La nouvelle route de la soie : quelques réflexions sur la vision long-terme chinoise

Le Monde publie ce jour le premier d’une série d’articles consacrés à la Chine de ce début de XXIeme siècle, ses ambitions et ses évolutions.

Il y explique de manière fort intéressante l’initiative de la « Nouvelle route de la Soie », appelée officiellement One Road One Belt, destinée en premier lieu à renforcer les liens commerciaux de la Chine.

Quelques leçons que je tire de cet article et de la réalité de la Chine contemporaine :

  • Les dirigeants chinois pensent fondamentalement le long-terme. Un projet comme celui-là vise des impacts à une ou deux décennies, et cela ne fait pas peur à la Chine.
  • Le parti communisme a au fond un objectif fondamental : sa propre survie. La notion d’équilibre et de stabilité est au cœur de la pensée chinoise. Dans le même temps ces notions ont complètement disparu des schémas de pensée occidentaux. Pour les Chinois, stabilité ne signifie pas immobilisme mais bien la prise en compte d’un système complexe et dynamique (voir la Pensée Systémique).
  • La Chine raisonne en cercles concentriques autour de l’Empire du Milieu. Dans le premier cercle (Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande, Myanmar, Corée du Nord, Mongolie) les liens sont tissés non seulement en termes économiques mais aussi politiques. L’idée est d’exporter le modèle politique chinois quand c’est possible et dans tous les cas de tisser des liens très forts avec les élites. Dans le second cercle (Asie centrale, Afrique) on tisse des relations économiques en investissant massivement dans les infrastructures et en mettant à disposition le système financier pour prêter à tout va. La force des liens commerciaux ainsi que les dettes permettent à la Chine d’exercer une influence majeure sur ces pays. Les pays du troisième cercle sont ceux avec lesquelles elle entretient simplement des relations économiques. Dans ce cas, non seulement ce sont des marchés privilégiés pour les exportations chinoises, mais le pays cherché à sécuriser les acheminements, en termes de transports maritimes (port du Pyrée) ou logistique.
  • C’est une évidence mais cela mérite d’être dit : la Chine se projette et se vit comme la seconde puissance politico-economico-militaire mondiale. Avec cette vision à 20 ans, elle développe et s’équipe dans ce sens.

Si le régime politique chinois est très loin d’être un modèle, sa manière de se projeter dans le monde à un horizon moyen terme gagnerait à être pris comme source d’inspiration dans nos contrées…