Newsletter #19 (semaine du 03 septembre)
Les banques allemandes et suisses dévoilent leur stratégie face aux taux d’intérêt négatifs
La confiance en les marchés financiers allemand et suisse est telle que les taux d’intérêt y sont négatifs. Pour faire face à cette situation, les banques allemandes et suisses utilisent les frais bancaires pratiqués à leurs grands clients comme variable d’ajustement.
La banque suisse Postfinance AG a ainsi décidé de prélever des frais bancaires de 1% sur les dépôts d’au moins de 500 000 CHF d’ici le 1 Octobre, alors que le seuil était jusqu’ici de 1 million de CHF. La Hamburger Sparkasse AG applique quant à elle un taux de 0.4% avec le même plancher. Mais les banques doivent être prudentes car de tels prélèvements, appliqués début 2017 avec un taux de 0.2% par la Hamburger Volksbank eG, ont entraîné des départs massifs de clients, ce qui mené tout simplement à une suppression de ces frais.
Un courtier suédois lance le fond d’investissement appliquant les taux les plus bas du monde
Le courtier Rikard Josefson a fait le pari de la disruption en créant le fond d’investissement aux prélèvements les plus faibles au monde. Avanza Bank AB applique en effet un taux annuel ultra-compétitif de 0.1%, comprenant les frais de transaction, à comparer avec la moyenne scandinave de 0.3%.
Il justifie ce choix en citant la réussite de fonds qui avaient pratiqué des taux ultra-bas, car le facteur coût est essentiel dans un environnement aussi compétitif que celui de la banque d’investissement. Gérant aujourd’hui près de 14 milliards de dollars, il espère ainsi passer à un million de clients d’ici 2020, soit une augmentation d’un tiers. La gestions de volumes élevés est en effet la condition du succès quand on pratique des taux si bas.
Citi nomme trois femmes à la direction de ses activités en Asie
Citigroup a engagé 3 femmes comme Managing Directors pour sa division Markets en Asie, poursuivant sa stratégie de lutte pour la parité hommes/femmes dans le milieu bancaire. En effet, actuellement, Citi compte 130 MDs en Asie sur les divisions Markets et Securities, dont 80% sont des hommes. L’objectif du groupe est d’atteindre l’équilibre d’ici 3 à 5 ans.
Aux Etats-Unis actuellement, une grosse partie des banques d’affaires compte une majorité de femmes, mais c’est sur les postes à haute responsabilité que les inégalités se voient le plus. Elles sont en effet le plus souvent moins de 40%.
JP Morgan fait le pari de l’intelligence artificielle en intégrant un cadre supérieur de Google
JP Morgan Chase continue sur la voie de l’IA en engageant Apoorvn Saxena, qui était directeur chez Google pour tous les produits d’IA fonctionnant via le cloud. Chez JP, il essaiera de trouver des solutions utilisant cette technologie à destination de ses activités en AM/WM.
Cette nomination fait suite à l’annonce de la banque du lancement d’une plateforme gratuite de trading en ligne la semaine dernière, dans le but d’étendre toujours plus cette activité à ses 47 millions de clients et de concurrencer les premiers acteurs de ce business.
Coca-Cola a annoncé qu’il allait racheter Costa, géant britannique du café, pour 5.1 milliards de dollars
Coca-Cola et Whitbread ont conclu un deal à 5.1 milliards de dollars portant sur le rachat de Costa, une chaîne britannique spécialisée dans le café. Coca-Cola concrétise ainsi sa stratégie de diversification de son activité. En s’implantant dans le marché café, Coca-Cola a ainsi trouvé une source de croissance car il s’agit d’un secteur en très forte expansion.
Lors de son rachat par Whitbread en 1995, Costa ne valait en effet que 19 millions de livres et n’avait que 39 enseignes, alors qu’aujourd’hui elle en possède 4 000. Costa pourra pour sa part profiter du réseau de distribution incroyablement développé de Coca-Cola pour concurrencer Starbucks qui mène avec ses 29 000 enseignes sur 77 marchés. Le potentiel de Costa est d’autant plus grand qu’il vise principalement les marchés européens et asiatiques, moins saturés que le marché américain.
Les institutions financières européennes s’accordent à dire qu’un regroupement des banques européennes est nécessaire
La Banque Centrale Européenne aussi bien que la plupart des banques du continent sont d’avis que la consolidation du système bancaire européen, mis à mal par la crise financière, doit passer par une union bancaire dont le fondement même est un regroupement transfrontalier des banques européennes.
Le mouvement a été enclenché par des opérations de fusions qui ont déjà fait baisser leur nombre de 8 570 en 2008 à 6 648 en 2016. Mais de toute évidence, ce n’est pas encore suffisant. L’Espagne est citée en exemple en la matière avec une réduction drastique du nombre d’institutions de 45 en 2008 à 18 aujourd’hui, particulièrement par des fusions transfrontalières à l’échelle européenne.
L’effondrement de la livre turque et du pesos argentin fragilise les marchés monétaires des pays émergents
Les marchés monétaires asiatiques sont durement fragilisés par la chute de près d’un tiers de la valeur de la livre turque, victime de la politique commerciale agressive de Donald Trump, et par celle du pesos argentin. Ce dernier a en effet perdu 12% de sa valeur dans un contexte de hausse des taux d’intérêt afin de contrer une inflation à deux chiffres, ce qui sème le doute parmi les marchés sur la stabilité financière de l’Argentine et sa capacité à rembourser sa dette.
Les monnaies asiatiques les plus faibles sont les principales victimes collatérales de ces crises monétaires en Turquie et en Argentine, c’est-à-dire particulièrement la roupie indienne, le rupiah indonésien et le peso philippin. Une déstabilisation de ces monnaies pourrait mener les banques centrales indonésienne et philippine à un peu monter les taux d’intérêt. DBS tempère néanmoins en soulignant la relative résilience de ces monnaies face à ces deux crises monétaires, et en faisant remarquer les tensions commerciales sont le principal risque déstabilisateur de ces monnaies.
Rédigé par Alexandre Simon & Yaëlis Meissonnier
