Quelle fichue configuration audio pour mes vidéos ???

“Apprendre à présenter son projet avec coeur et les moyens du bord en vidéo”. C’est le nom du parcours de formation que j’ai créé. Durant ce parcours (semé d’embuches !) de l’auto-production audiovisuelle, le vidéaste amateur passe indéniablement par la case “prise de son”. Quand on sait que “le son prévaut sur l’image”, on a de quoi se poser la question. Mauvaise nouvelle, je n’ai pas vraiment encore trouvé de réponses…

Ceci est tout sauf un micro pour faire de vidéos (mais il était vraiment joli…)

Pourquoi il n’existe pas de réponse à cette question

  1. On ne peut pas conseiller honnêtement d’acheter un micro sans l’avoir testé et comparé à d’autres avant…
  2. …or, il existe tellement de marques et de modèles différents qu’il est impossible de tous les connaître.
  3. Il est difficile d’envisager l’achat d’un micro sans prendre en compte la configuration du “parcours du son” (entrées, sorties, préamplification…)…
  4. … et de l’utilisation que l’on veut en faire (intérieur, extérieur, debout, assis…)…
  5. …du niveau de qualité que l’on souhaite (amateur ? professionnel ?)…
  6. … et enfin du budget que l’on souhaite y allouer (de 5€ à 3500€)

Tout va dépendre de ta capacité à te confronter à la matière

Se mettre à la vidéo c’est forcément devoir faire face à la technique et la matière. Aussi, la meilleure façon de savoir quel est le meilleur “montage son” pour toi, c’est de “mettre les mains dans le cambouis” :

  1. Se poser les bonnes questions :
  • A quoi je vais relier mon micro ? Est-ce que l’appareil qui enregistre à une entrée micro ? (Si ce n’est pas le cas il va falloir enregistrer avec un enregistreur externe.)
  • Qu’est-ce que je veux faire comme type de prise de son (interview, son d’ambiance, dehors, dedans, musique…)
  • Est-ce que je veux un son pro ou amateur ? Si je veux du pro, suis-je prêt(e) à investir ? Si je veux de l’amateur, suis-je prêt(e) à réduire mes exigences ?
  • Quels est mon budget ? (Ici il est facile de s’attendre à ce que la technologie aille de paire avec le prix : plus le prix est bas moins la qualité est élevée).
“Je veux faire un Vlog sur lequel je publie des vidéos spontanées prises avec mon téléphone portable. Je cherche donc un micro à relier directement à mon téléphone. Les prises de vues seront des gros plans fixes sur ma tronche (en intérieur et en extérieur). Je ne veux pas un son professionnel mais juste un son un peu plus clair et focalisé sur ma voix. J’ai un tout petit budget.”

2. Mettre “les mains dans le cambouis” et aller voir des tutos, chercher, comparer et oser acheter !

Fouille ! Parcours le web, va sur des forums, regarde des vidéos de présentation de matos, lis des articles de comparaison et de test. Non seulement tu vas mieux savoir ce dont tu as besoin mais tu vas aussi développer ton sens de l’autonomie et ton esprit critique.

“Maintenant que je sais mieux ce que je veux faire en vidéo, je parcours le web et découvre une grande quantité d’options. Je découvre entre autre que le son de mon kit main libre peut peut-être faire l’affaire. J’achète quand même un micro que plusieurs Youtubeurs conseillent pour tester.”

3. Tester les micros qui t’intéressent (Test basiques. Pour des configuration plus complexes avec des pré-ampli par exemple, c’est encore autre chose).

Une fois que tu as reçu/récupéré les micros ou enregistreurs externes (zoom, dictaphone…) qui t’intéressent, installes-toi confortablement dans une pièce silencieuse qui ne résonne pas.

Relies ton micro à ton appareil via l’entrée micro (mic).

Enregistres 30 secondes du même propos avec chacun des différents micros (et/ou appareils). Fais aussi une prise sans micro.* Tu vas vite voir ce qui te convient ou pas et quel est le son le plus clair.

*Points de vigilance :

  1. Le gain : selon l’appareil qui enregistre tu peux parfois régler le gain (volume de l’entrée du micro réglable depuis le menu de l’appareil qui enregistre). Si c’est le cas, veille à ce que l’audiomètre (celui qui mesure le volume représenté par une petite barre qui monte et qui descend en fonction de si tu parles fort ou pas) affiche le même gain, soir 2/3 de l’affichage au total.
  2. la disposition : veille à ce que pour chacune des prises les micros soient placés au même et au bon endroit (le plus près de la bouche possible et dans le sens du souffle tout en restant vigilant à ce que le gain (représenté par l’audiomètre) ne sature pas.

L’exception qui confirme la règle : le smartphone

J’ai moi-même mené ce parcours du combattant (tant et si bien que j’ai aujourd’hui une petite dizaine de micro-cravates de marques et modèles divers et variés !).

Parmi mes recherches (co-menées avec Mathias Lahiani, ingénieur du son professionnel) et contre toute attente, le smartphone s’avère être l’outil de prise de son amateur le plus performant s’il est bien positionné (au plus près de la bouche et dans le sens du souffle). Ceci s’explique par le fait que c’est un outil beaucoup utilisé. La technologie y est donc plus développée.

La bonne nouvelle c’est que la plupart d’entre nous en sommes déjà équipé.

La mauvaise nouvelle c’est qu’il joue le rôle d’enregistreur externe. La piste de son et donc dissociée de la piste vidéo. Il faudra donc passer par une étape de synchronisation audio/vidéo ce qui rajoute un peu de complexité au moment de la post-production (montage).

Courage ! Ta configuration audio idéale existe ! Elle est là quelque part sur la toile à t’attendre… A toi de te poser les bonnes questions et d’avoir le courage de te plonger dans l’univers rigoureux de la technique. Et puis si jamais tu as besoin je suis là :-)

A bientôt !

Julia Barbelane, vidéaste pour les entrepreneurs du changement www.juliabarbelane.com