Magali Coindeau, DRH d’Ividata Group — photo par © Hardi

Quel rôle pour les RH à l’heure du Web 3.0?

Dans un article précédent, nous avions expliqué comment fidéliser la génération Y. Cette génération évolue au sein du Web 3.0 et soulève de véritables défis pour les entreprises de demain. Les RH au cœur de la transformation digitale ont un rôle grandissant à jouer, quel est-il ?


Rapide histoire du Web. Il y a eu le Web 1.0, qui était globalement réservé à des experts, puis est apparu le Web 2.0 qui a ouvert la voix aux communautés et à l’économie participative. Nous sommes aujourd’hui dans ce que l’on peut appeler le Web 3.0 — c’est-à-dire que les communautés peuvent agir et changer les choses, parfois en “hackant” le système, comme le groupe Anonymous.


Interview de Magali Coindeau, DRH d’Ividata Group, An Innovation Company.

Comment perçois-tu le poste de RH ? Un nouveau titre de fonction est-il nécessaire ? Le rôle des RH a-t-il changé ?

Je ne pense pas qu’avoir un nouveau titre ait réellement une utilité. Par contre, le changement que j’observe, qui est une tendance depuis plusieurs mois si ce n’est depuis plusieurs années, est le fait de faire participer les salariés de l’entreprises aux décisions.

Il ne faut plus que les échanges soient top-down (du sommet de la pyramide à la masse des salariés), il faut qu’il y ait de nombreuses interactions de la part des RH vers les collaborateurs et vice-versa. L’information seule n’a plus aucun intérêt surtout dans un environnement où la hiérarchie verticale devient de moins en moins présente.

Les RH doivent-ils être proactifs sur les réseaux sociaux et en entreprise ? Comment cela se traduit-il ?

Oui, ils doivent l’être tout autant que le sont les services communication dans les grandes entreprises, pour tout ce qui est développement de la marque employeur, la fidélisation des salariés, et l’engagement des collaborateurs. Les RH ne doivent pas se contenter de donner de l’information sur les réseaux sociaux en entreprise, ils doivent également être dans une volonté de faire des sondages, notamment dans la qualité de vie au travail. Il est nécessaire qu’il y ait toujours un échange via des réseaux sociaux ou des réseaux internes à l’entreprise.

Il est également important de capter et stocker les informations des collaborateurs… ou celles des personnes qui seront possiblement embauchées un jour. C’est essentiel de récupérer les données en tant qu’RH, notamment pour prendre la température de l’entreprise.

Ensuite, on analyse ces données. Cela permet d’améliorer certains aspects de l’entreprise, certains services. Et puis, ça aide aussi les RH à se remettre en question. Il faut grandir avec les nouvelles générations Y et Z qui n’ont plus les mêmes attentes. On essaie de changer.

Quelle image doivent renvoyer les RH 3.0 ?

Les RH doivent être dans une logique plus collaborative. Il est très important de faire participer les collaborateurs, d’être plus ouverts, de comprendre la problématique de chaque salarié et de l’adapter à un fonctionnement global. Il y a évidemment la partie technique qui passe par des outils pour digitaliser les collaborateurs.

Ce qui me semble important, c’est le comportement des services RH !

La digitalisation des collaborateurs passe par quels outils ?

Il dépend du but. Par exemple, nous utilisons Sociabble, un outil qui transforme les collaborateurs en ambassadeur de la marque. Et ça fonctionne assez bien.

Les digitaliser peut également être un moyen pour fidéliser les salariés. Par exemple, prenons le cas des échanges entre les services RH et les collaborateurs, les plateformes intranets doivent être impérativement développées via des CRM comme Salesforce et leur outil de communication “Chatter”.

Pour nous (génération Y), on peut penser que c’est entré dans les mœurs, mais certaines grandes entreprises n’ont pas encore eu ce réflexe. Ou alors, les services mis en place sont mal conçus, ou pas encore très évolués.

En bref, la digitalisation passe par le chat, et des sondages réguliers. J’ai lu un article où certaines entreprises mettent en place un système anonyme de «like» et «dislike» quand ils font passer une idée, il n’y a donc pas ce côté référendum d’entreprise un peu archaïque.

Dans un avenir proche, comment vois-tu le rôle des RH dans le secteur du digital ?

Je pense qu’ils ne seront plus vraiment RH en tant que tel. De plus en plus, les services Communication-Marketing, et les services RH sont fusionnés dans leur travail. Il y aura certainement une évolution des tâches.

On pourrait dans un avenir proche recruter des personnes qui n’auront jamais fait des études RH et qui viennent de la Comm’. Il n’y a plus de formation type, je pense. Ce seront des personnes ambivalentes qui pourraient être recrutées, des gens qui ont déjà exercé des postes à multi-casquettes.

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