Ce qui est important

Islamic Relief Canada
Aug 13 · 5 min read

Récemment, le gouvernement du Québec a décidé que les symboles religieux comme le voile, le turban, la kippa et la croix ne devraient pas être portés dans un lieu de travail public.

Cela signifie que les enseignants, les éducateurs, les avocats, les médecins des hôpitaux publics, etc. devront être mis à l’écart par leur symbole ou ils perdront leur emploi.

Ce n’était pas le cas il y a 17 ans, lorsque j’ai immigré au Québec.

Je m’appelle Nora, je suis une politologue germano-musulmane dans le domaine humanitaire. Je suis arrivée chez mon mari canadien à titre de membre de famille parrainé. Lorsque j’ai atterri à l’aéroport de Dorval, j’avais dans les bras mes deux filles moitié-Canadiennes et moitié-Allemandes.

{Les raisons pour lesquelles mon immigration a été si rapide n’étaient pas seulement grâce à ma nationalité allemande ou la nationalité canadienne de mon mari, mais aussi grâce à ma solide formation générale et à mon large éventail de compétences linguistiques (allemand, anglais, arabe, français, turque et même yiddish). Ce serait tellement facile à intégrer au Canada.}

À l’époque, personne au Québec ne parlait de mon voile. Au contraire, mes opinions religieuses étaient les miennes. Un pays et une province qui comptent une proportion importante d’immigrants sont décrits dans plusieurs sources comme étant une mosaïque, contrairement au « melting pot » américain. Mon mélange unique de différentes cultures, races, langues, influences philosophiques et compréhension du monde a été respecté et bienvenue au Québec.

Avec ce mélange, je me sentais tellement riche et cela m’encourageait à vouloir apporter quelque chose à ma province, mis à part mes vêtements.

Ma religion fait partie de ma culture et de ma compréhension du monde. Et c’est à moi de décider comment pratiquer ma religion tant que je n’enfreins pas de lois. Que je sois visiblement religieuse ou non n’a jamais fait l’objet d’un débat; mon immigration et ma vie ici concernaient mes réalisations, pas mes vêtements.

Comme pour beaucoup de personnes religieuses, ma foi est un point d’ancrage dans les turbulences quotidiennes et me permet d’équilibrer pour avoir un impact positif sur ma vie. En fait, il y a des exemples dans ma vie :

1. Étant musulmane d’origine allemande, ayant des parents qui ont apporté une culture moyen-orientale, je me vois comme une personne pouvant construire des ponts entre les deux mondes. Non seulement je me considère comme une personne multiculturelle, mais je suis aussi multilingue. Cela aide à la compréhension de deux personnes d’ascendance différente. (D’après mon expérience, les gens ne sont pas aussi différents qu’ils le voient au début.) Il y a un an et demi, j’ai participé à des séances et des rencontres à l’ONU. Des milliers de personnes sont venues de la part d’ONG, à titre de délégués, pour défendre une cause commune : les droits des femmes. La conférence annuelle de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW) rassemble non seulement de nombreuses visions du monde et de nombreux exemples de femmes, mais également des solutions aux problèmes qui doivent être communiqués auprès de cultures plus diverses. Mon mandat était d’en faire plus pour les droits des femmes dans les pays en développement, en particulier les pays en développement musulmans. Lors de la conférence, j’ai rencontré et discuté avec des politiciens humains et inclusifs québécois qui se sont alliés pour toutes les femmes, sans distinction de nationalité, de religion ou de couleur de peau. Les droits s’appliquent à tout le monde. À mon retour au Québec j’étais motivée pour œuvrer activement en faveur des droits des femmes vivant sous le seuil de pauvreté au Québec.

2. Militante musulmane, j’ai également fait campagne pour la protection du climat et le fais toujours. Au nom de mon organisation, Islamic Relief Canada, j’ai présenté notre programme de lutte contre les changements climatiques, fondé sur les principes islamiques. À ma connaissance, aucune autre communauté religieuse au Canada n’a un plan aussi clair pour lutter contre le changement climatique justifié par la religion. Ce qui m’intéresse le plus ici, c’est la manière de réduire les effets des catastrophes naturelles dans les zones de pauvreté, comme en Afrique de l’Est ou en Asie du Sud-Est, par le développement durable.

3. J’ai codirigé une campagne de soins de santé axée sur les droits des femmes, préconisant davantage les droits des femmes à l’autodétermination en matière de santé sexuelle et reproductive. À mon avis, une femme devrait avoir le droit de décider elle-même si elle veut entreprendre une grossesse après une consultation familiale, religieuse ou médicale, ou si elle veut l’interrompre. Dans certaines cultures occidentales, l’autodétermination semble aller de soi, mais le fait reste qu’il existe de nombreuses restrictions qui limitent la liberté de choix d’une femme. Ce qui rend mon travail difficile, ce n’est pas mon voile ou dieu; ce sont ces politiques construites sur une base patriarcale et qui n’incluent pas d’autres cultures ni l’opinion de femme, mais imposent simplement ces politiques unilatérales.

4. Je suis contre la violence faite aux femmes. Ma prochaine table ronde à ce sujet est prévue en septembre. Lors de ces discussions, différentes parties prenantes seront informées de notre approche féministe musulmane, comme le démontrent nos écrits. Habituellement, l’islam est généralement mal vu, et les femmes plus encore. Pour aborder cette question délicate, des pourparlers multilatéraux sont en cours pour mettre fin à la violence faite aux femmes. Dans notre dernière publication, « Violences déshonorantes », nous avons cerné des ressources qui sont présentes pour aider les femmes maltraitées. J’appelle donc à plus de coopération dans ces événements afin que les femmes de notre pays soient mieux loties.

5. Grâce à mon travail qui vient en aide aux orphelins et aux personnes en situation d’urgence (catastrophes naturelles, guerres, etc.), j’ai recueilli plus d’un million de dollars canadiens au cours de mes activités de collecte de fonds. Les Québécois sont généreux et ont un grand cœur pour les gens dans le besoin.

En aucun cas mon voile ne m’a empêchée d’accomplir ce travail. Au contraire, grâce à mon ouverture d’esprit, des étrangers ont osé me poser des questions et me parler. Dans de nombreux cas, cela m’a ouvert des portes.

J’ai également l’intention de continuer à défendre les femmes et les enfants dans les zones d’urgence, si Dieu le veut.

Nora Shamroukh fait partie de l’equipe de Relations Externe d’Islamic Relief Canada.

Islamic Relief Canada

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Islamic Relief Canada is an international NGO committed to alleviating poverty in 30+ countries around the world.

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