*Reconversion Extrême* Sarah : du marketing à la pâtisserie

Vous en avez rêvé, vous l’avez voulue, vous l’avez guettée à en faire des insomnies… La voici !!!

La première interview de notre série *Reconversion Extrême*.

Mes amis ayant opéré des réorientations professionnelles quelque peu radicales vous dévoileront tous leurs petits secrets : leur parcours, leurs réussites, les obstacles qu’ils ont rencontrés, les surprises, les rencontres…

J’ai cru comprendre que vous êtes nombreux à vous poser des questions concernant votre chemin professionnel. J’espère que ces interviews constitueront pour vous une belle source d’inspiration !

Sarah est sans conteste ma plus vieille amie. C’est pas compliqué, je la connais depuis sa naissance. Je n’avais alors même pas 1 an, et pas encore toutes mes dents…

Pour la petite histoire, nos papas se sont rencontrés dans le bac à sable de la place de la Résistance à Caen. Ils étaient alors tous deux âgés de 3 ans.

Sarah et moi avons grandi ensemble, passés de nombreux dimanche après-midis à jouer sur son lit, et de multiples étés à répéter nos chorés au bord d’une piscine de la côte d’azur.

Nous nous sommes éloignées puis retrouvées, jamais oubliées. S’il est aujourd’hui difficile de nous revoir régulièrement, le lien sororal qui chacune nous habite ne connaît, lui, aucunement la séparation des kilomètres.

Vous pourrez découvrir quelques exemples des créations de Sarah en fin d’interview. Bon appétit 😀

1. Hello Sarah, peux-tu nous décrire en quelques mots ton parcours avant ta reconversion extrême : études et principales activités professionnelles ?

Avant ma reconversion j’ai fait un BTS Commerce International puis je me suis orientée vers une Ecole de Commerce ou je me suis spécialisée en Marketing. J’avais très envie à cette époque, comme beaucoup de jeunes filles de mon âge, de travailler dans le secteur du Luxe. Cela me faisait rêver, les grandes marques, les défilés.

A la fin de mes études je me suis rendue compte que nous étions plusieurs à poursuivre le même rêve, les places étaient chères et je n’avais pas trop confiance en moi. Je me suis découvert une préférence pour le Développement Produit, les postes y étaient encore plus rares…

J’ai donc postulé pour des jobs en vente afin de ne pas avoir un trop gros trou dans mon CV, ce qui m’a permis de travailler pour des marques comme Louis Vuitton ou Zadig et Voltaire.

Puis est revenu mon rêve d’enfant : un jour, je m’étais promise d’habiter à Londres (ce que j’ai fait en césure) et au Canada. J’ai donc demandé un visa Vacances Travail et je l’ai obtenu. J’ai d’abord atterri à Montréal, mais l’herbe n’y était pas assez verte, et au bout de 6 mois, je suis partie m’installer à Vancouver.

J’ai adoré la ville, les gens, la mentalité. Seul hic : impossible de trouver un morceau de pain correct, ni un gâteau autre qu’un cheesecake. J’ai eu un déclic un matin en me levant : je me suis souvenue que je passais mes étés avec ma grand-mère dans sa maison de campagne à faire du pain et de la pâtisserie. Je me suis donc renseignée sur les formations, j’ai réservé mon billet de retour, et un mois plus tard, j’étais de retour pour ma nouvelle vie sur le sol français.

2. Quand as-tu commencé à te poser des questions concernant la voie que tu avais choisie initialement ? Qu’est-ce qui ne te convenait plus à ce moment-là ?

J’ai commencé à me poser des questions lorsque j’avais du mal à trouver le job de mes rêves. J’avais l’impression que toutes les portes se fermaient devant moi et le Canada pouvait être un solution pour trouver mieux. Mais cela n’a pas été le cas.

A Vancouver, je me rendais bien compte que ma vie c’était l’étranger. J’avais envie de faire découvrir à tous les Asiatiques, très friands de notre culture, ce que l’on mangeait ce qu’était la France. Là, le déclic d’ouvrir une Boulangerie/Pâtisserie à l’étranger est revenu et tous mes souvenirs avec.

