Commission des Affaires Etrangeres, Audition ouverte à la presse, de M. Angel Losada, Représentant spécial de l’Union Européenne pour le Sahel

Le Mardi 18 juillet 2017

Retrouvez les vidéos et verbatims de la Commission des Affaires Etrangères du mardi 18 juillet 2017, accueillant M. Angel Losada, représentant spécial de l’Union Européenne pour le Sahel.

Question de M. le Député Son-Forget

« Monsieur le représentant spécial, merci de votre magnifique intervention.
J’aurais deux questions courtes, très liées : d’abord vous avez exprimé avec justesse l’avantage du G5 Sahel, c’est-à-dire la capacité d’une intervention transfrontalière. En tant qu’ancien ambassadeur au Nigéria, j’ai noté combien vous étiez sensible à la situation de Boko Haram qui ne connait également pas de frontières puisque après le départ de votre poste, ou l’année suivante, on a pu voir des incursions en Nord Mali, les années suivantes des incursions dans d’autres pays voisins, le Tchad, le Mali, le Cameroun, et j’aimerais savoir quels moyens nous pouvons déployer pour la sécurité de ce pays qui est sous la bande sahélienne, mais qui, comme vous le savez, a une démographie très importantes, des ressources très importantes, et qui doit faire partie de nos préoccupations.
Ma deuxième question fait écho à votre compréhension du problème de gestion de l’eau, qui est étroitement lié à la question du terrorisme dans la région : quant au bassin du lac Tchad, qu’en est-il actuellement du projet Transaqua et donc de l’approvisionnement en eau, en provenance des affluents du fleuve Congo avec ce projet qui aurait pour destination de passer dans la vallée du Chari et qui pourrait représenter un des grands espoirs, dont on parle depuis le début des années 80 et qui pourrait être achevé avec une velléité européenne.
Merci. »

Réponse du Représentant spécial

“C’est un projet fondamental à tous les points de vue.
L’aspect (relatif à) l’agriculture, je l’ai mentionné, dans le delta du Niger où nous avons une possibilité énorme pour nourrir pratiquement tout le Sahel, et même encore plus…et nous allons travailler dans ce sens. Notre relation avec l’OIM est très forte. L’Union européenne travaille avec l’OIM en très étroite collaboration pour les retours volontaires. Comme vous le savez, l’OIM ne prétend qu’aux retours volontaires des migrants et c’est une question dont nous devons tenir compte.
Quant au Nigeria, j’ai une faiblesse pour ce pays ou j’ai passé cinq ans en tant qu’ambassadeur. C’est un pays de 190000 millions d’habitants. C’est un pays clé, on ne peut rien faire avec et on ne peut rien faire sans. C’est un pays fondamental, dans tous les sens.
J’étais hier avec le National Security Advisor qui a justement mentionne sa volonté de remettre de l’eau dans le lac Tchad qui a perdu 90% de son extension, j’ai également écouté des points de vue techniques, d’autres versions, qui disent que l’assèchement du lac a également un aspect positif, c’est-à-dire qu’il a livré des terres très riches et cultivables. Plusieurs aspects doivent donc être étudiés, il y a plusieurs projets à l’Union Européenne qui sont en train d’être étudié sur le bassin du lac Tchad, mais je me centrerai surtout sur la question sécuritaire et de Boko Haram.
Boko Haram, quand j’étais quitte le Nigeria, était en train de naitre. Il a eu des effets dévasteurs pour la région autant du point de vue économique que du point de vue social. Boko Haram été très fortement attaqué et sa capacité a été très fortement réduite grâce à une action concertée des pays africains, de la force multinationale, qui a sous l’égide du Nigeria, a obtenu des résultats admirables. C’est un peu cela, cette force, qui a servi d’exemple pour la force conjointe du G5. Dans ce sens, le Nigeria joue un rôle fondamental. J’ai demandé hier au National Security Advisor ses impressions sur le G5, et il le voit d’une façon très favorable. Le G5 est accepté par le Nigeria même s’ils n’en font pas partie.
En fin de compte le Nigeria est le premier pays d’Afrique, le premier PIB en Afrique, le pays dont la croissance est la plus forte et le principal émetteur de migration, ce qu’il ne faut pas oublier, surtout dans la région d’Edhaun et de Bénin City, qui est un peu l’origine de 60% à 70% de la migration, qui d’ailleurs avant allait en Espagne. L’Espagne avait signe un accord, que j’avais d’ailleurs moi-même négocie, de migration avec le Nigeria qui fonctionnait bien. Mais c’est une masse de population tellement importante qu’il toujours très difficile d’arriver (à gérer).
Le Nigeria est un pays très complexe et clé dans la région. Il accepte le G5, de ce point de vue, nous sommes donc plus ou moins tranquilles.”
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