Amsterdam, Chemnitz: colère et indifférence

L’attentat d’Amsterdam qui a fait deux blessés a été commis par un jeune Afghan de 19 ans qui avait un permis de séjour en Allemagne. Dans ce pays, c’est le meurtre d’un jeune Allemand par un Syrien et un Irakien qui a déclenché les manifestations dans la ville de Chemnitz. De façon quasi unanime et avec sa lecture si typique, la presse les qualifie “d’extrême-droite”. Toutefois, quand on lit les témoignages des participants, on voit qu’il s’agit d’un mélange de marche blanche, de ras-le-bol de l’immigration non contrôlée, de protestation contre Merkel et aussi, certes, d’éléments d’extrême-droite. Mais résumer ce qui se passe à cette dernière est une caricature tellement commode. Sans compter l’insistance à mentionner que les faits se déroulent en “Allemagne de l’Est” alors qu’elle est réunifiée depuis… 1990. Ces Européens de l’Est, il faut toujours les faire passer pour des demis demeurés associés à des passions tristes !
Amsterdam, Londres (devant le Parlement il y a deux semaines à peine), 13 attentats au moins depuis le début de l’année en Europe. Vite passons à autre chose… On voit bien qu’on “s’habitue”, hélas, à ces attentats islamistes à répétition et qu’il faut surtout ne pas trop s’interroger sur leurs auteurs. Rappelons que ceux des attentats de Paris et de Bruxelles, à l’exception de Abdeslam, sont arrivés via le flot de migrants. Encore un fait qu’il convient de ne pas trop mentionner.
Comme le dit Boualem Sansal, l’auteur algérien du roman 2084, “La réalité en boucle n’a pas d’effet sur les gens, en apparence du moins. On l’a vu en Algérie durant la décennie noire: les gens qui, au début, s’émouvaient pour une victime du terrorisme ont fini après quelques mois de carnage par ne ressentir d’émotion que lorsque le nombre des victimes par jour dépassait la centaine. L’info tue l’info, l’habitude est un sédatif puissant et la terreur, un paralysant violent (à l’action).”
