Argent et dette : petit précis économique d’intérêt public

Le comité indicible
Aug 8, 2017 · 14 min read

La confiance pour seule valeur

Supposons qu’un ami vous doive 20 euros. Un jour, il sort un bout de papier, écrit « 20 euros » dessus, et vous le propose. Vous le refusez, n’est-ce pas ? Ce que vous voulez, c’est un bon vrai billet de banque comme vous avez l’habitude d’en manipuler tous les jours. Mais enfin, qu’est-ce que ça change ? D’accord, le billet de banque est plus joli, coloré, 100 % coton, avec toutes sortes de symboles minuscules et autres hologrammes sophistiqués. Pourtant, ce n’est pas cela qui fonde la valeur du billet de banque. Le billet n’est pas convertible en or, comme jadis, alors pourquoi préférez-vous un billet officiel plutôt que le bout de papier de votre ami ? Simplement parce que vous ne pourrez rien faire avec le bout de papier, alors que vous savez pertinemment que vous pourrez utiliser le billet de banque pour acheter votre nourriture, ou payer votre coiffeur. Autrement dit, vous avez confiance en la capacité du billet de banque à vous procurer des biens et services. C’est ce qu’on appelle de la monnaie fiduciaire (de fides, « confiance ») : une monnaie qui a de la valeur uniquement parce que tout le monde croit… qu’elle a de la valeur ! En effet, que vaudraient vos liasses de billets si, par exemple, l’État déclarait que les impôts ne pouvaient désormais être payés qu’en dollars ? Il y a fort à parier que, au bout d’un certain temps, ces papiers colorés ne vous serviraient plus qu’à faire des origamis.

Bon, si les euros ont de la valeur, c’est parce que l’on s’est tous mis d’accord, y compris l’État, pour les accepter lors de nos échanges : on dit que les euros ont « cours légal ». Dès lors, l’euro doit avoir des caractéristiques spécifiques pour que l’on soit tous convaincus du bienfait de son utilisation. À coup sûr, les euros proviennent d’une source bien particulière, autrement plus fiable et valorisante que le bout de papier de votre ami ! Mais, justement, d’où vient l’argent ? Attention, la question n’est pas « où et comment a été fabriqué le billet de banque ? », mais « d’où cet argent tire-t-il son origine fondamentale ? ». Trop facile, comme question ? Voyons voir…


La création monétaire, c’est magique

Reprenons votre billet de 20 euros. D’où vient-il ? Vous l’avez tiré à un distributeur automatique. Si vous avez pu le faire, c’est que vous aviez au moins un montant équivalent sur votre compte bancaire. Comment ? Parce que votre entreprise vous l’a versé sur votre compte, pardi ! Très bien. Et cette entreprise a récupéré ces euros grâce à ses clients… qui eux-mêmes les avaient reçus de leurs employeurs. Ça ressemble à s’y méprendre à la question de l’œuf et de la poule…

Eurêka ! C’est la banque centrale qui a créé ces euros !

Pas vraiment. D’une part, l’argent sous forme de pièce et billet ne représente qu’une faible minorité de l’argent en circulation : 9/10e de l’argent total demeure sous la forme de chiffres sur les comptes bancaires (on appelle cela la « monnaie scripturale »). D’autre part, cela n’explique pas pourquoi et par quelle légitimité la banque centrale aurait créé ces euros. Le ferait-elle de la même façon qu’un enfant souffle des bulles ?

La réponse se trouve du côté des banques commerciales : BN Chocolat, Société patriarcale, Banquet populaire, OMG Direct… bref, nos banques, quoi !

Quoi, « quoi » ? Ce sont elles qui créent l’argent ?

Bah oui. Quand vous demandez 5.000 euros à votre banque, elle les crée.

Mais pas du tout, elle les prend sur le compte de quelqu’un d’autre ! Il y a eu un dépôt, et cela permet à la banque de faire un crédit.

