Destexhe : « Freinons l’immigration avant qu’il ne soit trop tard »

Dans « Immigration et intégration : Avant qu’il ne soit trop tard… » (Editions Dynamedia), le sénateur Alain Destexhe réalise une « somme » sur l’immigration en Belgique et ses nombreux défis. Sur environ 250 pages et quelque 400 références, il parcourt 30 ans d’impéritie et de renoncement de gouvernements successifs. Mais c’est surtout la période 2000–2013 qui a marqué une accélération du phénomène d’immigration dans notre pays avec un solde net de plus d’un million d’immigrés, pour près de la moitié grâce au regroupement familial. L’essai met également en perspective les difficultés d’intégrer l’Islam, une civilisation qui, sur le papier, n’est pas compatible avec notre démocratie libérale. Il vise en particulier trois partis politiques (PS, cdH, Ecolo) responsables d’une forme de « désintégration », surtout à Bruxelles. Il n’hésite pas à faire le lien entre immigration et criminalité. Il conclut par 18 propositions pour en finir avec cette immigration qui n’est plus choisie, ni par nous, ni par les primo-arrivants.

En matière d’immigration, la Belgique a connu plusieurs périodes ces 40 dernières années. La décennie 81–91, par exemple, pendant les années Martens-Gol, a connu un frein migratoire (moins d’entrées d’immigrés que de sorties). La décennie 91–2001 fut relativement stable également. C’est véritablement à partir de l’an 2000 que notre pays connaît une explosion migratoire. C’est bien simple, entre 2000 et 2015, la population belge passe de 10,2 à 11,3 millions, une augmentation quasi intégralement due à l’entrée de 1.094.218 étrangers dans notre pays.

En parallèle, la Belgique a procédé à pas moins de 608.322 naturalisations entre 2000 et 2012 soit plus de 50.000 par an.

Le sénateur n’hésite pas à parler « d’immigration de peuplement définitive » avec une population de Marocains d’origine passant de 460 en 1961 à 400.000 en 2011 et de Turcs de 320 à 200.000 qui forment les deux principales cohortes d’immigrés. Des projections nous prédisent 2,580 millions de musulmans en 2050 en Belgique contre environ 700.000 aujourd’hui.

Comparé à la France (d’où nous viennent d’incessantes plaintes pourtant), notre solde migratoire entre 2000 et 2010 pèse 7,5% de la population contre 1,1%.

En parallèle, notre pays a dû gérer pas moins de 517.295 demandes d’asile entre 1991 et 2015.

Le regroupement familial est responsable d’environ 50% du total de l’immigration (52% en 2015). Entre 2009 et 2011, pas moins de 121.000 étrangers recevront un titre de séjour dans ce cadre.

Cerise sur le gâteau, l’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’homme encourage ce regroupement familial avec certaines conditions comme des revenus stables et réguliers.

Jusqu’en 2012, un Belge d’origine étrangère pouvait même faire venir ses parents sans condition de subsistance qui bénéficiaient alors de 1.083 euros par mois (GRAPA).

MIGRATION EN CASCADE

La « migration en cascade » était problématique. Une personne pouvait en théorie faire venir 25 personnes de sa famille. Exemple : « Un homme de 80 ans est déjà le père de onze enfants reconnus, vivants en Belgique. Il se marie à nouveau au Maroc avec une femme ; celle-ci peut alors faire venir tous ses descendants en Belgique. Ou notre sujet reconnaît un enfant au Maroc. Qu’il soit le sien ou pas importe peu, car le Consulat belge n’a pas la possibilité légale de demander des tests ADN ! Comme il a reconnu l’enfant, celui-ci a le droit d’émigrer ici et de devenir belge. Bien entendu, on n’a pas le droit de priver un enfant de sa mère et donc celle-ci obtiendra également la possibilité de venir en Belgique. » Le regroupement familial fonctionne en effet également à l’envers : rapprochement en Belgique de la mère étrangère dont les enfants résident déjà chez nous.

