Graphic design par Yves Bigot

GOOD MORNING MONTREUIL

EXPOSITION & LIVRE DE PHOTOGRAPHIES

Photographie ©Juste Ad

Good Morning Montreuil est un livre publié aux Éditions de Juillet dans la collection Villes Mobiles ainsi qu’une exposition de 55 photographies dédiée à ce travail, présentée à Montreuil jusqu’au 02 janvier 2017.

Découvrez l’exposition en 360

Photographie © Juste Ad

ILS EN PARLENT

VICE FRANCE DU 15 FÉVRIER 2017

SQUARE MAGAZINE DU 15 JANVIER 2017

FOCUS NUMÉRIQUE DU 18 DÉCEMBRE 2016

LES LUMIÈRES DE LA VILLE DU 16 DÉCEMBRE 2016

CONVERSATION” AVEC ROMAIN SAILLET • FACEBOOKLIVE DU 15 DÉCEMBRE 2016

Romain Saillet est un garçon formidable. Tout à la fois chercheur, explorateur, maker, enseignant et conseiller il travaille sans relâche à la définition de ce qu’est un media dans le monde actuel. 
 Cette année il a inauguré “Conversation”, un facebook live hebdomadaire en direct de son canapé où il reçoit pour un chat cosy et décontracté. Je suis particulièrement heureux d’être son invité.

LA MATINALE BFM PARIS DU 23 NOVEMBRE 2016

LIBÉRATION DU 19 NOVEMBRE 2016

ROCK MADE IN FRANCE DU 19 NOVEMBRE 2016

ENLARGE YOUR PARIS DU 18 NOVEMBRE 2016

LE PARISIEN DU 17 NOVEMBRE 2016

LE MONTREUILLOIS DU 1ER DÉCEMBRE 2016

PRÉSENTATION

En septembre 2015, Les Éditions de Juillet ont publié Good Morning Montreuil dans la collection Villes Mobiles.
Il aura fallu à peine plus de 5 semaines pour que le livre soit épuisé et devienne, à sa mesure, un collector.
Ce travail avait également été présenté sous la forme d’une exposition organisée au Présentoir, un petit espace au charme cosy et discret situé à un jet de pierre de l’hôtel de ville et du cinéma Le Mélies.

Sans publicité ni presse, le livre comme l’exposition ont rencontré leur public. Il faut dire que Montreuil est une ville de fiertés, une ville monde, un territoire au patrimoine exceptionnel.

Good Morning Montreuil n’était pas un projet prémédité, conceptualisé, écrit par avance, produit pour l’édition. Pas plus que ces photos candides, réalisées pendant plus de 5 ans avec 3 générations d’iPhones, n’avaient pour vocation à devenir un livre.

J’ai débuté ce travail alors que la culture mobile first n’existait pas. Instagram ne jouait pas encore le rôle central qu’il occupe actuellement et le selfie n’avait pas encore engendré d’accidents mortels.
Je n’ai pas tout suite compris le sens de ma démarche puisque c’est mon quotidien que j’ai commencé par photographier. Pour lutter contre l’ennui et la routine mais surtout par intérêt pour le potentiel créatif que les premières générations de smartphones démontraient déjà.

Nous ne le savions pas encore mais le smartphone, iPhone en tête, allait durablement bousculer l’industrie des fabricants d’appareils photos en faisant quasiment disparaitre le segment des compacts et d'influencer l’écriture photographique en apportant une nouvelle forme de liberté dans son expression. La photographie entrait à la fois en crise et dans une nouvelle ère.

Pendant ce temps je me baladais le nez au vent, iPhone 3Gs en main dans les rues de Montreuil. Les premiers capteurs iPhone étaient d’assez mauvaises factures, le rendu sans commune mesure avec ce que pouvait proposer le mythique N95 de chez Nokia et son optique Zeiss F2.8.

J’ai donc cherché à la fois un moyen de contourner cet obstacle et un semblant de signature qui me permettrait d’apporter de l’unité à l’ensemble de mes prises de vues. Pas du tout fan des premières versions de l’application Instagram dont je trouvais les rendus médiocres - avant même de réfléchir à l’aspect social de l’outil – je me suis alors rabattu sur Hipstamatic, une toute jeune application qui me semblait à tort ou à raison tirer le meilleur parti possible des capteurs photos Sony embarqués par les produits Apple.
Hipstamatic offrait un avantage : celui d’apporter une signature graphique -un carré de couleur légèrement verdâtre ou un noir et blanc fortement contrasté, identiques pour tous mes clichés d’alors. 
Ainsi que pouvais encapsuler une histoire toujours différente dans un écrin identifiable.

