Newsletter #36 (Semaine du 4 Novembre)
Suite à une baisse de 24% de son bénéfice net au troisième trimestre, le PDG par intérim de HSBC a annoncé son intention de “remodeler” la banque
Le CEO par intérim de HSBC Noel Quinn a fait part de son ambition de “remodeler” une grande partie de la banque, qui a déploré une baisse de 24% de son bénéfice net au troisième trimestre et qui abandonne son objectif financier principal. Noel Quinn a déclaré que les rendements dans certaines parties de l’entreprise, principalement en Europe et aux États-Unis, “étaient encore bien en deçà des niveaux acceptables”.
“Nous devons restructurer et remodeler ces départements, car les perspectives de revenus sont beaucoup plus modérées”, a déclaré M. Quinn dans une interview. «En outre, nous devons examiner HSBC dans son ensemble pour éliminer toute complexité, ce qui nous donne une plus grande capacité d’exécution rapide. Cela conduira à une base de coût plus faible. “ M. Quinn est devenu directeur exécutif par intérim en août à la suite de l’éviction brutale de John Flint, qui avait perdu la confiance du conseil d’administration de la banque.
Quatre mois après le lancement de son plan de restructuration, Deutsche Bank cherche remanier son conseil de direction
Le plus important prêteur allemand a nommé vendredi dernier Fabrizio Campelli à son conseil de direction avec effet immédiat, lui conférant le rôle de responsable de la transformation. M. Campelli, ancien combattant de la Deutsche Deutsche Bank depuis 15 ans, assumera également la responsabilité des ressources humaines de son directeur général adjoint, Karl von Rohr.
Ce remaniement intervient deux jours après que Deutsche Bank ait déçu les investisseurs avec des résultats médiocres pour le troisième trimestre, faisant chuter ses actions de 8% en un jour et alimentant des doutes sur sa capacité à délivrer des résultats satisfaisants. Le plan de redressement ambitieux prévoit la suppression de 18 000 emplois et la cession de 20% du total des actifs d’ici 2022, tout en augmentant les recettes et les revenus. Entre juillet et septembre, trois des quatre principaux secteurs d’activité de la banque ont enregistré une baisse des revenus, tandis que les bénéfices avant impôts ont diminué dans les quatre unités.
BNP Paribas a publié des résultats supérieurs aux attentes, en raison de la flambée des opérations de sa banque d’investissement
Au troisième trimestre, BNP Paribas a dégagé un résultat net supérieur aux attentes en raison de la forte hausse des activités de sa banque d’investissement, qui a surpassé la performance de nombreux concurrents américains et européens.
Cette forte progression résulte d’une “forte hausse” des marchés du crédit et un rebond des marchés des changes et des marchés émergents ont entraîné une hausse de 35 % en glissement annuel des revenus des activités de taux à 915 M€ qui a soutenu des fortes performances du pôle Banque de financement et d’investissement, dont le chiffre d’affaires a progressé de 12 % et le résultat avant impôt de 13,5 % à 834 M€ sur la même période.
Le troisième trimestre consécutif de bonne performance de la banque d’investissement se détache des difficultés du continent et contraste fortement avec la fin désastreuse de 2018, soulageant la pression sur les dirigeants, ainsi qu’avec les résultats moins positifs du négoce d’actions qui enregistre une baisse de 15% du chiffre d’affaires dans un “marché peu brillant des activités de flux”.
L’industrie des montres connectées a le vent en poupe avec l’acquisition par Google de Fitbit pour 2.1 milliards de dollars
- Enterprise Value de Fitbit: 2.1 milliards de dollars
- Offre de Google: Acquisition à 100% en cash, à 7.35 dollars l’action
Google affirme sa stratégie de développement de ses activités en “ambient computing”, afin que ses appareils connectés deviennent une partie de notre vie quotidienne, que ce soit dans le cadre professionnel ou privé. Une facette de cette technologie se trouve dans les montres connectées. C’est pour cela que Google a fait l’acquisition en janvier des divisions de fabrication de smart watches de Fossil.
