Le long de la plage

Le soleil scintille au-dessus du rivage. Déjà mi-septembre et dans le ciel bleu azur, pas un nuage. Les flots écumeux viennent doucement caresser les courbes sableuses de la plage. Le paysage est désert à part quelques oiseaux, mon père et maman.

La terre et l’océan.

Avec papa on fait couler le sable fin entre nos doigts. On avance le long des vagues, on ramasse des coquillages. Les mêmes gestes, ce même rituel complice qui traverse les âges. Éternel ? Non. Le sablier est fatalement retourné. Un à un les grains s’écoulent jusqu’au dernier.

L’Atlantique me rend nostalgique ?

Oui. Alors je jette un regard en arrière, aux empreintes laissées par mes pieds et les années. Tout au loin celles de l’enfance, les balbutiements de la vie. Un peu plus près l’adolescence et ses premières fois. La sensibilité à fleur de peau, entre hauts vertigineux et bas abyssaux. Je remonte pas à pas le fil d’Ariane jusqu’à aujourd’hui. Un flot de souvenirs, un torrent de sentiments. Fin de cette douce plongée dans l’eau apaisée du passé. Je tourne l’iris vers le présent.

À peine à quelques mètres, je les vois baignés de cette lumière dorée. Lui et son long manteau vert, elle parée de son écharpe de soie colorée.

Mes parents.

L’allure qui change au fil de saisons, façonnée par la main du temps. Leurs cheveux, à présent constellés de blanc, dansent au rythme du vent. Au fond de leurs yeux aussi ce quelque chose de différent. Une lueur apaisée, un calme serein. Une attention pour la beauté des petits riens. Déjà trente-cinq ans ensemble à bâtir, partager et embellir le quotidien. Sur la plage leurs ombres se meuvent et se mêlent. Main dans la main, Il et Elle intemporel. Je souris, ému et heureux en les contemplant ainsi tous les deux. Avis de marée montante dans les prunelles de mon Île-D’yeu.

Au loin, un chien se rue en aboyant vers une nuée de cormoran. Les oiseaux déploient fièrement leurs ailes et s’élancent vers le firmament.