3. De quand date ta passion pour la boulangerie/pâtisserie ? Comment l’as-tu découverte ? T’a-t-elle toujours accompagnée, même quand tu faisais totalement autre chose, ou l’as-tu « redécouverte » au moment où tu as commencé à te poser des questions ?

Ma passion date de mon enfance, des étés dans la cuisine avec ma grand mère à essayer de reproduire les gâteaux en photos dans les livres.

Après, j’ai toujours fait du pain et de la pâtisserie chez moi, j’aimais faire plaisir à mon entourage et je passais pas mal de week-end pour des anniversaires dans ma cuisine.

Vancouver ca a été le déclic, comment des gens peuvent vivre sans connaître le gout d’un bon pain ou d’un bon gâteau ?

C’est vraiment là ou je me suis dis c’est ça que je veux faire. La question qui restait en suspend c’était “vais-je aimer en faire à longueur de temps ?” “Est-ce si différent d’en faire tous les jours ?”

4. L’entourage proche (famille, amis) peut parfois se montrer surpris voire inquiet par une reconversion aussi « extrême ». Comment tes proches ont-ils réagi quand tu leur as fait part de tes nouveaux souhaits de carrière ? Et depuis, y a-t-il eu du changement à ce niveau-là ?

Quand j’ai appelé ma mère pour lui dire que je rentrais dans un mois pour faire Boulangerie/Pâtisserie et que j’étais au courant de la majorité des formations, elle m’a encouragée, et elle ne semblait pas étonnée du tout.

Mes amis eux, m’ont soutenu et me soutiennent à plus de 200%, ils n’ont pas du était étonné et contents.

La douche froide a été du coté de mon père, qui m’a dit qu’un bac +5 pour être Boulangère/Pâtissière cela n’avait aucune utilité. Qui s’est ravisé depuis, surtout quand j’ai commencé la formation et qu’il a constaté que j’étais passionnée. Aujourd’hui, il m’appelle pour m’informer dès qu’il voit ou goûte de nouvelles choses de mon domaine.

Mes parents, ma grand-mère et ma famille, ce sont mes premiers supporters, sans eux je ne serais pas là, il m’ont aidée à me réaliser dans ma passion et mes amis sont mes cobayes testeurs !

C’est bon d’être entourée quand la fatigue et les doutes sont présents, chacun me remet sur les rails à sa façon.

5. Sur le chemin de ta reconversion, as-tu fait des rencontres décisives qui t’ont aidée à poursuivre ton chemin malgré les doutes/difficultés que tu as peut-être pu rencontrer ? Que t’ont apporté ces personnes ?

Oui j’ai eu la chance de bénéficier d’un bon réseau pour obtenir mon CAP Boulangerie Connexe. J’ai rencontré le Directeur des restaurants La Boucherie à Angers qui investit dans la Boulangerie et qui m’a permis de me trouver un patron pour ma formation.

Après il y a eu mes collègues, plus jeunes que moi, qui ne m’ont pas lâchée et qui ont cru en moi, mais aussi mon professeur de Boulangerie M. Basile, qui a fait preuve de bienveillance et d’une grande patience. Il m’a aussi pistonné pour que je trouve un patron pour mon CAP Pâtisserie et je dois dire que j’ai un patron, Simon Lardeux, qui a longtemps travaillé dans les Greniers à Pain et un chef, Florian Bezie, qui a travaillé chez un MOF, qui sont des professionnels accomplis. Ils aiment transmettre et travailler de bons produits.

A l’école de Simon et Florian on apprend tout de A à Z, il y a très peu de place pour les produits industriels. On travaille des produits majoritairement français et de grande qualité. Et surtout on est téméraire et battant !

