Phénix ou chrysalide ?

La notion de changement nous questionne avant tout sur notre compréhension de notre présent. Le comprenons-nous à sa juste mesure ? Faisons-nous bien? Faisons-nous juste ? Préparons-nous l’avenir ? 
 
 Si l’histoire nous est utile, c’est parce qu’elle enseigne que nos erreurs sont souvent faites de bonne foi. Nous pensons vraiment souvent que ce que nous faisons au présent est la manière d’optimiser l’avenir. 
 Or souvent ce n’est pas le cas. Tout simplement parce que l’humain aime bien se mentir. Ou qu’il a des talents pour se mystifier lui-même…
 
 Et changer n’est pas forcément sa tasse de thé… Autant il adore la nouveauté, autant la nécessité de changer ne lui est pas familière. 
 Et voilà pourquoi nous avons tous le syndrome de “Dark Vador” : tel un phénix, nous avons besoin de nous consumer avant de pouvoir renaitre. Sauf que… nous ne ramenons pas tous l’équilibre dans la galaxie.
 
 La vraie question est : Est-ce que l’on change, ce que l’on entreprend de nouveau est-il vraiment différent ? 
 
 Ne nous drapons nous pas dans une sémantique de RE ? RE-nouveau, Re-naissance si proche de RE produire ce que l’on sait déjà. Ne sommes-nous pas dans une répétition déguisée ? Ou tel un Sisyphe changeant de costume ou de rythme nous poussons toujours le même rocher sur la même montagne, qui a juste changé de paysage. Et ainsi nous répétons la même vie, les mêmes causes, les mêmes effets surement. 
 
 Quel est le problème (au final) ? Et si cette histoire n’était pas finalement si mauvaise…
 
 Sauf que… s’il est une loi cosmique (allez, j’assume le terme pour les besoins de l’article), c’est que les certitudes des convictions comme des trajectoires ne peuvent amener le monde sur le chemin du progrès. La vie, par définition, est accident. Nos cellules, nos relations, nos réalisations sont le produit d’efforts, de constructions… mais souvent aussi de surprises et d’accidents. L’accepter revient souvent d’ailleurs à gagner du temps. 
 
 Ne maitrise-t-on rien alors ? 
 
 Si, on détient un premier pouvoir dans l’art de changer le regard. Tel l’enfant qui questionne le pourquoi de toute chose, l’interrogation crée un processus infini de reconfiguration du regard. Le plus grand risque de l’âge adulte est d’oublier d’interroger le présent. Même si cela doit nous rendre inconfortable… Car c’est souvent là que nous élaborons nos récompenses… et mieux encore nos motivations profondes pour l’avenir. 
 
 Telle ma fille de 8 ans qui questionne le monde, doucement installée sur sa balançoire. Pas folle, elle pourrait s’adonner à son passe-temps préféré en s’imaginant dans son jardin redessiné selon son envie dans quelques années. Mais non… A la fois dans l’instant printanier (eh oui l ! ‘hiver est doux cette année), à la fois dans les étoiles, à la poursuite de l’étude de la galaxie…
 C’est ça d’être le père d’une future astronaute.
 
 — Tu te rends compte, papa ?! Tu es partout et tu vis tout : avec la gravité et aussi avec “sans la gravité” !
 — Tu veux dire sans gravité ? 
 — Non non ! tu te rends pas compte il faut apprendre à “vivre avec” sans … C’est génial comme métier on vit sans gravité mais sérieusement !”
 
 Astronaute-philosophe. Astro-philosophe , quoi. 
 
 Et me voilà en pleine révolution de mo- même : en train de faire le tour de moi, parti sur une orbite qui permet de s’extraire de moi comme d’y atterrir tout en douceur… Et d’en revenir avec des nouvelles pépites qui vont ensemencer ma trajectoire. 
 
 Alors que la balançoire continue son mouvement, et que je me découvre astronaute au milieu de mon jardin, je m’interroge sur le processus même de ma transformation. Qu’est-ce que changer au final ? Et si cela consistait à faire muter son ADN sous la double étoile de l’invitation et de la mise à l’épreuve.
 
 Progresser, c’est inviter, accueillir un gène étranger dans son génome. Mais pour que son intégration puisse se faire et continuer à la mutation bénéfique, il faut rechercher des situations où ce nouveau gêne serait utile pour qu’il s’impose et fasse ses preuves.

Aller chercher les moissons des étoiles en quelque sorte. Même si c’est inconfortable, et qu’on est “cul par-dessus tête”. Qu’on en perd la gravité, et qu’on la retrouve. Sous le poids d’une inspiration, on crée les conditions d’un inconfort… qu’on fait fructifier avec notre expérimentation.

Et notre palette de talents s’élargit alors de notre jeu avec les éléments.
 Par la grâce du vivre “avec” et “avec sans”.

Libéré alors de la destination, des a priori, sans déni et empli d’appétence ! Ces conditions réunies offre un cocon propice à la formation de sa chrysalide et à la naissance d’un nouveau VOUS.

jacques angot

Coaching & formation

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jacques.angot2014@gmail.com