D’autant que la Belgique a procédé à deux vastes opérations de régularisation des clandestins dont la moitié des bénéficiaires vit aujourd’hui du chômage et de l’assistance sociale (80.000 régularisations entre 2005 et 2010). A Bruxelles, 90% des allocataires sociaux sont d’origine étrangère ; en Belgique, 70%.

Certes, le regroupement est dorénavant limité aux conjoints ou aux cohabitants ainsi qu’aux enfants mineurs.

Mais les demandeurs d’asile reconnus ne sont pas soumis à ces dispositions restrictives. Ainsi, « donner l’asile à un Syrien en 2015, c’est s’engager à accueillir 5 à 15 personnes dans les prochaines années ». Destexhe propose donc de dénoncer la Convention européenne des Droits de l’homme et d’y adhérer à nouveau en déposant une réserve d’interprétation. En effet, « conçu pour protéger des personnes menacées dans leur pays, le droit d’asile a été détourné et est devenu aujourd’hui un des principaux canaux d’immigration économique » : 431.000 dans l’UE en 2013, 627.000 en 2017, 1,3 million en 2015 et 2016. « De 2009 à 2012, la Belgique, qui représente 2% de la population européenne, a reçu entre 7 et 10% de l’ensemble des demandeurs d’asile au sein de l’Union européenne. Selon les années, les requérants de l’asile contribuaient à hauteur de 10 à 20% à l’immigration légale, avec un pic à 40% en 2000 ! »

DE NOMBREUX ABUS

Le sénateur n’hésite pas à dénoncer une volonté délibérée des parents étrangers de bénéficier du regroupement familial avec leurs enfants mineurs reconnus comme réfugiés politiques en Belgique.

Or avant 2001, les demandeurs d’asile recevaient l’équivalent du minimex. Ils pouvaient jusque récemment refuser le logement qu’on leur proposait. Jusqu’en 2013, il suffisait d’un changement politique dans le pays d’origine pour introduire une nouvelle demande d’asile !

Le sénateur souligne le cas de la Guinée, première au palmarès des origines de demandeurs d’asile (2.146 en 2011). 85% furent rejetées mais la majorité des personnes restent sur le territoire.

De même, la majorité des Russes demandeurs d’asile sont des Tchétchènes, parfois des islamistes.

De nombreux Congolais détruisent leur passeport en arrivant en Belgique pour augmenter leur chance d’obtenir l’asile.

La majorité des Sénégalais candidats au statut de réfugiés en Belgique prétendent être discriminés en tant qu’homosexuels !

Outre le regroupement familial, le mariage blanc ou gri est une forte voie d’entrée migratoire également. « On estime que cinq mariages de complaisance sont officiés chaque jour en Belgique. En 2011, l’Office des étrangers a enregistré 10 728 mariages suspects pour 41 001 mariages célébrés ». Nombreux sont en réalité des mariages forcés.

On constate également des fausses reconnaissances de paternité (Destexhe cite le cas d’un Belge d’origine africaine qui, contre paiement, aurait déjà reconnu 17 enfants de 16 femmes différentes). Or selon l’Office des étrangers, seuls 19 permis de séjour ont été annulés en 2016 par suite d’une annulation du mariage. « C’est un chiffre dérisoire. »

IMMIGRATION ET TERRORISME

« Au moment où j’écris, en 2018, selon les statistiques du HCR, 85% des migrants qui traversent la Méditerranée viennent de pays qui ne sont pas en guerre (…) Plusieurs auteurs des attentats commis en Europe, notamment ceux de Paris et Bruxelles sont venus en Europe à travers le flux de migrants, une réalité qui a longtemps été farouchement niée par les médias. Une enquête du journal Le Monde du 13 novembre 2016, date anniversaire des attentats de Paris, fait tomber les masques : ‘Sous de fausses identités, la plupart des kamikazes ont suivi la route des Balkans jusqu’en Hongrie, plate-forme de transit des réfugiés, avant de rejoindre Bruxelles, base opérationnelle des terroristes.’ Il est très probable que sans le flux migratoire qu’a connu le territoire européen en 2015, les massacres de Paris et de Bruxelles n’auraient pas eu lieu. »

VONT-ILS PAYER NOS PENSIONS ?

