#3 Captila — Une aventure source d’apprentissage et de développement personnel

Dans notre dernier article, nous avons explicité les raisons de l’arrêt de Captila ainsi que certains aspects de notre stratégie que nous aurions dû faire autrement. En plus de ces enseignements en terme de stratégie, nous tirons de cette aventure beaucoup de compétences, qu’elles soient opérationnelles ou comportementales, que nous n’aurions pu acquérir aussi vite par une autre expérience professionnelle ou par une formation aussi prestigieuse soit-elle.

« La meilleure façon de démarrer quelque chose est de cesser de parler et commencer à agir. » Walt Disney

La chose la plus importante à comprendre est que toutes ces compétences nous les avons acquises parce que nous avons agi. Agir est le maître-mot de l’entrepreneur. Si tu n’agis pas, rien ne se passe. Si tu ne décroches pas le téléphone pour appeler des prospects, ce n’est pas eux qui viendront à toi. Si tu procrastines, c’est autant de temps de perdu dans l’avancée de ton projet. Si tu ne prends pas tes responsabilités, personne ne le fera pour toi. Et c’est ce fait de toujours devoir se mettre en action qui accélère l’apprentissage.

Je séparerais les compétences acquises en deux catégories distinctes.

Compétences opérationnelles

La première catégorie est l’ensemble des compétences opérationnelles, c’est-à-dire l’ensemble des savoir-faire qui nous seront utiles dans les différents postes que nous occuperons dans le futur :

  • Savoir faire une analyse de marché, une segmentation : poser les bonnes questions, être à l’écoute, synthétiser, analyser le besoin, faire preuve d’empathie en cherchant à se mettre à la place de l’interlocuteur pour mieux comprendre son problème
  • Etre innovant : brainstormer en équipe et construire un produit adéquat et réalisable rapidement
  • Savoir prospecter : adopter le bon discours, adapter ce discours à l’interlocuteur, attraper son attention, faire acheter
  • Savoir communiquer : se faire connaître via les réseaux sociaux, par mail ou par téléphone
  • Faire un Business Plan viable et s’y tenir
  • Travailler en équipe et se répartir les tâches

En résumé, nous avons développé des qualités en gestion de projet, en ventes, en marketing, en communication, etc. Une vision 360 du projet que très peu de postes de salariés peuvent se targuer d’apporter. Nous étions confrontés à nous-mêmes pour apprendre. Nous nous sommes trompés plusieurs fois mais nous avons su rebondir et nous réadapter. Et cela nous a été très bénéfique. “Fail fast, Learn fast” comme on dit.

Compétences comportementales

L’autre catégorie de compétences est ce que j’appelle les compétences comportementales. Ce sont celles qui nous serviront non seulement dans notre vie professionnelle mais également dans notre vie personnelle, plus liées à notre personnalité.

Tout d’abord, entreprendre c’est avoir des responsabilités. C’était à nous de prendre les décisions stratégiques, de donner la vision de l’entreprise, d’avoir la lucidité pour pivoter ou attaquer un nouveau secteur. Cela nous a appris à être pro-actifs, à être autonomes et débrouillards, à prendre des initiatives et à assumer nos décisions.

Etre entrepreneur c’est aussi savoir s’exprimer en étant sûr de soi (ou du moins en faisant comme si) et savoir argumenter de manière réfléchie. Pas un jour ne passe sans que vous ne parliez de votre projet à quelqu’un. Que ça soit une nouvelle rencontre à laquelle vous présentez votre projet, ou quelqu’un que vous devez convaincre. Je pense par exemple à toutes les entrevues que nous avons pu avoir avec des personnes haut placées dans les entreprises : directeur communication, DRH, directeur d’usine, etc. Nous avons appris à leur parler en face-à-face pour défendre notre projet sans nous démonter.

Etre entrepreneur, c’est aussi savoir gérer émotionnellement les hauts et les bas de son entreprise. Nous avons essuyé beaucoup de refus de la part d’entreprises pour la mise en place d’un test chez eux jusqu’à enfin obtenir l’accord d’une entreprise pour tester notre idée. En nous prenant ces murs, nous avons affiné notre offre et notre discours afin d’être plus convaincants et légitimes. Ainsi, on passe très rapidement des moments d’euphorie aux moments de doute mais il faut être conscient que ces moments sont éphémères pour continuer à garder son focus et suivre son fil conducteur. En tout cas, jusqu’au moment où il n’est juste plus possible de le tenir.

C’est d’ailleurs une autre qualité que nous avons dû développer à nos dépens. Savoir s’arrêter est une vertu car c’est une preuve qu’on se connaît suffisamment bien pour se rendre compte que ce que l’on fait au quotidien n’est plus en accord avec nos valeurs personnelles.

De manière générale, l’entrepreneuriat nous a permis de mieux nous connaître nous-mêmes, de mieux comprendre ce que nous voulions et ce que nous ne voulions pas faire, de détecter nos forces et nos faiblesses.

L’entrepreneuriat nous sort de notre zone de confort puisque nous sommes obligés d’inspecter tous les aspects du projet. Beaucoup de postes en entreprise vous permettent de vous développer dans le silo dans lequel vous êtes déjà à la base le plus à l’aise (soit on est en ventes, soit on est en marketing, soit on est tech, etc.) et vous “utilisez” d’autres personnes pour avoir les compétences complémentaires.

Plus que la comparaison à d’autres professions, il est clair que l’entrepreneuriat est une source d’apprentissage énorme qui n’a pas vraiment d’équivalent en terme de formation. Ainsi, quelque soit l’issu d’une aventure entrepreneuriale, cette expérience est plus que valorisable dans un CV. Au mieux l’entrepreneuriat nous apporte le succès, au pire l’entrepreneuriat nous offre des opportunités auxquelles nous n’aurions sûrement pas accès avant (ou tout du moins pas aussi vite).

Il n’y a donc aucun risque à entreprendre surtout quand on est jeune !

Toutes ces compétences acquises nous poussent à avoir de nombreuses perspectives d’avenir que nous serons heureux de vous présenter dans le prochain article.

Stay tuned

A bientôt,

Jules et Christophe