Bah non. Dans le système actuel, c’est en réalité les crédits qui permettent les dépôts. Votre banque crée 5.000 euros, tout simplement, à partir de rien (ex nihilo, on dit, à un dîner mondain). En fait… elle fait exactement comme votre ami qui vous propose un bout de papier, à la différence que le bout de papier de votre banque a cours légal ! Dans les faits, les banques doivent déposer des garanties à la Banque centrale pour pouvoir créer de l’argent. Pour 1 euro déposé en garantie, les banques peuvent en créer 9.

Mais alors, les euros sont simplement des bouts de papier ?

Pas tout à fait. Fondamentalement, ce sont des reconnaissances de dette. Quand votre banque crée pour vous 5.000 euros, ce qu’elle fait essentiellement est de déclarer officiellement que… vous lui devez 5.000 euros. En échange de cette grande générosité, elle inscrit « 5.000 » sur votre compte, et vous pouvez ensuite tirer beaucoup de billets et les faire voler comme dans les clips de rap US. Bref, ce qu’il faut comprendre, c’est que : argent = dette. Et : billet = reconnaissance de dette. Quand on vous tend un billet de 20 euros, il faut savoir que, un jour, quelque part, quelqu’un a reconnu qu’il devait 20 euros à sa banque.

Mon argent est une dette ? Dans ce cas, que se passera-t-il quand j’aurai remboursé les 5.000 euros ?

C’est simple. Vous remboursez votre dette ? Donc, plus de reconnaissance de dette, donc… plus d’argent ! La monnaie est venue du néant et retournera au néant.

Et… si nous remboursions tous nos dettes en même temps ?

Oui, c’est exact : il n’y aurait plus du tout d’argent en circulation.

Catastrophe ! Comment va-t-on faire pour honorer nos dettes tout en disposant d’argent à faire circuler ?

Pas de panique. Dans les faits, ça ne se passe pas ainsi, car nous avons jusqu’ici ignoré une chose fondamentale : l’intérêt. Pas besoin de vous faire un dessin, vous savez ce qu’est un intérêt. Je te donne 5.000 (cela s’appelle le « principal ») et te me rendras 5.500 (5 000 de principal, et 500 d’intérêt).

Okay, qu’est-ce que ça change au problème ?

Ça change tout, et vous allez comprendre pourquoi.


L’intérêt de la dette, un cercle vicieux

Supposons que nous voulions tous rembourser nos dettes d’un coup et que nous mutualisions toutes nos dettes. Prenons un tout petit nombre pour simplifier : nous avons mutualisé tout l’argent-dette pour un montant total de 10.000 euros, et nous décidons de les rendre à leurs émetteurs. Les 10.000 représentent le principal, c’est-à- dire ce que les banques ont consenti à nous prêter. Mais à cela, il faut ajouter le montant des intérêts. Mettons : 1.000 euros d’intérêts. En fait, on se rend compte que nous devons rendre 11.000 euros. Et où allons-nous trouver les 1.000 euros d’intérêts que nous devons ? Les 10.000, par définition, nous les avons, puisque les banques nous les ont prêtés. Mais les 1.000, elles ne nous les ont pas prêtés. Et pour que nous puissions « rendre » ces 1.000 euros, c’est-à-dire donner 1.000 euros de reconnaissance de dette, il faudrait… que les banques nous les eussent antérieurement prêtés !

Résumons : pour avoir de l’argent, il faut que la banque le crée, autrement dit, qu’elle accepte de nous le prêter, sous condition que nous reconnaissions que nous avons une dette envers elle. Et pour rembourser les intérêts de cet argent, il faut que la banque accepte de nous prêter le montant des intérêts, sous condition que nous reconnaissions que nous avons une nouvelle dette envers elle. C’est donc à cause des intérêts que, à l’échelle globale, la dette crée mécaniquement et automatiquement de la dette. À l’infini. Donc, dès l’instant où des intérêts entrent en jeu, il faudra TOUJOURS que la masse monétaire globale augmente sans arrêt, car il faudra TOUJOURS rembourser les intérêts des intérêts des intérêts des intérêts, etc.

Selon un adage,

« il faut beaucoup de pauvres pour faire un riche ».

