Charles Michel : échec et mat

Par Jean-Louis Donnay

Un sondage à l’échelle nationale vient ce soir de livrer son verdict: une majorité de Belges pensent que le gouvernement actuel doit rester en place et que le pacte migratoire ne vaut pas une crise institutionnelle. Accordez-nous cette faveur de reconnaître que ces conclusions rejoignent exactement notre pensum d’hier dans lequel nous appelions chacun à la sagesse et à la retenue en décrétant un moratoire sur ce fichu traité mortifère que s’est mis en tête de nous imposer l’ONU.

Entre-temps, Charles Michel a cru devoir jouer son va-tout en renvoyant le valet noir dans le camp de la N-VA au risque de provoquer l’éclatement, à quelques mois des élections, de son équipage.

Périlleuse et curieuse stratégie que celle-là consistant à se passer de son allié le plus fidèle pour s’adosser à ses pires opposants politiques dans le seul espoir de retourner la situation à son avantage sur un sujet divisant à n’en plus finir la population. Au bout du compte, s’il a de fait emporté un quitus parlementaire appuyant son intention d’entériner le pacte, Charles se retrouve Gros-Jean comme devant. Car faute de l’aval de la N-VA qui ne le lui donnera pas et qui, très intelligemment, a décidé de rester aux affaires, il ne pourra rien faire d’autre à Marrakech que de signer un chèque en blanc, sans aucune valeur juridique selon les constitutionnalistes les plus avertis.

Le patron du MR a donc perdu sur les deux tableaux: il s’est mis à dos bon nombre de Flamands qui, jusqu’ici, le tenaient encore en haute estime tout en perdant définitivement la confiance de quantité de ses électeurs lassés de le voir multiplier les concessions à la gauche sur le terrain miné et pourri de l’immigration.

On comprend mieux pourquoi, hier soir, tous les médias francophones, dépendants plus que jamais de la manne des subsides publics généreusement distribués par les apparatchiks socialistes wallons et bruxellois, que ces médias écrits, radio et télévisés jubilent de contentement: Michel se retrouve jusqu’au cou dans la mouise, exactement là où ces malfaisants… faiseurs d’opinion voulaient l’emmener depuis le premier jour de son règne. 
C’est ce qu’on appelle être mis échec et mat.