Web 3.0, metaverse et NFT : derrière les fantasmes, une bulle ET/OU une révolution?

Partie 1 : Etat de l’art

Pas un réseau, média ou poste Linkedin n’échappe aux tendances du moment : « Metaverse », « NFT » et « Web 3.0 ».
Ils ont rapidement remplacé les « blockchains », « crypto monnaie » et même « IA » qui ont fait le buzz de 2021. Pourtant étroitement liés…
Les projets à la pêche aux investisseurs sont légions; les spéculateurs parient sur la valeur du 1er tweet vendu sous NFT; les journalistes d’actualités techs s’excitent et se voient déjà dans des mondes totalement virtuels à la « Ready Player One »…

A son habitude, un buzz dans le domaine du numérique entraîne son lot de “pour” et de “contre”, de fantasme, de raccourcis, de peur, d’exagération et de projection.
Finalement, le problème ne viendrait-il pas plus de la manière dont sont traités ces concepts plutôt que de leurs intérêts; des innovations, voire des bouleversements qu’ils peuvent amener?

Sommes-nous entrés dans une bulle ou dans une vraie révolution numérique?

Un article en deux parties où nous tenterons dans un premier temps de décrypter ces sujets; avant de nous projeter dans ce qui pourrait être réellement le Web 3.0; c’est-à-dire le numérique de demain, voire d’aujourd’hui…

Être pragmatique!

Sans pragmatisme, pas de vision à long terme.

Revenons aux origines de ces concepts et analysons la raison de leur existence et les objectifs de leurs créateurs.
Pour savoir où nous allons, il faut savoir d’où nous venons.

Web 3.0? Une question de phases…

Source : pxhere

Nous tentons de segmenter le web et le numérique en plusieurs grandes phases ou périodes. Mais elles ne sont pas tranchées. Le passage de l’une à l’autre peut se faire sur plusieurs années; avec des innovations technologiques et des usages qui font le lien entre une phase et une autre.
Plus le temps passe, plus ces phases sont étendues et se dilatent. Ce qui amène à des désaccords à la fois sur leur début et leur fin, mais aussi aux concepts principaux qui les constituent.
Certains vont même dire qu‘elles n’ont pas lieu d’exister et que le digital est en continuelle évolution. Mais pouvoir segmenter permet de prendre conscience de changements suffisamment structurants qui touchent la société numérique.

L’histoire commence avec le Web 1.0 Celui que l’on pourrait appeler le “Web de l’information”; où l’utilisateur n’est qu’un lecteur passif.
Pas ou peu d’interactions, le Web est calqué sur les supports traditionnels mais permet un accès à un maximum de contenus disponibles à n’importe quel moment pour tous ceux qui le souhaitent.

Le Web 2.0 est celui où l’utilisateur se transforme en acteur en participant aux contenus. Le Web devient également un outil en répondant à des besoins divers (e-commerce, administratif, professionnel,…).
Il évolue en un support social et communautaire où les échanges de toutes sortes alimentent ce nouvel univers.
En outre, c’est à ce moment-là que le digital commence à sortir du Web “classique” et s’étend à d’autres supports comme les smartphones et objets connectés; et créent de nouveaux usages à l’origine d’interactions avec le monde physique.

Le Web 3.0, avant d’en dire plus, sera justement ce monde où numérique et physique sont étroitement liés.

NFT, qu’est-ce?

Opensea, une place de marché des NFT

Un NFT est un “token”, c’est-à-dire un jeton.
Rappelons qu’en informatique un token permet de signer numériquement une identification (identification sur un service, un device…). C’est donc un certificat!

Un NFT a le même objectif. En outre, il est basé sur la technologie blockchain.
Je vous conseille de vous informer sur cette technologie, car elle est un élément fondateur de très nombreux concepts de cet article; et sera sans aucun doute également un concept structurant du futur du numérique.
La blockchain permet de décentraliser (sur l’hébergement, la validation, les règles…) le transfert de données. Et donc d’éviter un monopole de gestion de ce transfert de données par un tiers unique; tout en proposant la meilleure sécurité informatique à grande échelle.

Un NFT va donc servir à signer l’identification de deux personnes, ou machine ou programme, qui s’échangent des données grâce à la technologie blockchain. Du moins, à certifier cet échange.
De plus, le NFT n’est pas le seul type de token sur la blockchain. Mais le NFT est spécifique car indivisible, unique et non interchangeable.

Le NFT est donc une solution pour de nombreux moyens d’authentification sur la blockchain.

Il peut servir à valider la propriété d’un bien numérique ou d’un acte de propriété stockés numériquement. Par exemple un acte notarié pour une maison ou autre.

Il peut servir tout simplement à s’identifier sur un service qui utilise la blockchain.

