La vendeuse toxique



Samedi après-midi fin juillet, ma compagne et moi-même avons été au Grand Optical Montparnasse pour renouveler ses lunettes de vue.

Nous avons alors été harponnés par le pire spécimen de vendeuse qu’il soit, la vendeuse toxique.

Cette dernière survit habituellement dans les micros structures où l’absence de contre-pouvoirs hiérarchiques favorise ses troubles mentaux. Pourtant, elle était présente dans cette boutique d’une quinzaine de salariés au moins.
Tout porte à croire que même si le droit du travail lui a évité la porte, sa hiérarchie n’a pas été indifférente à son caractère toxique en la privant de la moindre responsabilité d’encadrement malgré son âge avancé vers la retraite.

La manifestation immédiate du poison


D’une part, ce spécimen déploie une voix exagérément poussée dans les aiguës pour renforcer une attitude obséquieuse.

D’autre part, elle trahit le caractère artificiel de son amabilité avec une condescendance irrépressible.

Ce désaccord interne entre obséquiosité hypocrite et condescendance irrépressible révèle la douloureuse intériorisation d’une violence froide envers les autres et tout particulièrement envers ce qui ne lui ressemble pas, la jeunesse.

Plusieurs éléments révèlent l’intériorisation de cette violence.

La contradiction bête et méchante


Le premier est l’emploi systématique de la contradiction pour rabaisser son interlocuteur quitte à former une boucle et se contredire elle-même sans s’en apercevoir.

La contradiction est ainsi employée non pas légitimement mais uniquement par principe en tant qu’outil de domination de son interlocuteur. Ainsi, même lorsqu’elle se retrouve à affirmer involontairement ce qu’elle contredisait un instant plus tôt, elle n’hésite pas à renouveler sa tentative de domination au détriment même de la cohérence de son propos.

Son seul but ici est d’avoir le dernier mot pour préserver son sentiment de supériorité ainsi que la fierté qu’elle y attache même au détriment du processus de vente.

L’inertie stérile et délibérée


Le deuxième élément est le fait de choisir délibérément de ne pas répondre à une question simple et de faire attendre inutilement son interlocuteur. Ce délai injustifié et systématique qui crée une tension inutile est une autre tentative de soumission d’autrui employée par ce type de personnalité. En effet, son contrat de travail lui impose légalement de satisfaire les interrogations des clients.

Néanmoins, elle ressent cette obligation comme une réduction de son statut. Elle tente donc de compenser ce qu’elle perçoit comme un acte de soumission en allant chercher plus bas qu’elle-même. Ici, ce mécanisme de compensation s’exerce par le fait de soumettre son interlocuteur à une attente dénuée du moindre motif.

Le délai qu’elle impose dépend de la durée qu’elle estime suffisante pour ressentir une forme de jouissance du pouvoir, caractéristique des personnalités perverses (ou petit bourgeois au choix).

Nul besoin de préciser combien cette attitude est à la fois toxique, désagréable et totalement stérile dans le processus de vente.

Les présomptions surannées


Le troisième élément est le fait de mettre ses interlocuteurs dans l’une des trois cases qui administrent sa vision UMP du monde :

Prolo idiot (nous forcément car pas assez bien vêtus ce jour là)
Bonne famille (Cyrillus ou rien)
Senior (à condition d’être CSP+ sinon voir case divers invisibles).

Nous observons que son manque de nuance n’a d’égal que son manque de culture voire davantage.

Le respect accordé à chacun est donc toujours conditionnel. C’est à travers son prisme simpliste qu’elle établit des présomptions surannées révélées lorsqu’elle s’en sert de socle pour en valider la véracité à l’aide de questions paternalistes, stériles et contre-productives dans le processus de vente.

Au final, nous avons été dépenser notre argent ailleurs. Le regard complice de compassion que nous avons échangé en partant avec ses jeunes collègues a confirmé que nous n’étions pas les premiers.