La pratique de la photographie mobile a agi comme un véritable révélateur. Elle m’a permis de prendre conscience du monde qui m’entourait et de m’extraire du plomb et de la grisaille de la vie urbaine. En consacrant une petite seconde supplémentaire aux choses et aux gens, je me suis rendu compte de l’extraordinaire richesse, des trésors incroyables qui sont à notre portée à chaque instant. Il suffit d’apprendre à regarder au lieu de voir. L’écran du smartphone est un formidable outil pour cet apprentissage. Le format carré est un réceptacle idéal, pour capturer toutes sortes de choses, de situations et d’histoires car il concentre l’attention et le regard sur le sujet de la prise de vue

Pendant des mois j’ai donc photographié avec gourmandise : de l’urbain, de l’humain. De l’essentiel, du futile. Sans ordre de priorité, je suis resté disponible à toutes formes de stimuli susceptibles de fixer mon attention.

Montreuil est une ville pleine de paradoxes, une terre de contraste. Elle se conjugue au pluriel et sur une large bande passante. Ce livre et l’exposition de novembre qui l’accompagne auraient d’ailleurs pu s’intituler Montreuil(s). 
88 nationalités et toutes les religions forment le tissu social et culturel de la seconde ou troisième plus grande ville d’Ile de France. Montreuil est un bastion de la gauche, de vieille tradition anarchiste. Qui s’y frotte s’y pique parfois. Alors pratiquer librement l’exercice de la photographie de rue peut s’avérer complexe. Dans ce cadre le smartphone devient un atout. Surtout si l’on veut apporter un témoignage, découvrir et partager les visages de l’identité montreuilloise. Les bobos, les musulmans, les maliens, les gitans, les rockers, les graffeurs : tous composent la mosaïque du Montreuil d’hier et d’aujourd’hui. 
Et c’est cette richesse, ce pluralisme, ce récit montreuillois que 
Good Morning Montreuil donne à voir de façon bienveillante, généreuse et candide.

Les scènes issues du livre ne dressent pas un panorama exhaustif de la vie montreuilloise car il ne s’agit ni d’un inventaire exact ni de photojournalisme.
Good Morning Montreuil est le reflet de la vie quotidienne d’un passant anonyme qui, au fil des mois, a fini par fixer la mémoire éphémère de sa ville.
On y découvre toutes sortes de scènes, notamment autour du marché de la Croix de Chavaux qui résume et cristallise bien cet esprit montreuillois et sa volonté affichée de mixité sociale

LE RÉCIT DE JOHNNY

Les Éditions de Juillet ont établi une règle pour les ouvrages issus de la collection Villes Mobiles.
Chaque photographe est obligé de choisir un invité pour rédiger les textes et le titre de l’ouvrage doit s’inspirer d’un titre de film.

Le choix de Johnny Montreuil en tant qu’invité de mon livre est apparu comme une évidence.
Tout d’abord parce nous avons posé ensemble l’univers visuel de son premier album Narvalo City Rockerz, sorti en 2015. Ces photos ont été conçues comme une extension narrative, comme un récit qui accompagne et complète l’album et ses chansons.
Johnny Montreuil est un personnage à part. Il a débarqué un beau matin avec une camionnette et une caravane et s’est installé “Là Haut”, en territoire gitan, coincé entre un camp rom et un vieux chapiteau de cirque.
C’est ce récit que je suis venu chercher chez lui pour accompagner et compléter l’histoire de ce livre. Afin d’évoquer ce Haut Montreuil, le Montreuil ignoré, fantasmé, mal desservi par les transports en commun. Le Montreuil pauvre, celui des cités.
Je souhaitais proposer au lecteur une histoire simple et authentique, quelque chose qui puisse s’inscrire dans l’adn montreuillois.