Il peut servir à représenter un vote.

Il peut servir à signer de manière ultra sécurisée une application qui commande des objets connectés.

Il peut servir dans le retail à prouver la propriété d’un objet à l’achat et à la revente.

Et dans le traçage des produits (car il n’est pas possible de changer l’historique d’un NFT et donc l’historique du produit)…

Un NFT peut représenter un acte de propriété de n’importe quel bien ou valeur!

Les artistes digitaux n’avaient pas les moyens jusqu’à aujourd’hui de valider la propriété d’une œuvre dans le cas d’une vente. Car une œuvre digitale peut se reproduire/se copier plus facilement qu’une œuvre physique. Le NFT est donc une vraie solution.
Or les œuvres d’art numériques sont soumises à la spéculation (achat et revente) comme n’importe quelle œuvre d’art physique, mais aussi comme n’importe quel bien qui peut se “collectionner” (cartes de jeux, figurines, objets ayant appartenu à une célébrité… Un exemple avec “Sorare”) .

Au final, le buzz d’aujourd’hui sur la spéculation des œuvres sous NFT ne sont que le reflet de ce qui se fait déjà dans le monde physique. Mais sur les réseaux, quand c’est nouveau et sensationnel, tout va plus vite… Tout ce qui est spéculatif est lié au “trend”, au buzz et donc au temps.

Précision sur les raccourcis et abus de langage : officiellement, on ne spécule pas sur les NFT, mais sur les œuvres. Quand twitter dit “vous pourrez afficher votre NFT comme image de profil”. Faux! Vous affichez une œuvre qui est liée à un acte de propriété sous NFT; mais pas le NFT. Il ne s’affiche pas, sauf afficher des lignes de codes ou le texte d’un acte de propriété…

Le problème de la bulle sur le sujet des NFT vient justement de là : les spéculateurs se fichent des œuvres numériques elles-mêmes. Ce qui les intéresse uniquement c’est leur valeur! Ainsi dans le cas de la spéculation on n’achète et on ne revend pas une œuvre; mais son acte de propriété…
Un NFT n’est qu’une solution de certification! Ce n’est pas l’œuvre!

Metaverse

Horizon Workrooms, le bureau virtuel de Facebook/Meta — Source : CBS

Le terme “metaverse” est issu d’un roman culte dans la Silicon Valley (“Le Samouraï Virtuel”) du genre “Cyber-Punk” (un sous-genre de la S.F). Mark Zuckerberg s’y réfère fin de l’année 2021 pour proposer sa vision du futur de Facebook. Il imagine ainsi qu’à l’avenir, les activités numériques se dérouleront dans un monde virtuel; à la fois jumeaux de notre monde physique, voire augmentées, voire même en remplacement de ce dernier.

Techniquement nous n’en savons pas plus; ni Mark Zuckerbeg à vrai dire. Pour l’instant ses projections sont proches de univers virtuels déjà existants : des plateformes 3D avec mondes ouverts intégrant de la gamification en plus des activités “classiques” comme les échanges professionnels, du commerce, de l’interactivité…

Il n’y a rien de nouveau dans le concept de réalité virtuelle.
Les univers de ce type pullulent depuis longtemps : des jeux en réseau/en ligne du type Fortnite qui s’ouvrent à d’autres activités que le FPS (jeux de combat à la 1ère personne), ou des Minecraft, de vieux projets comme Second Life, des marques qui créent leurs propres plateformes… Bref, tout ceci est le résultat des vieux phantasmes de geeks, professionnels de la tech, média, etc… et là aussi issus de la culture S.F souvent dystopique.

Dans ce cas, le metaverse est un remplacement total de la réalité physique, peinte comme négative, pour vivre dans un monde (relativement) meilleur, mais factice.

Nous, les humains, sommes assez incroyables : nos phantasmes tendent vers des choses toujours plus négatives. Nous voulons créer et vivre nos plus beaux rêves à travers de faux-semblants.
Et c’est sûrement l’une des raisons du buzz. Nous y ajoutons le sensationnel, l’extravagance de nos projections de passionnés de technologie, le besoin continuel de disrupter, d’innover…

Good Buzz VS Bad Buzz?

