L’inconscient monarchique français

Sous les revendications et les fiertés républicaines ostensiblement affichées, les français expriment un inconscient et profond regret de leur monarchie perdue. Le sentiment de déclassement, de perte de la grandeur de la France n’est pas une valeur ouvrière, c’est une valeur aristocratique. Ce que l’aristocratie a perdu en terme d’influence, d’économie, a fondé le sentiment collectif français de chute nationale. La France coulerait non pas parce que des indicateurs nombreux et concordants valideraient cette réalité, mais parce qu’elle ne dispose plus en interne des relais d’influences dont se nourrie l’élite. La Révolution française n’est pas une révolution du peuple, mais de la bourgeoisie, le peuple lui n’a fait qu’en payer la note et cela il le ressent. La détestation pour l’argent des français, même si on peut aussi l’expliquer par d’autres facteurs, tient au fait que ce sont d’autres qu’eux qui on tiré les principaux bénéfices de cette insurrection. Certes, des droits sont venus avec et le français s’y accroche désespérément, mais le bourgeois occupe toujours une place élitaire qui échappe au plus grand nombre.

Les français sont un peuple ostensiblement républicain mais profondément monarchiques, alors que les anglais profondément monarchiques se comportent en réels républicains arborant une spectaculaire désinvolture vis-à-vis d’elle, toute populaire. De plus la France n’est pas une démocratie mais un régime “représentatif”, le pouvoir n’est donc pas (quotidiennement) entre les mains du peuple mais ne s’y trouve que périodiquement.

Vouloir influencer le monde par sa grandeur c’est vouloir le dominer, l’orienter dans le sens, non pas du partage qui diminuerait ce pouvoir, avoir une politique humaniste c’est accueillir, et donc partager. La vraie grandeur serait donc de renoncer pour les autre pour ne se constituer avec et pour les autres eux mêmes aux prises avec leurs propres démons irrédentistes.

Nous nous réjouissons de vendre du matériel militaire, des Rafales, des frégates arguant que sans cela, d’autres le feraient, mais c’est le même argument qui justifie toutes les autres corruptions. Puis que les autres le font je peux donc le faire et le fait sans même se poser la question étique qu’il y a à le faire au regard des conséquences collectives ? Donc, je le demande, pourquoi ne pas rajouter au “Tous pareil (mais un différent)” ? Celui qui est différent c’est moi, c’est collectivement moi, moi dans mon espèce.

J’ai étais intervenant dix ans à Médecins Sans Frontières et je sais ce que c’est qu’un État qui sombre, je sais ce que c’est qu’un État sans État et la France n’est pas ce genre d’État. Elle ne coule pas elle respire, elle respire politiquement, socialement, ce que l’on prend pour un effondrement n’est qu’une poitrine qui expire et aucun de ces deux états physiologiques n’est à souhaiter fixer à jamais car c’est ça que l’on appelle la mort. Respirer c’est penser. Critiquer ce n’est pas dénigrer ironiquement l’autre c’est exprimer un avis différent même si, au-delà ce métriques respiratoire il doit y avoir de l’initiative, du mouvement et une cohésion générale.

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