engagement. Aujourd’hui, je pense autrement. Je ne cherche plus des exécutants, mais des collaborateurs compétents, engagés pour la cause et disciplinés. D’ailleurs, si vous remplissez ces critères et êtes intéressé(e) par l’idée de redynamiser l’édition et démocratiser la lecture des livres africains, n’hésitez pas à m’écrire à ibuka.ndjoli@gmail.com
Je suis Ibuka Ndjoli, aussi connu sous le nom de Marcus Da Writer, nom par lequel je signe mes œuvres de fiction. Je suis un écrivain et entrepreneur, fondateur d’une start-up appelée Kusoma Group qui ambitionne de redynamiser l’édition et démocratiser la lecture. Je partage mes astuces, conseils, découvertes et expériences dans une publication que j’ai nommée Ibuka Sharing. Suivez-moi sur Twitter : @marcusdawriter