Source : le metaverse “The Sandbox”

Un buzz est, de manière pragmatique, un effet d’annonce d’une rumeur sur un sujet, qui sera fortement échangé et discuté; pour devenir “mainstream” (un courant de pensée d’actualité).
Surtout dans le domaine du numérique, le buzz est neutre : il n’est pas forcément négatif.
Mais quand on parle de bad buzz, on pense à une actualité qui met en avant un sujet, une personne qui est vue comme “négative”…
Un buzz peut rendre négatif le sujet d’origine; alors que ce dernier n’est justement pas forcément négatif. Par conséquent, c’est le buzz lui-même qui crée le “bad”. Sauf que ce “bad” créé par le buzz cache les vrais aspects du sujet d’origine. Au point que l’auditoire fait le raccourci entre le sujet et le “bad” buzz. Faisant du sujet, un mauvais sujet; même s’il ne l’est pas…

Il s’agit surement de ce que nous vivons actuellement!
Un usage, une techno, peut devenir “bad” suivant la manière dont on l’aborde. Le buzz n’est donc pas le seul responsable. Du moins, ceux qui créent le buzz sont responsables. Certains vont s’enfermer volontairement dans de mauvaises approches pour alimenter le côté “bad” du buzz pour leurs objectifs personnels. Pour eux, le buzz sera “bon” et pour un public opposé, il sera “bad”.

Vous avez du mal à suivre? Je comprends.

Passons au concret avec nos NFT et metaverses :

En soit, la technologie NFT est fabuleuse : un système unique d’identification et de propriété dans le monde numérique avec autant de sécurité, d’éthique et surtout une possibilité de prouver cette propriété, est une innovation répondant à de véritables besoins.
Sauf que dans notre cas du buzz actuel, le NFT est vu comme le principal, voir l’unique, approche d’un sujet bien plus vaste.

Comme nous le disions plus haut, le NFT est une solution de la blockchain parmi beaucoup d’autres.
Idem pour les objectifs et possibilités d’usage d’un NFT : un NFT ne sert pas uniquement à représenter un produit numérique; et encore moins uniquement une œuvre d’art.
Encore une fois, il s’agit d’un système d’identification et de propriété qui peut servir au vote, à la traçabilité, au retail, à l’IOT, etc…

Nous n’entendons parler que d’investissement, de spéculation et de “collectibles”. L’origine du problème vient justement de là.
Le bad buzz du NFT est exactement le même que celui de la crypto-monnaie. (ces deux sujets sont à vrai dire exactement les mêmes : une crypto-monnaie comme un NFT est un token de la blockchain. Pour l’un, il s’agit d’un token programmé uniquement pour servir de monnaie numérique; pour l’autre les usages sont plus nombreux. Leur seule différence technique est que contrairement à un token de crypto-monnaie, un NFT est indivisible et non interchangeable.)

Bref, le buzz a été créé, entre autres, par les investisseurs et les spéculateurs.
C’est assez compréhensible : ce sont des “early-adopters” (primo adeptes d’une techno ou d’un produit numérique). La spéculation se base justement sur le temps, la précocité et l’effet de masse. Plus le sujet est “chaud” (échangé, mis en avant…) plus il prend de la valeur.

A ces spéculateurs, nous ajoutons un autre public : les médias.
Les médias aiment le sensationnel. Ils ne sont pas exempts de critiques sur le fait qu’ils n’étudient pas forcément en profondeur les sujets; et préfèrent s’appuyer sur du “bruit”. Avec tout le recul que nous pouvons avoir, nous savons parfaitement que notre approche de l’actualité passe par “l’entertainment”, l’effet d’annonce, la gravité des sujets. Et les médias le savent. Malheureusement même les plus spécialisés, ceux qui sont censés être les plus critiques, n’y échappent pas.

Enfin nous, professionnels du numérique, sommes la 2ème frange “d’early-adopters” tout aussi responsables : nous sommes avides d’innovations, d’inventions, de changements. Nous sommes des drogués de nouveautés. A tel point que notre objectivité en prend un coup.

Le NFT, le metaverse, un nouveau produit? Un nouveau service? A quel moment regardons-nous vraiment si une innovation technologique répondra aux réels besoins du public?
Qu’en est-il du long terme? De l’expérience utilisateur finale?
L’innovation peut être en effet, une vraie solution pour le public, mais son approche n’est peut être pas la bonne :
Les NFT et les metaverses, et nous y reviendrons, seront sûrement de très bonnes applications numériques; mais pourquoi en faire un focus alors qu’il ne s’agit que de deux applications parmi d’autres qui feront le numérique de demain?
Le NFT n’est qu’une technologie; le metaverse n’est qu’un terme utilisé par les spécialistes; un moyen pour visualiser et représenter “virtuellement” des activités numériques. Mais pas le seul…

Pensez-vous que cela importe au grand public?
Tout ce qui intéresse les utilisateurs, c’est un moyen de trouver dans leurs activités numériques des possibilités équivalentes à leurs activités réelles. Ils n’ont que faire de savoir quelles solutions techniques se cachent derrière.

  • “Grande annonce : Carrefour possède un terrain sur le metaverse “The Sandbox”.
  • Ah génial! Pourquoi?
  • “Car il faut y être!”

