50% des Belges pour une fermeture totale des frontières !

Et 11% seulement de la population estiment que l’immigration a un impact positif pour le pays. Le Figaro revient sur une étude mondiale effectuée l’été dernier qui, à notre connaissance, n’a pas connu la diffusion qu’elle mérite dans notre pays.

Dans son enquête, menée entre le 24 juin et le 8 juillet 2017, l’entreprise de sondages française « IPSOS » révèle les tendances générales de la perception de l’immigration et de la crise des migrants à travers le monde. Cette enquête a été réalisée auprès de 17 903 personnes, interviewées au sein de 25 pays à travers le monde, dont la Belgique.

D’après les résultats de cette enquête, articulée autour de quinze questions transversales liées à l’immigration, les Belges ont une vision globalement négative de l’immigration. Les sceptiques sont quasi systématiquement majoritaires par rapport aux enthousiastes. Par ailleurs, les résultats obtenus par la Belgique se situent généralement dans la moyenne pessimiste du monde et de l’Europe.

86% CONSTATENT UNE AUGMENTATION DE L’IMMIGRATION

Dans l’ensemble, 86% des Belges interrogés ont indiqué avoir constaté eux-mêmes une augmentation du nombre d’immigrés en Belgique. Si ce chiffre est comparable aux résultats obtenus en France, en Italie et en Allemagne, il se situe cependant au-dessus de la moyenne planétaire, évaluée à 75%.

Seuls 11% des belges interrogés par cette étude estiment que l’immigration a un impact positif pour le pays. Ces chiffres sont en deçà de la moyenne (21%) et plus bas qu’en France (14%) ou en Allemagne (18%). L’étude montre que dans son ensemble, la population, peu importe sa situation géographique dans le monde, estime que l’impact de l’immigration est négatif. Cela illustre un sentiment global de rejet ou, au moins, de méfiance, vis-à-vis de l’arrivée massive de migrants sur le territoire national.

Dans la même logique, 61% des Belges interviewés affirment qu’il y a trop de migrants dans le pays. Ce chiffre est largement au-dessus de la moyenne générale, qui culmine tout de même à 48%.

56% DES BELGES “DERANGES” PAR CES CHANGEMENTS

56% des belges estiment être “dérangés” par les changements entraînés par l’immigration au sein du pays et 57% pensent que l’immigration implique une pression négative sur les services publics (hôpitaux, écoles, etc.) Seuls 18% des Belges voient dans l’immigration un bénéfice pour l’économie nationale.

Pour autant, les Belges ne considèrent pas que les migrants constituent une difficulté supplémentaire pour eux à trouver un emploi (43% seulement ont répondu positivement à cette affirmation). Dans le même temps, 66% estiment que la plupart des migrants ne sont pas de vrais réfugiés mais des personnes cherchant à profiter du dynamisme économique du pays et du système de sécurité sociale souvent plus favorable.

Preuve supplémentaire du rejet de l’immigration par une part majoritaire de la population, seuls 22% des belges considèrent l’immigration comme une valeur ajoutée pour l’attractivité du pays.

INTEGRATION

La question de l’intégration des immigrés au sein de la nation est un sujet épineux indissociable de la question de l’immigration en elle-même et constitue une des grandes inquiétudes du peuple belge. En effet, à peine 29% des personnes interrogées estiment que les immigrés arriveront à correctement s’intégrer au sein de notre société. Là encore, la Belgique offre un taux de réponse négative plus important à cette question que le reste de l’Europe (35% pour l’Italie, 34% pour la France et 41% pour l’Allemagne).

En outre, la moitié des belges (50%) est pour la fermeture totale des frontières du pays. Des valeurs plus ou moins comparables ont été enregistrées en Italie (55%), en France (46%) et en Allemagne (49%), témoignage du malaise général lié à la gestion de l’immigration.

EUROSCEPTICISME

Autre indicateur du mécontentement de la population belge par rapport à la gestion de la crise migratoire : le taux de personnes belges estimant que la crise a bien été gérée par l’Etat belge est de … seulement 20% tandis que le pourcentage de personnes estimant que la crise a bien été gérée par l’Union européenne est de …. 10% seulement. Un citoyen belge sur cinq seulement estime donc que les autorités politiques font correctement leur travail de régulation des migrations et un Belge sur dix accorde sa confiance à l’Union européenne quant à la gestion de la crise.

Cette étude démontre que les Belges n’acceptent plus la politique migratoire européenne actuelle ! Le mécontentement observable au sein de la population belge, et dans les principaux pays européens (France, Allemagne et surtout Italie) doit pousser les gouvernements à changer radicalement d’approche en termes de politique migratoire. Un continent déjà en peine d’intégrer ses immigrés récemment arrivés (et parfois aussi les plus anciens) ne peut plus continuer à en accueillir de nouveaux qu’il n’a pas choisi.