La vulgate y compris onusienne veut que ces immigrés paieront nos pensions. Toutefois, selon MicMag, un magazine militant pro-immigration, cité par Destexhe : « près de la moitié des migrants ‘regroupés’ (venus rejoindre) est absente du marché de l’emploi, alors qu’un tiers seulement exerce une activité salariée et 6% d’entre eux recherchent du travail. De leur côté, la moitié (49%) des ‘regroupants’ (partenaires des migrants regroupés) pratique un emploi salarié. Près d’un quart d’entre eux sont demandeurs d’emploi et 14% sont absents du marché du travail’ (2011). »

Comment, dans ces conditions, l’immigration peut-elle être une chance pour notre pays ?

Les taux de pauvreté parlent d’eux-mêmes : celui des immigrés tourne autour de 22%. Il est quatre fois supérieur à celui de la population autochtone.

« Le taux d’emploi des immigrés en Belgique, condition indispensable au financement des retraites, s’avère également extrêmement faible. Ainsi, alors que ce taux oscille autour des 64% au sein des Etats de l’OCDE, seules 52% des personnes nées à l’étranger et en âge de travailler possèdent un emploi en Belgique et, partant, contribuent au financement de notre système de sécurité sociale. En Wallonie, 38,5% des immigrés extra européens sont au chômage, de même que 32,2% en Région bruxelloise. Cela représente respectivement vingt et dix points de plus que la proportion de chômage régional en 2012. »

COÛTS DE L’IMMIGRATION

L’immigration rapporte-t-elle au pays d’accueil ? C’est là aussi un des mantras de la gauche immigrationniste. Destexhe en doute, lorsqu’il additionne le coût du chômage, du revenu d’intégration, des logements sociaux, des tarifs sociaux, de l’enseignement (discrimination positive), des services médicaux, des avocats pro deo, des recours au conseil d’Etat, de l’insécurité… Il y ajoute le coût des interpellations des étrangers sans permis de travail, le suivi et la lutte contre l’immigration illégale et les coûts de campagnes de dissuasion de l’immigration illégale vers la Belgique, etc.

Selon une étude du Parti populaire controversée mais qui a le mérite d’exister, « chaque résident européen coûte à l’Etat 5 700 € par personne et le résident non européen induit, lui, une dépense nette de 10 100 €. Au niveau national, le cout net de l’immigration (estimation minimaliste) atteindrait le montant de 8,6 milliards d’euros par an à charge du budget de l’Etat et des entités fédérées (2,2% du PIB) ».

LIENS ENTRE IMMIGRATION ET CRIMINALITE

« Contrairement à ce que soutient le discours dominant, il existe bien un lien entre l’immigration et la criminalité même si la vaste majorité des immigrants sont des personnes parfaitement honnêtes », postule le sénateur.

Ainsi, la population carcérale est majoritairement d’origine étrangère (44% pour 11% dans la population).

D’autres statistiques indiquent que 70% des détenus exécutant leur peine dans les prisons belges bénéficient d’une nourriture certifiée « halal ».

Conclusion : « La part de délinquants dans la population étrangère vivant en Belgique est près de 7 fois supérieure au niveau des délinquants dans la population belge. Lorsqu’on étudie la part de criminels au sein de la population musulmane, celle-ci se révèle 17 fois plus élevée que la proportion présente chez les Belges ! Dans les cours d’Assises, depuis 2007, les prévenus ayant un patronyme d’origine étrangère représentent 76% des cas dont 37% au total de patronymes ‘arabo-musulmans’. »

Le sénateur mentionne encore l’apparition de nouveaux phénomènes liés à l’immigration : crimes d’honneur, meurtres rituels, certaines formes de trafic d’êtres humains ou d’autres crimes, comme ce couple du Kosovo condamné pour avoir vendu la virginité de leur fille !