Documentaire “Narvalo City Rockerz” réalisé par Bertrand Vacarisas

LE RÉCIT DE LA CROIX DE CHAVAUX

Good Morning Montreuil est donc réédité aux Éditions de Juillet 
le 10 novembre et disponible en librairies partout en France.
Dans ce cadre une exposition est programmée au 1, rue Kleber à Montreuil, en partenariat avec la Ville.
Cette exposition s’inscrit dans la volonté de la municipalité actuelle de réaménager le cœur de ville et d’écrire un nouveau récit : celui de la Croix de Chavaux.

INFOS PRATIQUES

L’exposition sera ouverte au public

En semaine de 11h00 à. 14h30
Le samedi de 11h00 à 13h30 & de 14h30 à 19h30
Le dimanche de 11h00 à 16h00

À PROPOS DE L’AUTEUR

“J’ai commencé par photographier des murs, puis un jour j’ai mis des humains devant.” C’est par ces quelques mots que Jean-Fabien aime à se présenter en tant que photographe.

Enseignant à La Sorbonne, spécialiste des nouveaux media et des nouvelles formes de narrations, il s’est rapidement posé la question du pouvoir de l’image comme vocabulaire universel. Un travail au smartphone qui débuta très tôt, partagé sur les réseaux et finalement publié sous forme de livre au Éditions de Juillet en 2015. 
Good Morning Montreuil, exclusivement réalisé au smartphone, raconte sa ville avec tendresse et bienveillance. Mais son travail photographique ne se réduit pas aux captations faîtes à l’iPhone. 
C’est aussi des portraits, des tranches de vies, des visages. Toujours réalisés avec bienveillance mais sans concession, en lumières naturelles, in situ. C’est la que les rides et les regards rejoignent les murs de briques et les lumières au néon. Avec toujours cette question de savoir qui de l’humain ou de la ville finit par influencer l’évolution de l’autre.

TÉMOIGNAGES

On découvre un photographe et on voit une œuvre prendre forme.
On suit un travail et on découvre un homme.
Quelque chose de bollywoodien, des cuirs gras, des étals, des êtres, de la gazoline des skatebooards.
Des maharadjahs et des princesses blondes en jean et tee shirts délavés, des spencer en cuir gras, des dames des impers, des cageots, de la vie.
Des rues dorées et rouillées.
On peut presque sentir des odeurs, et reconnaître mille fois ces inconnus dont certains pourraient être notre ami ou notre frère.
De la joie, de la vie. Des paillettes et des sourires, des réservoirs de 
mobylette cabossés.
De la bienveillance, de la chaleur.Tout cela me fait penser à quand on est ado, qu’on se couronne les genoux après une chute en bécane et que cela nous arrache des fous rires.
L’innocence de tout être humain et son merveilleux.
Tes photos me donnent faim, me donnent envie de marcher, de prendre mon pote par l’épaule.
Des émotions intactes et ancrées bien loin, la grandeur du familier, de ce même familier qui les ensable aussi loin.
Petite peau si fine sur laquelle parfois on croise des êtres comme toi et on les reconnaît de loin.
Ton village est beau et tous les hommes sont ainsi, partout, mais on nous fait croire le contraire.
Salah Bouanani