Cet aphorisme n’est pas une simple boutade. C’est une règle mécanique. Regardons-y de plus près. Un riche, par définition, est quelqu’un qui possède beaucoup d’argent, donc, beaucoup de reconnaissances de dette émises par des banques à d’autres personnes. On peut donc reformuler en disant que, pour que quelqu’un soit riche, il faut qu’il ait profité de l’endettement de beaucoup de personnes. Et si personne ne s’était endetté au préalable ? Alors, il n’y aurait pas de reconnaissance de dette, pas d’argent, personne pour collecter cet argent, et donc, pas de riche. Il faut donc remercier ces millions de personnes pauvres qui se sont endettées, ces millions de personnes qui sont à l’origine de reconnaissances de dette, car c’est en partie grâce à elles que nous pouvons épargner bien soigneusement notre argent !

« En partie » seulement, car il est un acteur incontournable qui assume sa part dans ce jeu de création d’argent-dette : l’État. Auparavant, le Trésor public pouvait s’endetter directement auprès de la Banque centrale. Depuis le début des années 1970, le Trésor public devient un agent économique comme un autre, et doit désormais s’endetter comme tout le monde auprès des banques commerciales. Rappelons, au passage, que les banques commerciales, elles, ont le droit de s’approvisionner directement auprès de la Banque centrale… Bref. L’État s’endette auprès des banques commerciales, moyennant des intérêts, et cela représente au final un beau paquet d’argent. Chaque année en France, un peu plus de 40 milliards d’euros sont affectés au remboursement des intérêts, soit presque l’équivalent du budget de l’Éducation nationale.

Aujourd’hui, les responsables politiques qui veulent se donner une réputation de sérieux ont trouvé un thème de prédilection : la réduction des déficits publics et la diminution de la dette publique. Avant de poursuivre notre réflexion, rappelons que, par définition, la masse monétaire, de la façon dont elle est produite aujourd’hui, est vouée à croître sans arrêt. Si l’État décidait de réduire ses déficits à zéro dans l’optique de ne plus s’endetter, alors il ne prendrait plus part à cet effort collectif d’augmentation de la masse monétaire, auquel il contribue pourtant aujourd’hui à hauteur de plusieurs milliards chaque année. Et qui devrait alors supporter seul l’effort d’augmentation de la masse monétaire ? Qui devrait alors accepter seul de s’endetter à l’infini pour rembourser à l’infini les intérêts des prêts ? Nous. Nous, ménages et entreprises.

Eh oui : reprenons notre exemple de remboursement mutualisé des 10.000 euros, plus 1.000 euros d’intérêt. Pour trouver les 1.000 euros supplémentaires, il faut accepter de s’endetter à nouveau. Qui peut le faire ? Tous les agents économiques. Grosso modo, les ménages, les entreprises ou l’État. Or, les politiques expliquent ne plus vouloir que l’État s’endette. Alors, ces 1.000 euros, ce sera à nous de les trouver, c’est-à-dire, à nous de les emprunter, c’est-à-dire, à nous de les rembourser (sans oublier les nouveaux intérêts qui naîtront de ce nouvel emprunt).

Mais si l’État veut se désendetter, c’est parce que nous atteignons des seuils critiques ! Ça commence à devenir insupportable et dangereux.

Vraiment ? Réfléchissons-y à deux fois.


La dette un levier utile pour l’économie

D’abord, pourquoi s’endetter ? Simplement parce que s’il fallait attendre d’épargner des milliards et des milliards d’euros avant de pouvoir investir dans des infrastructures telles que des écoles, des hôpitaux, des palais de justice ou des centres de recherche, notre économie ne serait pas celle qu’elle est aujourd’hui. D’ailleurs, si l’État épargnait des milliards d’euros, ce serait au détriment des capacités de remboursement des emprunts des ménages et des entreprises. En effet, nous emprunterions de l’argent, et nous ne pourrions pas le rembourser, car payant des taxes et des impôts, le principal de cet emprunt se retrouverait immobilisé sur les comptes du Trésor public ! Bref, pouvoir s’endetter, c’est un très gros avantage pour les États, les entreprises et les ménages qui veulent investir rapidement dans des projets économiques. Vous imaginez, si l’on refusait à Caco-Calo un prêt pour construire une nouvelle usine d’embouteillage, sous le prétexte que « s’endetter, c’est mal » ? C’est la raison pour laquelle Oscar Wilde disait que

« le plus gros avantage de la richesse, c’est qu’elle permet de faire des dettes » !

