Il est venu le temps

Ce mercredi 5 avril 2017, à 9 heures du matin et 15 minutes, alors que je suis assis sur une vieille chaise en bois que je connais bien, devant un micro-ordinateur que je connais bien, je me dis ceci, c’est à dire que je me parle à moi-même, et je ne veux pas perdre le souvenir du fil de ma réflexion :

Il est venu le temps, car j’ai 65 ans.

Il est venu le temps, car j’ai eu une très sérieuse alerte.

Il est venu le temps de m’arrêter et de fixer, de figer le souvenir, les souvenirs qui sont actuellement dans ma tête, because it can desapear at once.

Notre intelligence, notre mémoire est biologique. Elle est à l’intérieur de nos organes, qui un jour vont s’arrêter de fonctionner.

Et je souhaite conserver la mémoire de ces souvenirs et de leur analyse, pour le temps qu’il me reste à vivre. Je souhaite également procéder à de nouvelles analyses, car les perspectives changent au cours du temps.

Ce temps, je l’ignore. Bien sûr, comme la plupart des êtres humains, je ne me vois pas mourir tout de suite. Notre attention, tous les jours, est appelée, est attirée sur des sujets de moindre importance. Or il y a un sujet de totale importance, un sujet de la plus grande importance, et il s’agit de soi. Le soin de soi par soi, se préoccuper de soi-même, dès lors que nous savons que nous avons fait notre part pour les autres, en fonction de notre capacité et en fonction de notre honnêteté.

Le 28 mars 2017, un peu plus loin que la Porte de Versailles, une fois passé la Porte Didot, une fois également passé ce lieu de travail extrêmement intense de septembre 1982 à juin 1983 dans ce grand immeuble qui appartient toujours à la Poste, mais avant la Porte d’Orléans, après 16 heures 30, après être sorti de ce salon WORK PLACE EXPO qui avait comme un de ses objectifs le bien-être au bureau par le moyen d’un mobilier adapté, je sors du tramway qui se déroule sur les boulevards extérieurs, j’appelle Bernadette pour un secours, une fois, deux fois, puis j’appelle le 15 car je suis en état de détresse maximale.

65 ans et 2 mois, et par la suite, à l’hôpital Saint-Joseph, aux urgences, je me vois partir, je me vois souffrir…J’ai raconté cela, d’une certaine façon, qui est imparfaite, qui est insuffisante, que je pourrais améliorer par la suite.

J’ai l’habitude de ne pas comprendre. J’ai l’habitude d’être traité comme un être inférieur, un sujet, comme celui qui ne sait pas, mais dont il est difficile de dire qu’il ne saura jamais. Je pense que je comprends, mais il me faut plus de temps qu’à un autre pour comprendre. Je vis une situation, mais je ne la comprends pas. Je comprends, ou plutôt, il me semble que je finis par comprendre, mais je comprends avec un effet retard.

Ceci ne me gêne pas. J’en ai pris l’habitude.

Alors, pour me raconter à moi-même tout cela, pour garder trace de ce qui est encore à l’instant dans un cerveau humain qui me donne encore entière satisfaction, je tiens à mettre ces informations sur un outil qui me semble avoir été bien inspiré.

Quand j’ai allumé mon ordinateur, j’ai eu une liste de programmes habituels qui se présente sur mon écran, et j’ai utilisé le moteur de recherche le meilleur du monde, Google pour aller sur le site MEDIUM.

MEDIUM, c’est une découverte récente pour moi, qui n’a pas plus de 5 ans d’existence, puisque je vois, puisque je lis que cela a été créé en 2012.

1966

Année 1966

J’ai envie, pour le moment, de démarrer à 1966. Et je ne souhaite pas démarrer au 1er janvier 1966, mais sans doute au 15 septembre 1966. Bien sûr, il faudra vérifier et affiner, et trouver la date réelle de mon entrée dans le monde de Louis le Grand.

