Tempête médiatique sur les pesticides : l’empire contre-attaque [3/5]
Alexandra d’Imperio
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Chère Alexandra,

Encore une série d’articles passionnants et sérieusement documentés. Votre capacité à traiter le sujet à tous les niveaux est remarquable : historique, scientifique, économique et politique… mais aussi philosophique avec ces questions essentielles : “légitimité des autorités scientifiques à décider de ce qui constitue “le bien commun”, “fondements philosophiques qui façonnent notre conception du progrès”, “volonté de toute puissance des humains sur la nature”. Questions qui permettent d’échapper à l’idée simpliste d’un monde partagé entre les exploiteurs capitalistes sans scrupules et leurs innocentes victimes. La réalité, plus complexe, c’est que nous sommes responsables d’un modèle de développement qui n’a pas fait l’effort de répondre collectivement à ces interrogations fondamentales. Dans cette situation le rôle des médias est déterminant ; vous expliquez bien le mélange ambigu entre cette : “sorte de retenue, qui se voudrait l’attitude la plus rationnelle”, l’idée que “le consensus de l’époque est certainement plus proche de la vérité que les positions marginales”, et la soumission pragmatique des “magazines qui dépendent de la publicité” aux “lobbies de l’industrie chimique”. Merci encore pour la qualité rédactionnelle qui rend la lecture agréable et la compréhension instantanée ; votre proximité intellectuelle et militante avec Rachel Carson saute aux yeux !

PS. La bibliographie est centrée sur Rachel Carson et le contexte “scientifico-historique”, mais vous mentionnerez peut-être l’excellent “Nous voulons des coquelicots” de F. Nicolino et F. Veillerette.