Le temps des pirates

Martin Charpentier
Apr 11 · 3 min read

De tout temps, les pirates ont sillonné les mers à la recherche de terre, de richesses, de voies maritimes et de tant d’autres choses... Ils incarnent pour moi la quintessence de la polyvalence, pour survivre en mer, pas d’autres choix que de maîtriser l’astronomie, disposer de notions en médecine, d’être un bon mathématicien, un excellent maître d’œuvre, une fine lame et un leader né.

Les mers ont rendu les hommes meilleurs, cet horizon infini nous a forcé à prendre des risques, comprendre, innover. Puis, petit à petit, les hommes se sont spécialisés à outrance, ils se sont organisés en filières, elles-mêmes silotées en services, etc…

Tôt (trop), on nous pose la question : “qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?” ; comprenez : “quel métier ultra-spécialisé as-tu envie de pratiquer pour le restant de ta vie ?” Et, en fonction de notre capacité à mémoriser par cœur (principal critère d’évaluation de la 6ème à la terminale), on nous propose des jobs plus ou moins ambitieux. Quel avenir!

J’ai 32 ans, je fais partie de cette génération NINJA l’acronyme de “No Income, No Job and no Assets”. Ce terme a été employé la première fois en 1987, l’année de ma naissance, par Gordon Gekko, personnage fictif du film “Wall Street” (que je vous recommande). L’inflation, la dérégulation des marchés financiers, le pillage des ressources naturelles, ont fait disparaître les richesses dont nos parents ont bénéficié, ou les ont tout simplement rendues inabordables pour nous.
Tout cela rendant encore plus déprimant l’idée de faire un travail aliénant, dont le seul effet est de créditer notre compte en banque afin que l’on puisse continuer à consommer.

Mais, personne, hormis nous-même, ne viendra nous sauver de cette situation. Aujourd’hui, notre mer, c’est la société globalisée et, notre bateau, c’est le web. Il est possible d’assouvir notre soif de savoir et de compétences, en quelques heures, semaines, ou mois. De se spécialiser dans de nombreux domaines différents, afin d’entreprendre, non pour rentrer dans les critères d’un métier unique et mortifère pour l’esprit.

Je suis un entrepreneur : ma conception d’une société qui réussit, c’est, avant tout, une structure collective, dans laquelle on débat. Le “patron” ne peut plus se permettre de se positionner comme un hiérarque au sommet d’une pyramide, il doit se trouver au centre d’un collectif qu’il doit impulser à travers une vision. La richesse d’une entreprise, son accomplissement au sens collectif, c’est le sigma de : la valeur individuelle, de l’apport de l’entreprise à la réalisation de l’expression optimale du plein potentiel de ses salariés.
Mon job, c’est moins d’ordonner que de donner confiance aux gens qui m’entourent, pour qu’ils aillent au-delà de leur cœur de métier, pour qu’ils évoluent.

Je pense sincèrement que l’on peut faire ce que l’on veut, mais pour cela, il est indispensable de comprendre les contraintes imposées par l’environnement, dans lequel on évolue. C’est la mer qui a fait les hommes et non l’inverse. Ce qui me plaît le plus dans l’entrepreneuriat, c’est d’apprendre, d’être obligé de décortiquer les choses, de les expérimenter, pour me les approprier. Je suis quelqu’un qui se lasse extrêmement vite, et, à partir du moment où j’estime avoir fait suffisamment le tour d’un sujet, je ne peux m’empêcher d’envisager autre chose.

Désormais, nous devons créer nos propres richesses, amener notre propre valeur ajoutée et nous avons largement les moyens de le faire. Notre génération a une vraie responsabilité à créer de la valeur, et encore plus, qui plus est, dans le monde actuel.

Merci de m’avoir lu.

Martin.

Thanks to François Gaudu and Guillemette HECKER

Written by

Founder, Designer and General Partner at Source

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