Epuisement des ressources : l’imposture du «Earth overshoot day»

Chaque année au printemps, on nous calcule le jour du « dépassement » des ressources terrestres annuelles ou « earth overshoot day ».

Ce concept millénariste-écologiste a été forgé (le terme est bien choisi) par le think tank britannique New Economics Foundation, doté de 3,5 millions de dollars dont un modeste 26.753 $ en provenance de l’inévitable Open Society de Georges Soros.

Le calcul du jour précis où nous dépasserions le total des ressources produites par la Terre est réalisé par l’ONG associée, Global Footprint Network.

Dans ces calculs, l’organisation mélange « empreinte » carbone, ressources issue de l’élevage et de la culture, consommation d’eau potable, etc.

Cette année, le jour du dépassement a été fixé au 1er août, contre le 8 août l’an passé, signe que le Jugement dernier avance à grand pas puisqu’en 1970, nous respections en quelque sorte la planète presque intégralement en ne dépassant ce qu’elle peut nous offrir que le… 23 décembre.

La Belgique est particulièrement mal embarquée puisque notre jour de dépassement, limité à notre pays, est tombé le 2 avril 2018.

Mais comment expliquer qu’après avoir consommé plus d’une planète par an depuis plusieurs décennies (1,7 en 2017), nous en sommes toujours à observer paisiblement celle-ci en révolution autour de son soleil comme si de rien n’était ? Ne devrions-nous pas avoir, l’an passé, dès le 9 août 2017, constaté une détérioration majeure de nos conditions de vie sur cette planète épuisée ?

Certes, l’humanité, depuis ses deux révolutions industrielles, marque incontestablement la planète de son empreinte en matière de pollution diverse, déchets plastiques, surpêche de certaines espèces de poisson, et implications sur la survie des krills en cas de disparition d’une partie substantielle de la banquise sous laquelle ils se reproduisent pendant l’hiver, etc.

Mais le « jour du dépassement » et sa fixation si précise, repris en chœur par la plupart des médias, ne reposent sur aucune base scientifique.

L’ONG le calcule en effet ainsi : Jour de dépassement = Biocapacité/empreinte écologique x 365.

Comme le constate non sans humour Wikipedia, « le calcul est loin d’être évident et Global Footprint Network perfectionne régulièrement sa méthodologie ». Tant mieux.

Les problèmes environnementaux de la planète sont suffisamment sérieux pour ne pas faire l’objet d’approches caricaturales, même si celles-ci ont pour but de sensibiliser l’opinion publique. La prise de conscience de la gravité des problèmes doit reposer sur des bases objectives.

Cette équation, dans sa simplicité confondante, fait furieusement penser à celle de Thomas Piketty. Le cœur de la démonstration de son best-seller, Capitalisme au 21e siècle, tient en effet en une formule, r > g, que Piketty appelle « la contradiction centrale du capitalisme ». r est le taux de rentabilité du capital et g, la croissance économique.

Décidément, le post-modernisme et son cortège d’impostures sévissent tant en écologie qu’en économie.

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