Deux camps, un choix — État de droit

Chemnitz, devant la statue de Karl Marx, une horde de centaines de néo-nazis appellent au meurtre de migrants et réfugiés.
Lampedusa, au large de la plage italienne, le bateau Diciotti est empêcher de faire accoster des hommes et des femmes sur la côte, le tribunal d’Aggrigente ouvre une procédure pour séquestration.
Budapest, un nouvel impôt est créé, la taxe sur les migrations, la loi dit que les organisations dont les programmes et les activités soutiennent directement ou indirectement la migration (ONG d’accueil ou d’aide juridique p.ex.) seront soumises à une taxe de 25 %.
Trois exemples marquants d’atteinte sévère à l’État de droit et aux libertés publiques.
Quelle sera la prochaine étape en Hongrie alors que les médias sont muselés, les ONG durement touchées au portefeuille, une université progressiste fermée pour raisons idéologiques? Un autodafé d’écrivains migrants pro-européens ?

Quelle sera la prochaine étape en Italie alors que Salvini cite Mussolini à foison, que les déchaînements de violence racistes, anti-sémites et anti-migrants se multiplient dans les rues sans condamnation politique, que les politiciens n’ont plus le courage que de n’être populiste et de blâmer l’Union Européenne (UE) pour la chute d’un pont? L’organisation d’une jeunesse militante pro-italienne et l’effigie de Salvini sur les pièces de monnaie?
Quelle sera la prochaine étape en Allemagne alors que l’Alternative für Deutschland (AfD) a conquis les régions les unes après les autres, a mué de “kleinpartei” à celui de parti populaire, accueille à bras ouverts les néo-nazis, et s’est durablement installé autour de 14% d’intention de vote? Une alliance avec l’extrême gauche nationaliste et anti-migrante de Sarah Wagenknecht?
Ce qui se dessine en Europe est inquiétant. Ce qui se forme en Autriche, Hongrie, Italie, Pologne mais aussi en Allemagne bien que ce soit encore restreint, ressemble étrangement à un axe. Un axe du non-respect de l’État de droit, de la démocratie , des libertés fondamentales, de la justice, de la dignité humaine.
Cette montée des nationalistes remet au centre de l’échiquier politique le peuple, le modèle de régime politique et de conception de la nation. Ceci ne ressort pas simplement de la crise économique: la Grêce et l’Espagne sont peu touchées par ces phénomènes, la Hongrie affiche le plein emploi. C’est plutôt une poussée ultra-conservatrice qui souhaite un gouvernement fort, ultra-fort, pour se sentir protégé des mutations de la mondialisation, des flux de migrations internationaux, du pouvoir étranger de Bruxelles sur les législations nationales, du pouvoir DE l’Étranger.
Face à cette montée d’un nationalisme, oserais-je dire “européen”, qu’opposons-nous?
L’autorité de la démocratie, le respect des droits de l’homme et des institutions qui la protègent, l’intégration raisonnée à l’Europe, la défense de nos intérêts ensemble dans la mondialisation, la diffusion de nos valeurs, le respect de la presse, de la contradiction, de la justice, de l’Europe, de notre histoire.
En connaissance de cause, on choisira entre la tocade Mussolinienne et le progressisme raisonné des pères fondateurs de l’Europe.
Car en 2019 ce sera l’histoire de l’Europe, celle des guerres intestines, des germes de mouvements nationalistes, fascistes, de la folie des foules, de la banalité du mal qu’il faudra avoir à l’esprit lorsqu’il s’agira de voter. Ce sera le moment de faire le choix du progressisme, de l’ouverture, des perspectives d’avenir pour nous et pour l’Europe!