Ensuite, quand est-ce que cet avantage peut devenir problématique ? Il faut s’inspirer de cette citation de Louis-Ferdinand Céline : « On ne meurt pas de dettes. On meurt de ne plus pouvoir en faire. » Autrement dit, le problème fondamental n’est pas d’avoir des dettes à rembourser, mais de ne plus pouvoir rembourser ses emprunts. Et justement, il se trouve que l’État n’a aucun mal à rembourser ses emprunts. Mieux encore, il s’avère que les marchés financiers ont une très grande confiance en la capacité de l’État à les rembourser. La preuve ? Les taux d’intérêt des emprunts publics sont aujourd’hui très bas.

Et allez ! On fait marcher la planche à billets, et c’est l’inflation qui nous pend au nez !

Ça, c’est la réplique préférée des personnes favorables à l’endettement de l’État auprès de la sphère privée. L’idée sous-jacente est que les marchés financiers, rationnels et sans pitié, sanctionneront toute gabegie publique, si bien que les autorités publiques gèreront le pays « en bon père de famille ». Ne nous attardons pas sur cette analogie fallacieuse, car il y aura beaucoup à dire. Allons droit au but et disons ceci : de l’inflation, il y en a déjà, mais vous ne la voyez pas, car vous ne regardez pas au bon endroit. D’ailleurs, l’inflation, c’est quoi ?

La Banque centrale européenne, qui est chargée de lutter contre l’inflation, la définit comme la hausse généralisée des prix à la consommation, c’est-à-dire ce que les ménages achètent en biens et services. Dans ce domaine, elle fait du bon travail, car les prix sont effectivement très stables. Mais il est un autre domaine, complètement délaissé par la Banque centrale européenne, qui fait, en matière d’inflation, des excès à n’en plus finir : les actifs financiers. « Je parie que l’euro va baisser ! Je parie que le prix du pétrole va augmenter ! Je parie que les récoltes de maïs seront mauvaises ! Je parie qu’il y aura un séisme cette année ! » Tous les prétextes sont bons pour parier et, bien souvent, pour gagner. Car, gavés de liquidités, les banques et fonds d’investissements alimentent une bulle financière globale complètement déconnectée de l’économie réelle. En finance, on parle de « prophéties autoréalisatrices » : tout le monde croit qu’un actif va devenir plus cher, donc tout le monde souhaite l’acheter et… l’actif devient plus cher.


Sous l’apparente stabilité des prix, une inflation cachée

Regardons d’un peu plus près la mécanique qui se joue.

  • Une banque prête 100.000 euros au fonds d’investissement Alpha.

Que s’est-il passé ? Dans l’économie réelle, rien. Mais dans la sphère financière qui repose sur cette économie réelle, on a réalisé des profits en quelques clics et signatures, augmentant ainsi la masse monétaire en circulation.

Une masse monétaire qui croît alors qu’il n’y a pas plus de choses à acheter ?

C’est ça, la mécanique de l’inflation. Sauf que, quand il s’agit de finance, on ne parle jamais d’« inflation ». On parle du dynamisme de la bourse, de la bonne santé du secteur bancaire, de la confiance des investisseurs financiers dans la conjoncture économique. Des termes si rassurants ! Et si une crise survient, on dit qu’il s’agissait en fait d’une « bulle »…

Bref, aujourd’hui, la Banque centrale européenne fait DÉJÀ marcher à fond la planche à billets. La nuance qui échappe aux citoyens : c’est la finance qui absorbe l’immense majorité des liquidités.

Ford, nous voilà !

Résumons : l’argent, en essence, c’est de la dette. Comme il y a des taux d’intérêt, la masse monétaire s’accroît irrémédiablement, donc, nous sommes condamnés à nous endetter toujours plus. En période de réduction des dépenses publiques, cet effort d’endettement revient, au final, aux acteurs privés. Parmi les plus faibles de ces acteurs privés : nous. Les banques centrales aspergent l’économie de liquidités pour faire redémarrer la croissance, mais l’écrasante majorité de la masse monétaire circule hors de l’économie réelle.

