Africa Museum : Alain Destexhe réagit à un sujet de la RTBF

Le Sénateur n’a pas apprécié un reportage du JT de la RTBF sur l’avenir des collections de l’Africa Museum. Il écrit à l’Administrateur Général, Jean-Paul Philippot

Monsieur l’Administrateur Général,

Je vous écris pour vous faire part de ma consternation en voyant le sujet « Patrimoine africain : le temps des restitutions est-il venu ? » du journal télévisé de 19h30 du mardi 4 décembre, consacré à la problématique de la « restitution » de biens culturels au Congo.

Tout d’abord, dans le lancement comme dans le sujet, il est dit textuellement : « pour la diaspora congolaise… ». Il s’agit là d’une généralisation abusive. En effet, ce point de vue est loin de faire l’unanimité au sein de la diaspora congolaise et la « plateforme de réflexion sur la décolonisation des anciennes métropoles coloniales » ne peut en aucun cas prétendre représenter, ni même parler, au nom de l’ensemble de cette diaspora.

Ensuite, dans le sujet, est interrogée Madame Mireille-Tsheusi Robert, qui est présidente de « BAMKO-CRAN ». Cette association doit être considérée comme raciste. En effet, l’intitulé « CRAN » signifie « Conseil représentatif des Associations Noires ». Cette association définit donc une appartenance sur la base de l’apparence physique ou raciale (noire). Ce comportement doit être absolument prohibé dans l’espace public belge. Que penserait la RTBF d’une association qui s’intitulerait « Conseil représentatif des Associations Blanches » ?

Enfin, le reportage donne la parole à cinq personnes qui, toutes, vont dans le même sens d’une demande ou d’une exigence de « restitution », ce qui me semble totalement déséquilibré. Il n’est pourtant pas très compliqué de trouver des personnes avançant des arguments pertinents et qui sont contre ce principe de « restitution ». Citons par exemple, l’association « Mémoires du Congo » qui compte bien davantage de membres que la « plateforme de réflexion sur la décolonisation des anciennes métropoles coloniales » ; des associations d’anciens d’Afrique et de leurs descendants ; des avocats spécialisés dans le domaine (Maître Yves-Bernard Debie, par exemple) ou encore des chercheurs compétents en la matière.

Je tenais à vous faire part de ces différents éléments qui illustrent, selon moi, la partialité de la RTBF sur ce sujet ainsi que les problèmes déontologiques qu’il pose.

Alain Destexhe, Sénateur