Ecrit 1 (21/10/17)

J’ai les mains qui sentent la cigarette, parce que tout à l’heure, je suis allée dans les rues de la ville avec une autre fille. Elle m’a dit “tu veux une clope ?” et j’avais déjà un paquet. On en a fumé une, avant de prendre le métro. Je l’avais vu avant la reprise des cours, dans un bar à côté du musée où nous nous sommes retrouvées tout à l’heure. Elle est égoïste, et pour cela je l’admire. Quand on la voit, elle semble gentille, mais en réalité elle ne l’est pas vraiment. Je veux dire, quand on commence à rester avec elle un moment. J’aime bien ça.

Je connais une femme, de laquelle on a dit “elle est la gentillesse même”. Aujourd’hui, elle est triste, et je crois que c’est aussi de sa faute. Ce serait se mentir que de se dire que l’on peut toujours être bon. Moi, je ne crois pas être une bonne personne ; d’un côté c’est un moyen de me dire que je n’ai pas besoin d’essayer ; de l’autre c’est une pure lucidité. Me dire que je ne suis pas une bonne personne ne me fait pas mal. Savoir que les autres pensent que je ne suis pas une bonne personne, ne me fais pas mal non plus.

Il y a trois semaines, pendant que j’étendais du linge avec ma mère et que nous parlions : “parfois tu es un monstre” (pas le monstre-enfant, celui qui fait des bêtises, qui tire la langue, qui agace ; le monstre-adulte, celui qui attaque et qui fait mal intentionnellement). Finalement, il y a certaines choses dites qui me font du mal. Beaucoup. Je veux être imperméable, mais vraiment, je suis de la chaire à vif. La croute qu’on a arraché avant qu’elle ne tombe seule. Et dessus, la peu est encore rose, est encore fragile, est encore vulnérable. Elle restera probablement comme cela, tant pis, ça ne se voit pas sous les vêtements.

Il faudra qu’on soit nue pour qu’on le remarque. Il faudra bien choisir les personnes à qui montrer le morceau de chair entaillé.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.