Les dauphins sauveront-ils le monde ? (1/2)

Cela va bientôt faire un mois que vous avez été conviés à l’intérieur de mon flux mental… J’ai partagé avec vous mes joies, mes peines, mes colères, mon sens de la rigolade 5 étoiles.

C’est avec une grande difficulté, pourtant, que je vous ai dissimulé au cours de ces semaines une part très importante de mon intimité : je voue un amour illimité à nos cousins les mammifères marins.

Quand j’étais enfant, j’étais absolument fascinée par les dauphins. Ouais ouais, super original, je sais, et je les entends vos commentaires désobligeants dans vos petites têtes, donc ça suffit maintenant. (ou, devrais-je dire cétacé ?) (désolée)

Comme 90% des petites filles, donc, j’étais absolument fascinée par les dauphins.

Il faut savoir que Le Grand Bleu est mon film préféré EVER et que j’ai dû le regarder, accompagnée de mon frère et ma sœur, environ 1 million de fois.

J’ai mis bieeeeeen longtemps avant de comprendre qu’à la fin [SPOILER ALERT], bah il meurt en fait. Pour moi il allait rejoindre sa famille de dauphins d’adoption OKLM, dans le but de se la “couler” douce (hohoho) le restant de ses jours…

Et de se débarrasser, enfin, de Rosanna Arquette AKA la grosse chouineuse, nan mais merci quoi.

Enfin bref : le rêve ultime !

Et faites pas les incrédules, y a bien des chiens qui adoptent des cochons vietnamiens, ou des lions qui adoptent des antilopes… Donc bon, des dauphins qui adoptent des humains, c’est pas si improbable. Faut juste attendre que les transhumanistes se préoccupent de nous pondre l’évent amovible.

Et puis, Internet regorge d’histoires sur des dauphins qui sauvent des Hommes de la noyade ou d’attaques sauvages de requins (les sources sont plus ou moins fiables). Donc, bon, en vrai, sastrouve, le Jacques Mayol du Grand Bleu, il est même pas mort hein…

Luc, à quand Le Grand Bleu 2 ?

Eh ouais, ça vous en bouche un coin !

Ma passion pour les dauphins s’est affichée à son paroxysme le jour où j’ai participé à un concours dans un magazine pour enfants pour passer une semaine d’observation à bord d’un voilier mythique, le Fleur de Lampaul, dans l’espoir de croiser sur mon chemin quelques bouilles cro mignonnes de cétacés.

Comme j’étais bien en-dessous de la limite d’âge (ça devait être 11 ans alors que j’en avais 8, ou un truc du genre), j’ai ABSOLUMENT TOUT DONNE pour être avoir une chance d’être sélectionnée. Le jeu concours promettait de départager les candidats sur la base du meilleur dessin de cétacé envoyé. Du coup j’ai fait un dessin ultra-léché + un poème (ma spécialité d’enfant) + l’ancêtre d’une lettre de motivation qui les suppliait de me prendre.

Je crois que ça donnait à peu près ça (dans un style plus enfantin, j’imagine):

Cher Wapiti,
Je ne me fais aucune illusion sur le fait que vous ne m’accepterez pas sur votre voilier pour cette “semaine avec les dauphins” car, malheureusement, et c’est bien là ma plus grande peine, je suis beaucoup trop jeune pour ce concours. Je rêverais d’être née quelques années plus tôt pour disposer ne serait-ce que d’une ombre de chance de pouvoir intégrer l’équipage du Fleur de Lampaul.
En dépit du bon sens, je souhaite malgré tout vous transmettre ma candidature, car il s’agit-là de mon plus grand rêve depuis ma naissance : apercevoir, un jour, un banc de dauphins en liberté.

Et là, j’ai dû pondre des tartines sur ma passion pour les mammifères marins de la même manière que je suis en train de vous l’infliger aujourd’hui (on ne se refait pas).

En attendant, on peut la critiquer, la Johanna du Grand Bleu, mais la technique du chouinage, ça a déjà fait ses preuves niveau persuasion… (enfin, pour elle, c’est perdu, mais roooh ça vaaaaaa, elle va s’en remettre)

J’ai donc finalement été invitée à rejoindre l’équipage du Fleur de Lampaul dans l’espoir de réaliser mon rêve absolu. Pour la petite histoire, je me souviens très bien de l’appel de la madame qui était en charge du concours, et surtout du silence qui a suivi la fameuse phrase : “tu as gagné”.

Ça va vous paraître bizarre, mais j’avais tellement tout donné et j’avais tellement confiance en ma bonne étoile que son appel ne m’a pas vraiment étonnée. Et puis, j’étais probablement déjà un cœur de pierre, à l’époque… Ça, et je crois que j’ai instantanément commencé à “flipper” (hohoho) grave ma race à l’idée de partir seule sur un voilier avec des inconnus…

Quoiqu’il en soit, je me rappelle très bien que la madame en question a répété de multiples fois : “tu as gagné” et qu’elle m’a même demandé, à un moment, “c’est bien Jeanne-Marie ?” tant mon absence de réaction à l’oral était en décalage avec le lyrisme de mes écrits.

Cela ne m’étonnerait pas le moins du monde qu’on vienne me dire un jour qu’elle a fait un burn-out à la suite de cet appel…

Flashforward, me voici sur le Fleur de Lampaul et là, horreur.

Non seulement, mon rêve se fait salement fouler des deux pieds par la vie : pas un seul dauphin ne viendra pointer le bout de son rostre pendant cette “semaine avec les dauphins” (1993 : première déception liée à de la publicité mensongère).

Mais en plus :

  • nous sommes assaillis par une énorme tempête les trois premiers jours donc c’est vomi sur vomi, et tout l’équipage se joint à la fête (nan mais vous connaissez pas le Mercalm ou quoi les gars ?)
  • j’ai tout dégobillé dans le lavabo de la salle de bain du navire, sauf qu’évidemment ça s’écoulait pas et que donc j’ai dû ramasser A LA MAIN le fruit de mes entrailles alors que tout le machin tanguait à loisir et que je sais pas comment j’ai fait pour pas tout re-dégobiller par-dessus
  • les quarts de nuit sous la pluie quand t’as la gerbe, c’est super chouette
  • partir en vacances avec une bande d’ados de 11 à 15 ans quand toi t’en as 8, en fait, c’est pas une super idée (d’où la pertinence de la limite d’âge). Disons que j’étais assez éloignée des problématiques concernant qui allait rouler des pelles à qui (la phase vomito pour tous s’étant un jour terminée), et donc, que j’ai passé la plupart de mon temps enfermée dans ma cabine avec un relent de vomi dans la bouche pour seule compagnie…

Sur ce, maintenant j’ai des amis (eh ouais) et j’ai RDV pour dîner donc je vous en dirai encore plus sur mon amour des dauphins une prochaine fois ! Je sais que vous trépignez d’impatience. Bisous et bon week-end !