Le débat sur Uber au Québec n’a plus rien à voir avec l’industrie du taxi.

Que l’on soit pour ou contre Uber, le débat sur la place publique aujourd’hui n’a plus rien à voir avec l’industrie du taxi, car celle-ci a officiellement et lamentablement échouée à entendre les signaux de ses consommateurs. Uber n’a que saisi l’opportunité de s’approprier les solutions pour le plus grand bénéfice des consommateurs de transport urbain.

Comble de leur complète incompréhension, les taxis utilisent comme moyen d’expression les manifestations, alors que celles-ci briment leur propre clientèle et mine davantage l’effort de relation publique. Ses méthodes confirment une génération dépassée, à court d’idée et d’intelligence pour renverser la faveur populaire. C’est un échec retentissant pour cette industrie qui se croyait confortable derrière une forme de monopole légal. Ce confort est devenu leur talon d’Achille. La morale de cette histoire est davantage une morale d’affaires: aucune industrie n’est à l’abri.

Au beau milieu d’une fracture générationnelle

Ce qui se déroule sous nos yeux c’est le choc des générations, celle qui a vécu à l’ère industrielle et celle du numérique. D’un côté les X et boomers, de l’autre les milléniaux qui embrasse une socioéconomie numérique. Cette majorité en place, les X et les boomers, est celle à la tête du Québec inc., de la fonction publique et de notre classe politique: trois secteurs clés de notre société. Suffit de fouiller un peu dans les médias pour être au fait des analyses accablantes sur le retard que nous avons avec l’économie numérique. Le Québec doit passer à travers des changements majeurs.

Une économie globale face à des réglementations locales

Voilà le vrai débat, celui qui intéresse notre génération (car j’en suis). Comment aborderons-nous comme société les principes d’une économie réglementée de façon territoriale, alors que la nouvelle économie n’a plus de frontière. C’est là où le bât blesse, car les entreprises utilisent des stratagèmes d’évasion fiscale et vont à l’encontre du respect des mécanismes de société encadrés par les lois de taxations locales, celles qui nourrissent notre économie locale… apparemment. Sentez bien ici mon cynisme face au modèle de gestion de l’état actuel qui prend lui aussi un sérieux retard à se renouveler.

Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt

Bien que Uber soit celui qui est aujourd’hui pointé du doigt dans la tourmente médiatique, il faut avouer que nous acceptons un aveuglement volontaire depuis un bon moment. Avant même que Uber existe, plusieurs géants des technologies, pour ne nommer que Google et Facebook, connaissent du succès et jouissent d’une popularité sans égal. Pourtant, elles usent aussi de pratique d’évasion fiscale largement discutable.

La prochaine génération doit rapidement faire preuve de leadership dans la façon d’aborder cet enjeu. Non pas en adoptant des mesures visant à contraindre les entreprises, mais à adopter le changement et à être créatif sur comment stimuler l’économie ici alors qu’elle proviendra de plus en plus de l’extérieur.