Maintenant, le géant californien frappe très fort avec une nouvelle acquisition, celle de Fitbit, positionné dans l’industrie des montres connectées, et valorisé à 2.1 milliards de dollars. Grâce à ce deal, Google peut maintenant concurrencer le leader incontesté dans cette technologie, Apple, qui détient à ce jour 51% des parts de marché. Suite à l’annonce de rachat, les actions de Fitbit ont bondi de 16%.
L’UE propose une nouvelle autorité européenne luttant contre le blanchiment et la corruption à la suite des nombreux scandales
L’UE étudie la création d’une autorité centrale chargée de lutter contre les activités de blanchiment d’argent après qu’une série de scandales très médiatisés aient mis en lumière les faiblesses de l’Europe en matière de prévention contre les flux d’argent sale à travers ses banques.
Les ministres des finances de l’Union devraient donner officiellement mandat à la Commission européenne pour formuler des recommandations sur un nouvel organe de contrôle “indépendant” doté de “pouvoirs directs”, selon un projet de déclaration qui devrait être approuvé lors de leur réunion de décembre. Cet organisme aurait pour mission de contrôler le respect par les institutions financières des règles communautaires en matière de vigilance à l’égard de la clientèle et d’autres garanties.
La proposition marquerait une intensification significative de la réponse de l’Europe à une vague de scandales de blanchiment d’argent au cours des deux dernières années, qui ont révélé des moyens pour les criminels d’exploiter le système bancaire européen.
Le bijoutier américain Tiffany and Co examinerait une offre publique d’achat de 14,5 milliards de dollars du géant LVMH
- Enterprise Value de Tiffany and Co: 14.5 milliards de dollars
- Offre de LVMH: Acquisition à 120,00 dollars l’action, soit un premium de 22% par rapport au prix de clôture du 25 octobre
Le géant français du luxe, LVMH, a proposé d’acheter Tiffany & Co., l’emblématique bijoutier new-yorkais au prix de 120 $ par action. Cela représente un premium d’environ 22% par rapport au cours de clôture de l’action vendredi. Un tel accord donnerait à Tiffany une valeur d’environ 14,5 milliards de dollars et permettrait à LVMH de signer ainsi la plus importante acquisition de son histoire.
LVMH souhaite en effet renforcer sa présence sur le marché de la joaillerie haut-de-gamme, à la suite de son achat de 5,2 milliards de dollars du joaillier italien Bulgari en 2011. Le pôle montres et joaillerie de LVMH (TAG Heuer, Chaumet, Zenith, Hublot, Fred) pèse, lui, 4,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 60 % dans les bijoux. Avec Tiffany, il doublerait de taille. L’an dernier, la firme américaine a réalisé 4 milliards d’euros de ventes. Avec 56 % de ses ventes hors des Etats-Unis, Tiffany est très apprécié en Asie (28 % de l’activité), surtout en Chine et au Japon (15 %). En revanche, la marque est peu présente en Europe (11 %), ce qui offrirait à LVMH des opportunités de développement.
Fiat Chrysler et le propriétaire de Peugeot, PSA, acceptent de fusionner
Le constructeur automobile italo-américain Fiat Chrysler et le groupe français PSA — propriétaire de Peugeot et d’Opel — ont convenu d’une fusion qui porterait la valeur de l’entreprise combinée à 50 milliards de dollars. Fiat cherche depuis longtemps à s’associer avec une pointure du secteur: le groupe a tenté une approche avec General Motors en 2015, et a fait un effort pour se rapprocher de sa rivale Renault en juin. Ces deux tentatives ayant échoué, la collaboration de Fiat avec le Groupe PSA en fera le quatrième constructeur automobile mondial, et si elle parvient à réduire les coûts et à stimuler la croissance. L’économie de la zone euro dans son ensemble s’en trouvera dopée.
