Des histoires impossibles à finir? Je crois que j’ai trouvé l’astuce.

La semaine dernière on parlait de commencer et de ne pas s’arrêter. Mais maintenant que j’ai soi-disant commencé et que je n’ai pas encore abandonné, comment je fais pour terminer?

Des histoires inachevées tout le monde en a plein les tiroirs. Pourquoi est-il si difficile de terminer l’écriture d’un récit? Pourquoi perd-on l’intérêt ou l’enthousiasme du début? Est-ce parce qu’on se rend compte que ce que l’on croyait génial n’est pas si fameux? On préfère alors passer à autre chose pour retrouver l’excitation du début. D’après mon expérience, la raison pour laquelle les histoires s’arrêtent c’est parce que je les laisse pourrir. Lorsqu’on garde ses idées trop longtemps pour soi, elles pourrissent. Elles pourrissent et contaminent l’histoire qu’on est en train d’écrire. Car au lieu de plusieurs histoires, c’est une seule qui reste et qui vampirise des directions créatrices différentes. L’histoire devient ainsi immortelle. Il faut donc terminer vite. Avant que le monstre ne prenne vie et qu’il ne soit trop tard. Car trop d’idées tuent l’idée.

Comment empêcher votre histoire de vous pourrir la vie?

Comme tout le reste, j’imagine. Limiter la zone d’action. Le périmètre et la deadline. Le périmètre c’est le “quoi”, la deadline c’est le “quand”. On définit le quoi, on défini le quand, et on s’y tient. L’habileté, c’est de définir le « quoi », pour pouvoir estimer correctement le quand.

Définir le quoi.

Mettons une nouvelle de 3000 mots. Disons une limite maximale. Maintenant, le problème est que la nouvelle de 3000 mots doit rester une nouvelle de 3000 mots. Elle ne doit pas se transformer en novella, et surtout pas en roman. Se forcer à ne pas rajouter des choses. Respecter les contraintes. Le “cahier des charges”. Je déteste ce mot. Donc je décide de voir ça plutôt comme un exercice de style. Comme raconter une histoire en utilisant une seule phrase. Ça revient au même, mais c’est plus fun.

Définir le quoi et s’y tenir coûte que coûte. Est-ce que ça bride la créativité? Est-ce que c’est se fermer une porte ou une opportunité? Je ne pense pas. S’en tenir à ce qu’on a décidé et voir ensuite pour le reste. Si l’idée est bonne, elle sera toujours là. Et si elle n’est plus là, je me fais confiance pour pouvoir trouver autre chose.

Anticiper le quand

Ça revient à faire une estimation. Un calcul grossier et mathématique.

Mettons qu’en une séance vous puissiez écrire 500 mots. Si la séance vous prend 3 heures,vous avez besoin de 18 heures pour en venir à bout. Avec une heure par jour, prévoyez 18 jours. Si la séance prend une heure, cela peut-être fait en 6 heures. En se levant le week-end à 5 heures du matin et en travaillant de 6heures à 9heures, votre premier jet de nouvelle pourrait être écrit en un week-end. Ou bien en écrivant une heure par jour le matin, en moins d’une semaine.

Il suffit de faire jouer les paramètres en fonction de ce que vous avez comme temps et de votre vitesse de croisière.

Attention, nous ne venons d’estimer que le premier jet. Il faut estimer les relectures. La vitesse de lecture moyenne est de 300 mots par minutes. Il faut donc compter 10 minutes par passage de relecture. Compter entre 20 minutes et 30 minutes pour une relecture avec annotations. Vous voyez l’idée. Quand vous savez combien de temps va vous prendre telle ou telle tâche, organiser son planning d’écriture est plus simple et se fixer des objectifs réalistes également.

Avec les chiffres évoqués précédemment, écrire une nouvelle complète en une semaine devrait être réalisable sans trop de difficultés. C’est le conseil de Bradbury pour apprendre le métier. Écrire 52 histoires. Dans le lot il y en aura des bonnes.

Pourquoi n’ai-je pas de résultats?

Je ne sais pas. Peut-être parce que tout ce que j’ai dit précédemment est nécessaire, mais pas suffisant.

Est-ce qu’écrire c’est comme lire? Je ne me force plus à terminer la lecture des livres qui m’ennuient. Mais l’écriture, est-ce la même chose?

Non.

Je pense que finir une histoire est l’étape nécessaire pour casser la limite. Stephen King disait quelque chose comme:

Les histoires doivent bien se terminer donc cesser de vous en faire.

Et je viens d’avoir une idée pour terminer mes foutues histoires. Pour terminer, je vais donc : terminer. Vous ne voyez pas? Je le redis: Terminer les histoires. Même si je dois en passer par quelque chose d’aussi ignoble que “Et ils moururent tous subitement en prenant l’avion”.

Mieux vaut une fin de merde que pas de fin du tout. Et quand j’aurai pris l’habitude de terminer mes histoires, je prendrai l’habitude d’en écrire des bonnes.

Samedi 3 décembre

Mots écrits aujourd’hui pour réaliser mon rêve: 0

La suite la semaine prochaine.

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