L’histoire d’un freelance qui retourna à l’école

Une passion

Tout a commencé entre Paris et Montpellier, dans le TGV. 
On s’emmerde dans le train quand on a 12 ans, alors j’ai demandé à mon père qu’il me prête son ThinkPad. 
Le PC portable avec la boule rouge entre les touches G, H, B qui sert de souris.
J’ai ouvert l’application Macromedia Flash MX et j’ai fait ma première animation Flash avec des traits, des carrés et des ronds, des bonhommes quoi.

Quelques années plus tard, je faisais mes premières intégrations HTML/CSS avec des anims jQuery.
Quand j’ai découvert que je pouvais tout automatiser avec PHP et une base MySQL, en suivant les cours du SiteDuZéro et les fameux bouquins “Pour les nuls”, c’était une révélation, merci Mathieu Nebra.

Une expérience salariée

J’étais au lycée quand j’ai trouvé ma première mission au black via Steam, un mec qui tenait une petite agence web, 300€ par Paypal pour intégrer un PSD.
Autant vous dire que j’ai vite mis ma première scientifique de côté pour me faire des thunes.

J’ai arrêté les cours au bout de trois mois, sans bac, retour à Paris, pour un taff où j’étais entre bras droit et développeur, payé au SMIC. J’ai développé un intranet, mais je pouvais aussi bien plier des enveloppes pour faire des relances client. J’ai appris comment fonctionnait une boîte; compta, commerciale, com, marketing, gestion, support.

Les start-ups parisiennes ont commencé à démarcher, Groupon était encore CityDeal, j’écoutais, avec admiration, leurs discours.

Une auto-entreprise

Je suis tombé sur une bête avec un projet béton, il est venu me voir avec un copy cat d’une app qui cartonnait aux States, un iPad chez les commerçants qui permet de récupérer emails et téléphones des clients grâce à un système de fid.

Il cherchait un dev, je me suis lancé.
Rupture conventionnelle, ARCE, statut d’auto entrepreneur avec ACCRE.

J’ai transformé YouFid en un analytics in store avec campagnes multicanal, malheureusement, les grandes marques ont eu vite fait de monter leurs solutions en interne.

Une société par actions simplifiée

Un an après leur création, je me suis inscrit sur Hopwork. J’ai été reçu dans leurs bureaux, un projet ambitieux, une sacrée team, un excellent business dev. 
Ils m’ont rapidement proposé une première mission en direct, chez Restopolitan, j’ai commencé à 290€ la journée.

Quel enrichissement de bosser pour des jeunes boites, découvrir leurs fonctionnements, comprendre leurs besoins, résoudre leurs problématiques.

J’obtins ma première recommandation, ça augmentait ma visibilité sur la plateforme.

Vins une mission dans une boite du CAC, mes parents n’en revenaient pas, moi qui avait un avenir incertain, j’avais même pas 19 ans, c’était cool à l’époque Canal.

Quand CityDeal m’avait démarché, je n’aurai jamais cru pouvoir bosser un jour chez eux. Et pourtant, je suis passé chez les frères Samwer, Rocket Internet, fort de leur rachat par Groupon, ils se sont attaqués aux tiers monde à travers Africa Internet Group.

Elle est belle la culture américaine, elle ne se fit pas qu’à vos études, elle vous donne votre chance, elle vous permet de réussir.

Heureusement, maintenant, nous avons compris qu’un bon développeur n’était pas celui qui avait fait la meilleure école mais celui qui était passionné par son métier et par votre projet.

LeBonCoin, Total, Linkbynet, Meetic, des licornes, des agences de com. Au fur et à mesure, je gravis les échelons, pour atteindre un seuil.

Plus de 60 missions, de nombreuses recommandations, un TJM à 690€ HT, de l’Angular, du React, du Node, du Symfony, du Phonegap, du ReactNative, autant projets à avaler, autant développeurs à comprendre, autant de techno à apprendre, autant de good practices à mettre en place, autant d’équipes à partager, autant de tests à coder, autant de features à développer, autant de savoir à retenir et entretenir.

Être freelance est la meilleure des écoles (2015).

https://blog.hopwork.fr/etre-freelance-est-la-meilleure-des-ecoles-interview-de-alexandre-rodriguez/

Une personne

Quand des clients comme Manadge.co volent votre code, ou Shyft Cab ne veulent pas vous payer, vous devez tenir le coup, trouver des solutions, rester positif, aller de l’avant.

Même si les MOOC freelances nous accompagnent, il faut être solide.

Un freelance, c’est une entreprise avec une seule personne, et parfois une personne seule.

J’ai dédié ces années à mon travail, j’ai trié mes amis en pleines études supérieures sur le volet, j’ai trouvé quelqu’un qui acceptait que ma vie professionnelle passe avant ma vie personnelle.
Je ne connais pas assez le monde, ses individus, ses cultures, ses paysages.

Je voulais et devais absolument réussir, j’avais peur, sans bagages.

Pourtant que l’on soit freelance, dirigeant ou salarié, il ne faut pas oublier de penser à soi, cela vous rattrape un jour où l’autre.

S’épanouir, également, en dehors du travail est primordial.

Un étudiant

Moi qui n’ai jamais connu la théorie et appris uniquement par la pratique.
Après 5 années de freelance, c’est l’heure de la réconciliation avec l’école.

D’un serveur dédié OVH, je suis passé à AWS, Azure, Heroku, Docker.
Des sites dynamiques, je suis passé aux APIs.
De MySQL, je suis passé à MariaDB, Oracle, Postgres, MongoDB, Redis, ElasticSearch, FireBase, Algolia, GraphQL.

La data, le big data résonnent, j’ai travaillé pour des équipes BI, des équipes de data scientists, analyser des données et en tirer le meilleur est l’enjeu de ces prochaines années.

J’ai toujours adoré faire des dashboards, afficher des KPIs pertinents, développer des graphs révélateurs.

Hier, j’ai fait ma première régression linéaire à l’HETIC. Demain, je pourrais faire des prédictions.

C’est comme si j’avais un super pouvoir.

Un projet

Il y a une chose primordiale que j’ai appris récemment, chez Popchef: un projet est avant tout une équipe.

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En freelance, on intervient, chirurgicalement, on apporte sa brique à l’édifice. Il arrive qu’on souhaite apporter beaucoup plus mais que l’on s’en tienne à sa mission car elle est terminée.

Il me reste donc à trouver une équipe pour débuter la construction d’un projet, sans fin, je l’espère.