Jean-Lou Fourquet
Aug 22, 2017 · 2 min read

Yo yo Ai Erim,

Merci pour ton commentaire, désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, me suis dit que ça mériterait amplement un article entier mais comme il vient pas, je préfère commencer par un mini-réponse qui ne sera pas complète (aucune réponse ne l’est de toute manière) mais qui aura le mérite d’exister.

Pour moi, il y a deux points:

  1. Les différentes échelles des “émotions positives”

Quand on parle de bouddhisme ou bien de la définition de Tim Urban du bonheur, on arrive invariablement à la pensée: “moi, sur la courbe du “plaisir”, je veux encore avoir des très haut, donc je ne veux pas me détacher, donc j’accepte les très bas” (en gros). Je pense instinctivement (mais je peux vraiment me tromper) qu’il est pas évident de relativiser les très bas sans relativiser les très hauts, si on aplanit la courbe, on le fait dans les deux sens. Et du coup, dans notre paradigme classique du bonheur, on se dit: “wé bon, le détachement de tout et le calme plat d’un lac de montagne, c’est pas forcément ma vision de l’extase, moi je veux que ça pulse, que ça crée, que ça vive, etc etc”. Je suis loin loin loin du calme plat donc je m’avance sans savoir mais je pense qu’il y a un autre graphique, un autre schéma, d’autres formes d’émotions positives, plus stables, plus durables. C’est comme s’il y avait un autre graphique (celui du bonheur, plénitude, you name it) complémentaire à celui des “plaisirs” (les trucs un peu plus court termes) qui grimperait au fur et à mesure que le premier (plaisir) s’aplanirait. Seulement, dans notre paradigme, c’est quelque chose qu’on ne pourrait pas appréhender.

2. Le curseur attachement/détachement

Dans tous ces sujets, on a toujours peur de l’état final, donc dans ce cas, on s’imagine déjà avec un encéphalogramme des émotions complètement plat et on se dit: “quelle tristesse”. On oublie complètement qu’entre les cinquantièmes hurlant et un lac de montagne, y a une sacré trotte. Mon sentiment, c’est simplement qu’on subit trop souvent nos émotions, nos envies, nos désirs, on en est trop esclave. Le curseur est trop positionné sur l’attachement donc je pense que toute stratégie/méthode qui permet de le pousser un poil vers le détachement est intéressant. J’aviserai le jour où je sentirai que le curseur est trop sur le détachement, le jour où je me sentirai mourir à l’intérieur de détachement mais je ne me stresse par ça tout de suite :).

Après, je pense qu’effectivement, il faut prendre les trucs bouddhistes avec des pincettes (il y a des points que je trouve fondamentalement intéressant dans cette vidéo sur le sujet par exemple: le bouddhisme, une philosophie viable?) mais par contre je suis convaincu que les techniques de méditation peuvent aider sur les deux points ci-dessus.

Pace é Salute,

)

    Jean-Lou Fourquet

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