Morale, éthique, loi etcaetera.

En choisissant Emmanuel Macron et la République En Marche, les Français ont exprimé le souhait d’un renouvellement des pratiques et des usages. A cet égard, il est essentiel que chacun de nous, élus, au Parlement ou au Gouvernement, soit exemplaire dans l’exercice de son mandat.

N’ai-je pas été assez clair ce matin sur RMC? Je crois que si, pour qui voudra bien dépasser la valence émotionnelle portée par l’exemple utilisé, qui dans notre contemporanéité, celle que je n’ai pas besoin de vous rappeler, celles des usurpateurs de Dieu, ne porte plus les valeurs étymologiques du mot charia, car il semble que šarʿ signifierait magnifiquement « la voie qui mène à l’eau, à la source de vie ».

Ceux qui me connaissent, et ceux qui apprendront à me connaître, comprendront mon ouverture sur les cultures du monde, et au-delà, sur le besoin de tout un chacun de contemplation et d’introspection, par exemple dans le vécu de sa foi, qu’elle qu’elle soit, tant que la sphère publique ne se trouve pas menacée.

Maintenant quelques réflexions.

La loi. Elle n’est idéalement ni morale, ni immorale, ni amorale, mais elle est la règle que nous nous sommes données, librement et dans un cadre démocratique s’agissant de notre pays, dans notre présent et notre passé récent. Elle doit être la même pour tous, élus et non-élus, qu’elle permette ou qu’elle condamne. Est-elle impénétrable par la morale, l’éthique, la déontologie? Probablement pas. Mais ces cinq concepts ne sauraient souffrir la confusion. Ils seront à nouveau matière à débat, et tant mieux.

Débarrassons-nous de la déontologie, la « science de ce qu’il faut faire », il s’agit des devoirs à remplir dans le cadre de sa fonction professionnelle. Simple me direz-vous.

La notion de morale renvoie à une tentative de discernement entre le bien et le mal. Dangereux horizon n’est-ce-pas? La tentation n’est-elle pas toujours grande de faire vivre les antagonismes pourvu que cela semble « logique », « cohérent », « normal », dans l’empirisme ambiant?

L’éthique nous conduit plutôt vers l’idée d’une science de la morale et renvoie donc en quelque sorte à une méta-analyse de la morale.

Pourtant, les deux étymologies, respectivement latine et grecque, font toutes deux référence aux moeurs.

L’éthique ignore néanmoins la dimension culturelle, et de conformation à certaines coutumes d’une société donnée. Le conformisme, dirigeant, par excès de bonnes intentions apparentes, voilà où je redoute qu’on se dirige, si vous me permettez la digression.

Revenons en à la morale. La morale peut être une auto-discipline qu’on choisit de s’imposer plus ou moins librement, et donc hautement subjective. Une dérive de langage pourrait donc, comme je l’ai fait au passage en parlant d’éthique personnelle (c’est la seule chose pour laquelle je demanderai des excuses à mes auditeurs et lecteurs, dont acte) conduire à penser qu’on peut avoir une vision personnelle de l’éthique également. Cela semble nous éloigner d’une science, par ce biais de la personnalisation, à mesure que l’éthique ne serait plus éprouvée par la confrontation aux faits.

Rousseau ose même « L’astronomie est née de la superstition; l’éloquence de l’ambition, de la haine de la flatterie, du mensonge; la géométrie de l’avarice; la physique d’une vaine curiosité; toutes et la morale même, de l’orgueil humain. » N’en jetez plus.

La morale et le droit s’interpénètrent quand la morale prend une dimension collective. La morale ne me semble pas devoir influencer impunément le législateur quand elle altère la liberté de l’individu d’une part par trop de présence et de confirmation du conformisme de quelque nature qu’il soit, mais aussi quand elle ne protège plus les individus, par son apparente absence par exemple, dans la loi dite « de la jungle », en conséquence bien factuelle.

Dans la notion d’éthique, de manière fortement intéressante, s’immisce une notion supplémentaire, celle de l’aspiration d’un peuple donné au bonheur collectif, notion présente dans la définition de l’éthique selon une vision « Spinoza » du monde. Une définition plus « Kant » introduirait plutôt l’idée d’une distinction entre ce qui est et ce qui devrait être. Oh oui, nous pourrions aller plus loin, le bonheur est-il le but ultime d’une existence? Pas si sur, mais on se gardera cette discussion pour plus tard.

Oui, « c’est compliqué »; oui à situation complexe, réponses complexes; oui, la définition des lois — et celle du Talion, celle de la réciprocité du crime et de la peine, n’est pas souhaitable — est également hautement dépendante de l’évolution des sociétés et des moeurs. A moins, que, j’entrouvre une autre porte vers la tempête Twitter, l’altruisme soit un concept universel et ontologique à l’homme et qu’il n’y aurait donc pas autant d’échelles de valeurs, mais une seule?

Mais je le répète, il n’est pas souhaitable qu’une idée éphémère de la morale, même mémétique, vienne supplanter la loi de la République, durement acquise, fragile. Celle-ci doit trouver ses défenseurs et ses innovateurs censés, acteurs du temps long. C’est exactement dans la gravité de cette réflexion que s’ouvre notre travail de parlementaires en herbe.

Le temps long mais l’urgence d’agir, « en même temps ». Tel est le temps de la conception de la loi, via les outils démocratiques, le débat parlementaire. Heureux soyons nous, citoyens de la République française. Pour en revenir à une situation factuelle, je me suis exprimé pour une vision engagée et renouvelée de la vie politique, loin des conflits d’intérêts et désintéressée de visée d’enrichissement personnel autre qu’intellectuel et social. Car nous ne sommes que ce que nous vivons ici-bas, avec les autres, en chérissant ce que nos existences nous offrent de liberté, et en conscience de notre pleine interdépendance. Pour que co-existent Liberté, Egalité et Fraternité.

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