Sans oublier les émeutes…

En France, Hugues Lagrange a démontré le lien entre immigration et délinquance. Dans le Déni des cultures, cité par Destexhe, le chercheur affirme que « les jeunes originaires d’Afrique sahélienne sont trois à quatre fois plus impliqués dans des délits que leurs coreligionnaires issus de familles autochtones, et deux fois plus que les jeunes d’origine maghrébine ».

En Suède, qui connaît une « épidémie de viols », la plupart des viols collectifs sont le fait de migrants. 82% des auteurs de viols collectifs envoyés en prison étaient d’origine étrangère.

« Une très grande partie des dépenses que notre société est contrainte d’effectuer en matière de sécurité (police, tribunaux, prisons) sont liées à l’immigration », affirme Destexhe.

L’ISLAM ET NOUS

Alain Destexhe consacre, enfin, un bon tiers de l’essai à l’Islam. Il démontre que les difficultés d’intégrer cette civilisation dans la nôtre proviennent de sa différence de nature intrinsèque : pas de place pour la laïcité (donc pas de possibilité forte de sécularisation) et référence à un texte sacré, le Coran, non modifiable et notoirement violent. Le sénateur constate qu’une bonne partie du monde musulman est dictatorial et soumis à de grandes violences. Boostée par une forte natalité, la religion musulmane qui était la 4e en 1960 va devenir sous peu la première. « En 2050, les musulmans devraient être au nombre de 2,8 milliards contre 1,6 milliard aujourd’hui. »

Même en Tunisie, pays-phare en matière de respect des droits de l’homme dans le monde musulman, la femme hérite toujours de la moitié d’un homme.

Le sénateur MR fait également le tour des partis qui ont pratiqué un communautarisme exacerbé pour capter les nouveaux électeurs immigrés au risque de trahir leurs idéaux (la laïcité pour le PS par exemple). Il rappelle également l’évolution de personnalités comme Philippe Moureaux et même Charles Picqué qui faisaient dans les années 80 des déclarations anti-immigrées qui seraient aujourd’hui poursuivies pour incitations à la haine raciale. Mais la championne des accommodements est sans nul doute Joëlle Milquet…

Destexhe met aussi en exergue des personnalités comme Emir Kir, Mahinur Özdemir et d’autres mandataires d’origine musulmane qui ont des positions (négation du génocide arménien, soutien du gouvernement autoritaire turc d’Erdogan) incompatibles avec nos valeurs démocratiques.

Alain Destexhe consacre aussi un long chapitre à la recrudescence de l’antisémitisme dans notre pays, essentiellement d’origine musulmane à l’aide de nombreuses études sociologiques. Il imagine même un scénario catastrophe dans lequel en 2050, tous les Juifs auraient fui la Belgique. L’antisémitisme est en effet très répandu parmi ces populations qui se déclarent par ailleurs avant tout « musulmanes » avant de se sentir européennes ou belges.

Un choc des cultures qui explique les difficultés à les intégrer dans notre pays séculier à tradition de démocratie libérale.

CONCLUSION

Le sénateur Alain Destexhe propose d’inverser rapidement la tendance (« avant qu’il ne soit trop tard ») à l’aide d’une série de propositions dont en premier lieu le resserrement du regroupement familial, la lutte contre le mariage gris et la révision de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés.

Autres propositions :

-Un nombre limité de personnes seraient accueillies chaque année à titre humanitaire sur décision du Parlement.

-Les conditions d’acquisition de la nationalité belge, y compris par le mariage, sont durcies et alignées sur celles des Pays-Bas.

-Un effort massif d’intégration culturelle est mis en oeuvre a tous les niveaux de pouvoir.

-Les condamnations à des peines de prison des étrangers sont exécutées d’office dans le pays d’origine pour tous les pays avec lesquels une telle convention existe.

-Fin de la dotation à des ASBL qui contribuent au chaos migratoire.

Bref : un véritable programme de gouvernement…