Mon texte, dans un premier temps, je le destine à une personne qui est américain. Une personne, née sur le sol américain, apprend l’américain à l’école. Pour certaines raisons, il a un goût, il exprime un goût pour la langue française.

Alors, cette présente écriture, tout en m’étant a priori destinée, est surtout destiné à une personne, qui n’est peut-être pas encore née, avec qui je ne désire pas avoir un contact, pour que cette personne ne se sente redevable de rien à mon égard. Si cette personne est intéressée, qu’elle sache que cela est un grand plaisir pour moi d’écrire, et que ce plaisir est ma bonne récompense. Il peut venir, par la suite un intérêt supplémentaire, il peut venir par la suite ce que, en économiste, nous allons appeler une valeur ajoutée, mais je ne souhaite pas m’en occuper.

Il y a, nous l’oublions, un coût. des personnes sont savantes pour évaluer ces coûts.

Sans savoir moi-même tout sur les coûts, je sais que grâce à mes dernières fonctions, j’en connais un bon bout !

Mais le coût n’est pas le sujet. ce qui peut être dit de façon certaine, c’est que le coût de ce texte est un coût nul dans sa rédaction, et le coût minimal dans son stockage.

La rentrée scolaire s’effectue en septembre 1966 au lycée Louis le Grand à Paris rue Saint-Jacques dans le 5ème arrondissement.

Je rejoins mon frère Jacques dans ce lycée excellent, parmi les meilleurs lycées où se retrouvent les enfants de la bourgeoisie française, avec quelques exceptions. Il y a également quelques rares enfants issus de milieux populaires.

C’est grâce à toute une série de manœuvres, intrigues, démarches insistantes, continues de Père et de Mère que je me retrouve dans ce lycée. Je quitte le lycée Buffon dans le 15ème arrondissement, joignable facilement depuis notre domicile au 47 boulevard de Grenelle à Paris 15ème par le métro aérien. Le lycée Buffon se trouve entre Sèvres Lecourbe et Pasteur. Pour la partie Collège, il faut descendre à Sèvres Lecourbe. Pour la partie Lycée, il vaut mieux descendre à Pasteur.

Pasteur est une station de métro qui est enfoncée dans le sous-sol parisien. Sèvres Lecourbe est une station aérienne.

Je quitte le lycée Buffon, et je quitte des personnes que je vois depuis la classe de 6ème, de façon épisodique, Philippe Perdriau, qui sera témoin à mon mariage en septembre 1985, Pascal Moniez, qui entrera dans la destruction par la drogue.

Je quitte Buffon avec de nombreux souvenirs, et le dernier souvenir scolaire que j’ai concerne nos notes respectives :

En classe de troisième, mon niveau a constamment monté. Pascal a le premier prix de mathématiques, Philippe a le deuxième prix et moi-même, je termine 4èeme au troisième trimestre.

Notre professeur de mathématiques a de beaux gilets à fleurs. Il est très élégant, et c’est un excellent professeur. En Français latin et grec, j’ai des notes qui sont bonnes.

Mais au lycée Louis le Grand, le premier trimestre dans cette classe 2ème C2a de septembre 1966 à juin 1967, le niveau moyen des élèves est meilleur qu’à Buffon. Je travaille tout le temps. Je suis également aidé par des répétiteurs à domicile, autant que de besoin, car Mère y veille. Travailler en classe et récupérer de bonnes notes est le seul objectif. Mère y est extrêmement attentive. Mère veilel également à trouver de bons répétiteurs, et c’est ainsi que Jean Coulon, jeune polytechnicien, fait son apparition au 47 boulevard de Grenelle, alors que mon père est encore vivant, donc sans doute sur la période de temps comprise entre septembre 1965 et la date de sa mort, 31 mars 1966.

Je note, à cet instant, que je m’effondre sur la voie publique à 17 heures le 28 mars 2017, juste 51 années après que mon père s’effondre gare de l’Est.

Deux effondrements sur la voie publique, qui n’ont pas eu les mêmes conséquences.

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