LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME UTILISÉE COMME RENTE POLITICO-DIPLOMATIQUE DANS LE SAHEL
Le monde occidental se targue d’être le défenseur de la cause des peuples en exigeant la promotion de la démocratie, de l’état de droit et de la bonne gouvernance, mais les peuples africains n’ont vu qu’une chose : ce monde occidental soutient au contraire les satrapes africains sans aucune considération pour les populations qui en subissent les dramatiques conséquences.
En effet, sous couvert d’élections dites démocratiques qui sont caractérisées par des fraudes grossières, des kleptocraties se maintiennent au pouvoir et utilisent l’État au service exclusif de leurs intérêts égoïstes au détriment de ceux des populations. Une telle patrimonialisation de l’État ne peut avoir pour fondements que la mal gouvernance. Tout cela se fait, malheureusement, avec l’approbation de la communauté internationale comme le témoignent les chaleureuses félicitations des différents chefs d’Etat occidentaux adressées au prétendu vainqueur, au lendemain de chaque élection truquée en Afrique.
C’est dans ce sens que les Etats sahéliens, par exemple, ont parfaitement perçu tout le bénéfice qu’ils pouvaient tirer de la peur. bleue que les occidentaux ont du terrorisme djihadiste. Et c’est pourquoi ils se contentent tout simplement d’exploiter ce filon que l’on pourrait qualifier de « rente politico-diplomatique de la lutte contre le terrorisme ». Certains poussent même leur cynisme et ignominie jusqu’à organiser eux-mêmes des attaques terroristes sur leurs propres territoires à des fins de manipulations politico-diplomatiques pour s’attirer les faveurs et la pitié des dirigeants occidentaux ou pour réactiver le sentiment patriotique et faire de la distraction.
Ainsi, moyennant un discours engagé contre le terrorisme et l’autorisation pour des armées étrangères (occidentales) d’opérer sur leurs territoires, ces dirigeants ont compris qu’ils ne seraient pas du tout inquiétés pour les graves dérives de gouvernance, y compris, le tripatouillage des constitutions, dont ils sont coupables.
Or, c’est cette même crise de gouvernance dont souffrent nos pays qui est à la base de tous les maux qui minent nos ambitions de progrès et sert de terreau fertile au terrorisme. Et, malgré cette mal gouvernance dont ils sont champions, ces gouvernants peu vertueux reçoivent la soit disant aide publique au développement supposée pourtant être conditionnée par des indicateurs de bonne gestion. Ce constat regrettable fait que la désinvolture avec laquelle les bailleurs de fonds gèrent l’argent du contribuable de leurs pays peut susciter des interrogations légitimes.
Ceci n’est, du reste, pas surprenant car l’irresponsabilité du système international de développement (coopérations bilatérales et multilatérales) est telle que cet argent est déversé sans aucun souci de rendre véritablement des comptes. Par exemple, le critère de performance utilisé par l’Union européenne en la matière est le taux de décaissement. L’objectif est de dépenser les fonds. Savoir si cela est efficace et conforme à l’objectif fixé importe peu.
Pour les autorités bénéficiaires, cette absence de responsabilité a développé un réflexe de mendicité, le premier geste étant de tendre la main avant d’envisager quelque action que ce soit. Ensuite, c’est de se partager, entre tenants du pouvoir, la manne de l’aide, et ce d’autant plus facilement que les contrôles sur la destination finale et l’efficacité sont des plus légers et complaisants.
Une telle analyse permet de conclure que les populations africaines sont, dans bien des cas, des otages aux mains de leurs dirigeants qui les utilisent comme monnaie de change avec leurs homologues occidentaux. Trahies par leurs élites politiques et victimes des calculs géopolitiques et géostratégiques de l’Occident, elles ne savent plus à quel Saint se vouer.
Pourtant, elles doivent comprendre que prises dans le piège de ce cercle vicieux elles n’ont pas d’autres choix que de prendre en main elles-mêmes leur destin en opposition au sentiment de résignation qui les animent en ce moment.
Pour cela, il n’y a qu’un seul mot d’ordre qui vaille pour elles: se mettre debout, tenir debout et oser inventer l’avenir de leurs rêves! Et, c’est la jeunesse africaine qui doit être le fer de lance de ce combat, pour l’émancipation totale de l’Afrique.
