On ne croit plus ce que l’ on sait !

Aux premiers abords, cette phrase parait soit triviale, soit
mystérieuse. Soit les deux à la fois. Pourtant, elle s’inscrit plus
qu’on ne le croit dans notre quotidien.

A coup sûr, nous sommes rentrés dans une drôle d’époque : les recettes
du graal vaut bien peu de choses à l’ère de Google et de Wikipedia. Que
vaut un article de blog quand chaque année on produit plus d’info que
depuis l’histoire de l’humanité ?
Si tout ne se vaut pas, qui pour faire le tri ? De quel droit ? Et
surtout à quelle vitesse ?

Savoir ne suffit pas, ou plutôt savoir ne suffit plus. Nous vivons dans
un monde où le changement est en temps réel. Et cette mutation n’est pas
que ludique : elle crée un étau psychologique. Car, pouvons-nous bien
agir… quand on sait que nous pouvons savoir encore plus et toujours davantage ?
Mentalement, il devient difficile de saisir la réalité, savoir se
positionner et agir de manière durable.
Savons-nous assez ? Le doute grandit et nous met dans un étau : savons-nous assez pour la situation présente ?

Sommes-nous voués à être les petits lapins d’Alice qui ne
courent plus après le temps mais après l’info disponible ? Une queue en
épi nous poussera-t-elle bientôt dans le bas du dos ? La réalité est multipolaire rendant les découpages en bien et mal, noir et blanc forcément caduques.

Le temps des contes est-il pour autant fini ? Oui, si l’on prend ces
histoires qu’on nous raconte et qu’on accepte d’écouter pour argent
comptant. Non, si l’on regarde autour… Dans le cadre, dans l’échange,
vers l’horizon que le conte fixe aux publics…

Un soir je suis dans la position de conteur auprès de ma fille qui me
réclame encore la même histoire de la petite fille aux allumettes. Je
lui dis comment tu peux aimer une histoire si triste ?

Elle me répond alors de sa voix sérieuse : “ce n’est pas l’histoire qui
compte”, mais la manière dont moi, son père, la raconte. “J’apprécie la
manière dont l’émotion t étreint quand la fin approche et même si je
sais (la maline) que ce n’est qu’une histoire comme toi je commence à y
croire comme toi. Car, chaque fois, tu t’y laisses avoir. Et alors je
ressens de la tristesse, des émotions… et la petite fille prend vie en
moi.” (sic).

Quand je referme la porte de sa chambre, le soir, je me demande si c’est
moi qui lui ai raconté une histoire ou si c’est elle qui vient de le
faire. Qui vient de me faire encore voire la beauté du monde. Ce soir,
j’ai su que la vie vient de la façon dont on y croit. Donc on croit en
l’intensité et la vérité du moment.

Il ne s’agit pas que de se mentir (l’art est un subterfuge aussi). Mais
de définir une vérité sociale, une vérité entre les gens. Et cette
réalité peut créer un beau moment. Un moment qui lui-même peut amener
d’autres beaux moments. Ces moments peuvent créer des histoires de
personnes, qui n’ont rien de mensonges. Qui n’auraient jamais pu être
créées par de la donnée.

La vie est-elle même une histoire dont le dénouement précède la
narration : la manière dont on décide de la raconter et d’y croire est
plus important que ce l’on sait déjà (son dénouement)

Se muter en CHANGEMAKER c est œuvrer dans ce sens. C’est changer de
costume : ne plus être une étiquette, mais un personnage de roman. C’est
là encore, choisir de passer du savoir au croire. C’est ne plus voir l’obstacle mais s’enivrer du challenge, ne plus être un spectateur mais un
personnage qui décide sa part de liberté parce qu’il embrasse tout
entier le moment. Et les possibles s’ouvrent alors…

Le changement peut être dangereux. Il fait partie de la vie, mais
n’apporte pas toujours son lot de bonnes nouvelles. Mais, si on ne
décide pas de l’aborder, de maitriser ses composantes, de s’y
entrainer…on le subit trop souvent. Comme un vent du Nord, il faut
apprendre à l’épouser. L’accueillir au gré de ses envies et de son
énergie du moment. En faire un flux inhérent à soi. Alors, il nous porte
et souffle dans notre dos, l’histoire dont on devient le héros.

On le sait on le sait … Encore faut il y croire ? Chaque héros a dans
son histoire un Gémini criquet. Des fois, j’ai l’impression que ma fille
l’est pour moi. Avez-vous trouvé le vôtre ?

Jacques Angot

Coaching & Formation

http://jacques-angot.com

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