«Retour aux sources» sur la RTBF : de l’éducation du bon peuple

A la RTBF, l’idéologie n’est jamais loin, même dans le choix des documentaires. L’émission “Retour aux sources” est censée être une signature du service public, le genre d’émissions de qualité qui ne serait pas diffusée sur une chaîne commerciale. Cependant, derrière l’information se cache l’endoctrinement si l’on en juge par deux émissions récentes.

Dans “Une terre deux fois promise Israël-Palestine”, la charge anti-israélienne est subtile, souvent présentée par des universitaires juifs marginaux, opposés aux courants dominants de leur société, ou prenant la forme d’autocritiques palestiniennes. Le comble est atteint lorsque, avec force témoignages des mêmes, on nous affirme que l’existence d’Israël n’était pas menacée en 1967 et que la Guerre des six jours (déclenchée par Israël face à la menace imminente de l’Egypte et de la Syrie) aurait pu être évitée !

Dans “Les routes de l’esclavage”, des liens, eux-aussi subtils, sont réalisés entre la présence meurtrière de l’armée brésilienne (héritière des colons blancs bien sûr) dans les favelas, et les dignes descendants des esclaves qui les peupleraient. La prospérité actuelle de l’Europe reposerait, bien entendu, sur la traite négrière, sans laquelle il n’y aurait point eu de développement de l’Europe. On nous invite à penser que l’esclavage serait finalement encore une question éminemment contemporaine dont nous devrions nous soucier chaque matin. On est toujours dans cette vision culpabilisatrice si bien décrite par Pascal Bruckner dans Le sanglot de l’homme blanc. Sans être passé sous silence, le rôle central des chefs locaux et marchands africains ainsi que des esclavagistes arabes est minimisé : cet héritage-là n’existe pas. Et le combat abolitionniste mené par l’Europe est présenté comme cynique et hypocrite.

Le téléspectateur qui connaît peu ces problématiques aura l’impression d’avoir appris quelque chose à travers ces reportages fort bien réalisés au plan technique. Il aura, au passage, été subtilement endoctriné à la haine de soi (l’Occident voire le Blanc) et d’Israël. Beau travail, le tout à coup de subventions publiques (Europe, Wallonie — “Wallimage” -, Fédération Wallonie Bruxelles).