6. Où en es-tu actuellement de ta reconversion ? Quelles sont les prochaines étapes ?

Pour le moment je passe mon CAP Pâtisserie en juin. J’aimerais faire une Mention Complémentaire mais je n’ai pas encore eu l’opportunité (je n’ai plus de droits Pole Emploi) et il faudrait que mon patron supporte le coût de ma formation et ma rémunération : complexe…

C’est pourquoi je cherche du travail en tant qu’ouvrière Pâtissière partout en France et à l’étranger. J’aimerais trouver une entreprise authentique, qui corresponde à mes valeurs et ou je puisse progresser encore, tout en apportant une valeur ajoutée grâce à mes études et mon regard extérieur.

7. La boulangerie/pâtisserie est un métier qui demande énormément de sacrifices, comme se lever à 3h00 / se coucher à 20h00. Ça ne doit pas forcément être évident à gérer tous les jours. Qu’est-ce qui fait que tu continues dans cette voie malgré les inconvénients ? T’arrives-t-il de regretter le travail de bureau ?

En effet, on vit un peu en marge des autres parfois mais le travail est tellement glorifiant ! On fait quelque chose de nos mains et on donne le sourire aux gens. C’est merveilleux.

Pour rencontrer du monde ce n’est pas évident, c’est vrai. Alors je terminerai peut-être seule dans ma Boulangerie mais j’aurai réalisé mon rêve.

Oh non, je ne regrette en rien le travail de bureau. Etre assis sur une chaise devant un PC, ne parler à personne ou presque, ne pas voir le début ni la fin de ton travail, juste une étape dans la chaîne (en Marketing).

Là je fais des heures mais j’apprends, j’échange, je crée et malgré le fait qu’il faille être rapide en permanence, je ne regrette pas ! J’ai la sensation de vire entourée de gens authentiques et cela fait plaisir, par les temps qui courent.

8. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce nouveau métier ?

Le fait de travailler de mes mains, de se donner à fond et d’apporter du bonheur QUOTIDIEN dans la vie des gens.

9. Le fait de te reconvertir a-t-il fait évoluer ta personnalité ? Ta relation au monde ? Qu’as-tu appris de fondamental que tu n’aurais peut-être pas appris si tu n’avais pas fait ce chemin ?

J’ai appris à assumer, les critiques de mes anciens camarades d’école qui ne comprenaient pas.

Je me suis affirmée, je fais mes choix sans me demander ce que les autres en pensent. Je suis devenue une femme qui continue à se remettre en question pour mieux avancer.

J’ai aujourd’hui conscience qu’on ne peut pas s’entendre avec tout le monde et encore moins plaire à tout le monde, mais j’assume mes choix et ce que je suis.

Ma relation au monde a évolué : je veux travailler de bons produits qui respectent ma planète et mes clients.

Si je n’avais pas fait cette reconversion je n’aurais jamais su que j’étais capable de m’accomplir, de réussir et surtout de m’assumer. Aujourd’hui je sais que mes rêves passent par mes choix, et que tout est possible quand on y croit.

10. De quoi es-tu le plus fière le long de ce chemin parcouru ?

D’être devenue une femme qui s’assume et qui choisit.

11. Comment t’imagines-tu dans 5 ans ? (Dans tes rêves les plus fous)

Je m’imagine à la tête d’une Boulangerie/Pâtisserie à l’étranger pour faire découvrir les richesses de notre beau pays aux autres. Une belle ouverture culturelle !

12. Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se reconvertir mais ne sait pas comment faire ?

Surtout de bien se renseigner que ce soit par le Pole Emploi ou les différentes régions. De contacter les centres de formation, car ils sont à l’écoute et surtout les Chambres de Métiers. Ne pas hésiter à faire des stages afin de se décider.

13. Quel est ton gâteau préféré ? Tu nous donnes ta recette ;) ?

Mon gâteau préféré… Mais il y en a plein ! Le Saint-Honoré, les Macarons, le Mille-feuille, la tarte au Citron Meringuée, les Brownies, le Cheesecake…

Il n’y a pas de recette magique, il faut y mettre tout son cœur, je crois que c’est ça le petit plus !