Il y aurait encore énormément de choses à dire sur les questions de monnaie, de dette, d’inflation et de dépenses publiques. Mais terminons sur cette question : pourquoi pratique-t-on des taux d’intérêt ?

C’est normal de demander des intérêts, car les investisseurs prennent des risques en prêtant leur argent, donc ils doivent avoir une compensation en récompense !

Des prêts, dites-vous ? À y regarder de plus près, est-ce bien justifié de parler de « prêt » alors que nous nous apercevons clairement que l’essentiel de l’activité de banque consiste à créer de la monnaie ? On dit que l’on prête quelque chose que l’on possède déjà et qui nous manque lorsqu’on le confie à autrui. Mais prête- t-on vraiment quelque chose quand, ne le possédant pas, on le sort de notre chapeau ? En d’autres termes, est-ce normal que nous payions les banques pour de l’argent qui ne leur a rien coûté ?

Et enfin, « des risques », croyez-vous ? Aujourd’hui, est-ce vraiment risqué d’être une banque ? Quand un ménage ne rembourse pas ses emprunts, n’y a-t-il pas un huissier pour saisir ses biens ? Quand une crise sans précédent, causée par les banques, menace de les mener à la faillite, n’y a-t-il pas les banques centrales et les gouvernements pour voler à leur secours ? Finalement, on s’aperçoit que les banques disposent de nombreuses garanties légales et politiques pour ne jamais perdre au jeu. Dans ce cas, de quels « risques » parle-t-on ?

La monnaie est un bien public.

La monnaie est un bien public. Elle doit servir l’économie au service de l’intérêt général. Aujourd’hui, ce bien public est capté par des acteurs privés, les banques, qui nous le font payer alors qu’il ne s’agit pour elles que d’inscrire des nombres sur des tableaux, tout comme votre ami écrit « 20 euros » sur un bout de papier. C’est comme si nous privatisions l’air, la confiions aux banques, et que celles-ci nous faisaient payer des bouteilles d’oxygène !

Nous sommes dépendants des banques pour faire tourner notre économie. Quand l’économie fonctionne, quand notre travail produit de la richesse, nous devons donner un tribut à ces banques. En somme, les banques nous obligent à travailler pour elles. Cela ressemble à s’y méprendre à une sorte d’esclavage. Vous trouvez cela exagéré ? Voyons, quel est le tout premier mot de l’humanité pour signifier « liberté » ? Amargi. Il y a 4.000 ans, en Mésopotamie, les débiteurs devaient remettre leurs enfants à leurs créanciers. Hors des villes, des débiteurs insolvables étaient exilés et formaient des communautés parallèles. Quand l’endettement devenait généralisé et qu’il menaçait la stabilité de la société, les souverains prononçaient l’annulation de toutes les dettes, et alors les enfants retournaient à leurs familles. En sumérien, amargi signifiait littéralement « retour à la mère » et se comprenait comme « liberté ». Aujourd’hui, quand est-ce que nos responsables politiques prononceront le retour de notre liberté ?

L’Histoire est une longue succession d’annulations pures et simples de dettes.

Ils peuvent le faire. L’Histoire est une longue succession d’annulations pures et simples de dettes. Mais souhaitent-ils le faire ? L’idéologie dans laquelle baignent nos responsables politiques et les contraintes imposées par les traités européens ne laissent pas présager une révolution proche. Pourtant, on attribue à Henry Ford les propos suivants : « Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. »

Et vous, vous faites quoi demain matin ?

    Le comité indicible

    Written by

    Collectif d'individualités.

    Welcome to a place where words matter. On Medium, smart voices and original ideas take center stage - with no ads in sight. Watch
    Follow all the topics you care about, and we’ll deliver the best stories for you to your homepage and inbox. Explore
    Get unlimited access to the best stories on Medium — and support writers while you’re at it. Just $5/month. Upgrade