Carlos Tavares, PDG du groupe PSA, prendra la direction opérationnelle du groupe alors que John Elkann, président non-exécutif de FCA, prendra la tête du Board du nouveau groupe. Concernant la structure de l’actionnariat de ce dernier, les familles Peugeot (12,23 % de PSA) et Agnelli (29 % de FCA) ont trouvé un terrain d’entente. L’opération diluera leur part respective, mais le clan turinois aura de l’ordre de 15 % de la nouvelle entité et la dynastie sochalienne quelques 6 %. Le projet prévoit une fusion entre égaux par échange d’actions à 50–50. Pour un partage à parts égales des synergies et des avantages de la fusion, FCA va distribuer à ses actionnaires un dividende exceptionnel de 5,5 milliards d’euros en liquide et ses parts dans le fabricant de robots Comau. De son côté, PSA va céder aux siens les 46 % qu’il détient dans l’équipementier Faurecia pour un montant de l’ordre de 3 milliards d’euros. Messier Maris, la plus grande boutique en France, conseille PSA pour cette transaction historique.
Bombardier a accepté de vendre trois de ses usines aérospatiales à l’américain Spirit AeroSystems dans une transaction évaluée à 1,1 milliard de dollars.
Le groupe Canadien bombardier a accepté de vendre trois de ses usines aérospatiales à la société américaine Spirit AeroSystems dans un deal à 1,1 milliard de dollars. Le constructeur canadien d’aéronefs et de trains recevra ainsi 500 millions de dollars en cash de Spirit, qui assumera environ 700 millions de dollars de passifs.
Le deal concerne les sites de Belfast (Royaume-Uni), de Casablanca (Maroc) et Dallas (États-Unis). Cette cession marque un pas de plus dans le désengagement de Bombardier du secteur de l’aéronautique commercial après la vente cet été de son programme d’avions régionaux CRJ au japonais Mitsubishi Heavy Industries. Dans ce secteur, Bombardier ne conserve plus qu’une participation minoritaire dans le programme de l’Airbus A220, son ex CSeries dont il avait cédé le contrôle au géant européen en 2018.
Quand le marché des capitaux, notamment le S&P500, atteint des sommets historiques…
Les capitaux américains ont atteint un record la semaine dernière, dépassant les niveaux de cet été et renforçant la confiance des investisseurs, mené par l’avancement des négociations commerciales sino-américaines et par la réduction des taux d’intérêt de Fed. L’indice de référence S&P500 a clôturé en hausse de 1,47% à 3 066,9 points, dépassant ainsi son précédent sommet de 3 025,9 le 26 juillet. La progression depuis le début de l’année s’élève désormais à 22,34%.
“L’optimisme frappe les investisseurs de toutes les directions”, a déclaré Charlie Ripley, stratège en investissement chez Allianz, à Bloomberg News. “Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que l’optimisme du marché continue de s’améliorer, ce qui est particulièrement important à l’approche de la saison des dépenses de vacances.”
Macquarie et Kepler Cheuvreux forment une alliance de recherche et de négociation d’actions
Macquarie et Kepler Cheuvreux ont signé un accord pour combiner leurs unités de trading et d’equity research en Europe et en Asie. Cette association intervient dans un contexte de réformes structurelles dans ces secteurs qui subissent de plein fouet la chute des commissions et les exigences de transparence de la nouvelle réglementation européenne Mifid II.
Concrètement, cette alliance consiste à créer une plateforme commune de trading de capitaux, et à créer une marque commune de services en equity research sur les marchés européens et asiatiques. Pour avoir une idée de la taille du nouvel ensemble formé, il faut avoir à l’esprit que ces divisions de Macquarie en Asie-Pacifique (APAC) représentent 1000 clients et 100 analystes, contre 1200 clients et 130 analystes pour Kepler Cheuvreux. Cette restructuration aura des dommages collatéraux, comme la suppression de 100 postes en equity research pour Macquarie à Londres et à New-York.
Rédigé par Alexandre Simon, Hamza Lekhel, Yaëlis Meissonnier, Erwan Flageollet, et Renan Savier de Saint Germain