Certains diront de la photographie qu’elle est un fragment de la réalité, un arrêt du temps, de la vie, des sens, dont seule la vision est préservée.
Je me souviens de la première rencontre avec le travail de Jean-Fabien, une impression encore très nette.
L’image était une prise de vue d’une station essence depuis une fenêtre, de nuit, un décor que l’on ne regarde plus. Mais, la lumière, le cadrage, la construction du plan, faisait naître en moi des émotions; le froid, l’humidité, le bruit de la ville, l’odeur de l’essence. Certains feront référence à la fameuse madeleine de Proust, mais je n’ai jamais vu ou vécu dans ce Montreuil, je n’y ai même jamais mis les pieds et pourtant…
À voir ses photos, j’ai le sentiment d’un homme qui par sa vision, simple, compose avec la lumière, le cadre. A plusieurs reprises, je lui ai dit cette impression d’être sur un plateau de cinéma. 
Mais il n’y a pas de « coupez », d’éclairagiste, de cadreur. 
Il y a juste cet homme qui a le don de vous rendre la ville belle alors qu’elle ne l’est pas, cette faculté innée de magnifier l’insignifiant.
Jean porte le regard là où nous ne le portons plus, sur la ville, les rues mais aussi les gens. Il y a autant d’exemples qu’il y a de photos. Je repense à cette rue avec son échafaudage, ces néons qui vous abrutissent et vous brûlent la rétine, qui sont encore aujourd’hui une ode à la beauté, à chaque fois que je regarde son travail. 
Un travail humble et plein d’humanité.
Le travail de Jean-Fabien, c’est aussi un voyage ou plutôt des voyages. Hors du temps et au delà des apparences.
C’est un voyage des sens. Les bars qu’il photographie sentent encore le tabac froid, l’anisette, la sueur. On y entends la musique, les cris et les rires. Ce travail, c’est surtout la vie. Celle des hommes, la nôtre aussi. Dans les portraits chinois, je ne vois pas l’aspect glacé des modèles, mais je peux lire dans les regards, la malice, l’espièglerie, la vie, surtout. Oh, pas la vie de rêve ! Non, celle qui burine la peau, creuse les sillons du temps, des peaux que l’on lit comme des parchemins.Mais l’objectif de Jean-Fabien reste toujours humain, discret, juste. 
Certains diront de la photographie… 
Mais celle de Jean-Fabien, c’est la photographie à hauteur d’homme. 
Ce n’est plus un fragment mais un tout ; pas un arrêt du temps mais toute une histoire ; des sens : c’est un éveil ou plutôt un réveil.
Raphael Queruel

À PROPOS DU LIVRE

Très peu de texte dans ce petit livre tout carré qui laisse la part belle à un regard … Celui de Jean-Fabien Leclanche qui nous offre une vision de sa ville, Montreuil, avec une immense tendresse… Une ville dans sa diversité multicolore, des visages, des silhouettes, des lieux, un quotidien pris sur le vif avec une infinie bienveillance… On tourne les pages avec avidité une première fois, et on y revient encore et encore avec toujours le même plaisir. Le texte du rocker Johnny Montreuil qui clôture ces instantanés de vie apporte la touche finale à ce bel hommage à une banlieue souvent décriée et pointée du doigt… 
Une ville, des hommes, et le talent, à l’état brut, tout simplement.

Parallèles Mag

Photographier la ville de Montreuil avec un filtre Hipstamatic, cela pourrait passer pour le comble de la bobo attitude. Sauf que l’auteur le fait avec le cœur : la tendresse qu’il éprouve pour la ville la plus haute en couleur de la banlieue parisienne transparaît à chacune de ces images, attrapées au hasard des rues. Un livre aussi vivant, 
déjanté et attachant que peut l’être son sujet.

Réponses Photo

POUR ALLER PLUS LOIN À PROPOS DE MON TRAVAIL

LES PORTRAITS CHINOIS

Les Portraits Chinois sont nés le jour où, photographiant des musiciens sur scène lors d’un concert au Chinois à Montreuil, je me suis retourné vers la salle. Les publics sont toujours des gens incroyables et engagés. Sans eux, aucun spectacle n’est possible. J’ai donc décidé de consacrer une résidence photographique à ces personnalités, souvent hautes en couleurs, qui fréquentent les salles, soutiennent le spectacle vivant et les artistes émergents.
Les Portraits Chinois sont exclusivement réalisés dans le fumoir de la salle montreuilloise.
Cet espace clos, éclairé aux néons, regroupe le temps d’une clope, toute sortes d’individus. Lookés ou non, jeunes et vieux, isolés ou en groupes. J’aborde ces inconnus de manière simple et directe et je leur propose un portrait, au beau milieu de la petite foule entassée.
Je déclenche rarement plus de 4 fois avant de rendre sa liberté à mon invité(e).

LE DÉMON DES ANGES

Actuellement exposée à Miami dans le quartier de Wynwood, la série Le Démon des Anges forme un roadtrip photographique nocturne dans Montreuil, une ville de banlieue intemporelle. Dans une ambiance polar à la Melville, les personnages se baladent dans un décor brut, plombé par les éclairages au néon. C’est aussi là que Johnny Montreuil, l’un des personnages principaux de la série, habite. Les photographies ne sont donc pas l’expression d’une mise en scène artificielle dans une ville fantasmée.
Elles documentent cette ville autant qu’elles la racontent.

MERCI !