Italie : Le Premier ministre technocrate aurait-il déjà fait pschitt ?

Un premier sondage a été publié en Italie suite à la nomination par le président démocrate-chrétien d’Italie Sergio Mattarella d’un premier ministre « technocratique », Carlo Cottarrelli. Ce sondage indique une poussée assez logique de La Ligue (ex-Ligue du Nord) à 27,5% venant d’environ 18% si les Italiens devaient retourner aux urnes prochainement.

Forza Italia ferait un modeste 8%, le Parti démocrate stagne et le M5S recule légèrement de 32 à 30%.

Le président Mattarella, pyromane de l’austérité ? En tout cas, son refus d’un ministre des Finances eurosceptique proposé par Giuseppe Conte, premier ministre issu des urnes, n’a pas calmé les milieux financiers puisque le spread (écart de taux d’intérêt) atteignait hier 320 points de base avec l’Allemagne. Toutefois, mercredi, la bourse Milan remontait quelque peu.

Ce mercredi, Carlo Cottarelli, était attendu dans le bureau du président italien qui craint que « son » premier ministre n’obtienne pas la confiance du parlement.

Certains journaux évoquent un retour aux urnes le 29 juillet, d’autres imaginent le retour du juriste Conte comme Premier ministre ou, enfin, un gouvernement dirigé par Matteo Salvini, le patron de la Ligue voire son altier Giancarlo Giogetti.

Cette affaire italienne est emblématique de la situation européenne : les partis « anti-système » seront de plus en plus enclins à diriger des gouvernements et tant la Commission européenne qu’Emmanuel Macron ou Angela Merkel devront se faire à la démocratie.

Déjà, le commissaire européen au Budget, l’Allemand Günther Oettinger, a déclaré que les marchés financiers allaient “apprendre aux Italiens comment voter”, suscitant l’indignation de La Ligue — qui réclame sa démission — mais aussi du Parti démocrate italien. La commission européenne a d’ailleurs immédiatement pris ses distances, rappelant que “ce sont les Italiens et seulement les Italiens qui décideront de l’avenir de leur pays. Personne d’autre”. Donald Tusk, président du Conseil européen, a également fait un appel aux institutions européennes de respecter l’électeur…