Fuck My Cancer publié chez Fayard. En librairie mercredi 29 avril

Fuck My Cancer

Critique objective (ou presque. )

Après avoir déjà lu les premières épreuves il y a quelques mois, je viens de lire Fuck My Cancer le livre.
(parution mercredi , déjà en pré-commande sur amazon #jdcjdr), adapté du blog cancer du sein de ma mère, Manuela Wyler.

Une lecture bouleversante, des émotions, des sentiments et états nerveux qui s’enchaînent et s’entrechoquent. Balancé entre le rire, la tristesse, la colère, on ressent le chaos, l’incertitude et l’angoisse qui ont profondément marqué l’année qui vient de s’écouler. Une année condensée en 178 pages que tu prends pleine face.

Même si une majeure partie racontée tu l’as déjà vécu, il n’y a pas si longtemps, “curieusement” tu ne t’en souvenais plus ( fou, n’est-ce pas Siggy ?). Alors certes les événements de cette année ont eu une fâcheuse tendance à se chasser les uns les autres à une cadence de cheval de course, mais quand même, ça c’est révélé bien commode. Tu ranges direct dans le tiroir du bas.

A plusieurs reprises cette année, ma mère m’a dit que je ne me rendais pas compte de la dureté de son quotidien et de tout ce qu’elle peut (toujours d’actualité) endurer. Pour moi la vie continue toujours et surtout face aux pires des épreuves et j’ai conservé — tout le long des centaines de pansements changés ( pas par moi) des milliers de kilomètres parcouru (toujours pas moi, enfin pas ceux-là) et des dizaines de claques qui se sont perdues dans le milieu hospitalier (ça je peux y remédier) — un optimisme quasi-sans faille, quant à l’issue du combat qui se livrait. Alors certes je donne cette impression à la limite de l’apathie, mais l’empathie est bien là, pas loin de mes inquiétudes profondes, placées sous une chape de plomb.

Mais cette protection m’a aussi empêché de me rendre réellement compte de la chierie intégrale que cela a pu être pour elle ces derniers mois, le marasme psychologique, la débandade du corps, l’absurdité du parcours de soins. A mon corps défendant je crois que nous avons tous été épargné du premier degré de la réalité du quotidien. Il y a bien un taiseux qui aurait pu aussi un peu mieux communiquer, mais bon…

Personne n’est apte à faire face à l’absurde si ce n’est dans l’action. Et l’action demande nécessairement du courage. Et le courage dans ce livre, c’est à dose de cheval que vous allez le prendre.

Je suis très fier de ma mère, de la force dont elle a fait et continue à faire preuve, pour combattre cette saloperie de lobuleux infiltré. Mais fier aussi de son courage à dépasser la pudeur qui nous paralyse, la pudeur qui nous empêche de nous regarder en face, que ce soit devant un miroir ou en couchant son intimité sur papier tel qu’elle l’a fait.

Fier de dire que ma mère n’est pas juste une sénior malade et invalide, mais un putain d’écrivain sénior malade et invalide ! Le style se travaille toujours, fluctue selon les époques, mais gratter jusqu’à écorcher la pudeur, c’est la première si ce n’est la seule qualité des grands écrivains.

Achetez, lisez et criez FUCK MY CANCER. Comme un cri de guerre.