Le Soldat inconnu
Pourquoi ne s’arrêtent-ils pas de courir?
Dans la boue ne me voient-ils donc pas?
Puisses cette fange me nourrir
Le spectacle mérite bien ce repas.
Tombe la pluie entre les bombes,
Je n’avais jamais vraiment écouter l’eau
Avez vous remarquez le souffle des trombes?
Elles claquent comme la liesse après l’adagio.
Ici les cordes mordent, en un concert sourd,
Mes tripes exposées aux quatre vents
Maintenant l’orage tonne en place des tambours.
Que pleurais-je les requiem auparavant.
Sont ils en train de fuir ou conquérir?
Las, ils ne le savent pas eux même…
Sur les plaines que nul ne peut tenir
La victoire ne dépend que de la mort qu’on sème.
Sous ma joue la boue est tiède
Comme la terre de mon pays chaud
Dont j’escaladais les parois raides
Pour respirer le ciel d’en haut.
Puis-je maintenant me rapprocher de lui
Y élever mon dernier souffle de vie,
Qui reste en ma chair
Qui reste en cette terre.
Puisse cette boue s’enfoncer tel un puit,
Me laisser, misérable, tomber dans l’oublie.
Que seul mon âme garde la paix,
mon visage, une icône dont on efface les traits.