OUI MAIS POURQUOI? Quel sera l’intérêt pour les futurs usagers? Terminée l’époque où “être le premier” était la meilleure des stratégies. Oui, avant l’iPhone, les smartphones existaient déjà… Mais c’est la maturité et la conception utilisateur qui font la réussite d’Apple!

Je ne comprends pas qu’avec le temps et toutes ces expériences, on pense encore qu’il faille entrer par la solution et la technologie. C’est même un très gros risque : celui d’entretenir un monde numérique vu comme un gadget, ou au pire, un ennemi. Car ce qui est difficile à comprendre comme une technologie impose un rejet.
Bien sûr que comprendre un NFT est un moyen pour démocratiser et rassurer; mais seuls l’usage et l’expérience comptent pour l’utilisateur…

Le sujet est tellement chaotique que la stratégie des créateurs de metaverses l’est tout autant : on se retrouve à mélanger les concepts dans les annonces et à créer des raccourcis pour satisfaire des franges d’hypothétiques pionniers du sujet.
Je vous défie de comprendre, même avec des connaissances en blockchain et NFT, en vous rendant sur les sites de The Sandbox ou de Stepn, leurs objectifs stratégiques, les usages, les besoins ou même encore l’intérêt pour le grand public à long terme…
Les termes sont tellement techniques, axés uniquement sur la finance, le gain et la spéculation; et surtout à destination de cibles très, trop, spécifiques…

Revenons justement au metaverse

Film “Ready Player One”

L’annonce de Facebook a été l’unique source de ce buzz!
Depuis quand Facebook et Mark Zuckerberg sont-ils des références d’anticipation?

Les metaverses sont une évolution des mondes virtuels qui existent depuis longtemps. On estime qu’ils seront la place centrale de nos activités numériques; voir plus… Et c’est là l’erreur!
Qui sera prêt à laisser de côté toutes ses activités pour vivre dans un monde totalement virtuel à la “Ready Player One”? Ce n’est qu’un fantasme dystopique de geeks (j’en suis moi-même un!); mais loin de la réalité des besoins et envies du grand public.

Comment peut-on se baser sur les prédictions d’une société que l’on critiquait régulièrement pour ses choix stratégiques?
Sur quelles études et quelles analyses peuvent-ils prévoir la réussite des metaverses?
Comment des investisseurs et décideurs un tant soit peu sérieux peuvent-ils suivre cette idée uniquement sur du buzz, du vent?

Les créateurs des metaverses ont aussi oublié rapidement les fondamentaux de la stratégie numérique : leurs créations ne sont actuellement pas compatibles avec le digital mobile.
Au mieux, si on prend les futures évolutions de jeux comme “Fortnite ou “Pokemon Go, déjà mobiles, et qui tendent vers des activités autres que celles qui sont à la source de leur existence…

Mais quid de “The Sandbox”? Un ancien monde virtuel du type “Minecraft”; qui se dit aujourd’hui un “metaverse”, et se vend principalement aux spéculateurs et aux investisseurs en mettant en avant la monétisation de NFTs…
Pourquoi n’avoir pas mis la priorité sur la création d’une application mobile? Alors qu’elle devrait être prioritaire… Surtout qu’une bonne partie des early-adopters sont la génération Z. Une génération d’utilisateurs uniquement mobiles.
Et quelle différence par rapport à ses anciennes versions? La blockchain? En quoi cela importera les masses d’utilisateurs autres que les technophiles, geeks et early-adopters?

On pense qu’avec le contexte sanitaire nous vivrons physiquement de plus en plus à distance des autres; et que nos déplacements seront limités. Sauf que cela va à l’encontre de ce qui fait de nous des humains. Nous sommes biologiquement faits pour partager des activités physiques. Malgré tous les contextes d’écologie, de pandémie, il faudrait des centaines voire des milliers d’années pour changer.
Nous trouverons toujours des solutions pour sortir, nous rassembler et vivre de la réalité. Au pire, même enfermés dans nos logements, les formats desktop classiques disparaîtront à terme.

Mais rassurez-vous, si le metaverse n’est pas l’innovation centrale du numérique de demain, il sera pourtant une application étonnamment intéressante et nécessaire au Web 3.0.

Car derrière tout le sarcasme, les critiques, de cette première partie se cache peut-être les prémices d’une vraie nouvelle phase du Web avec son lot de bouleversements; impactant nos activités, voire notre société.

Alors, que trouverons-nous alors dans le Web 3.0?
Je vous propose une réponse dans cette 2ème partie :
“Plongeon dans le Web 3.0”

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Consultant Digital Senior | Experience and Innovation Designer

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Julien Ducerf

Julien Ducerf

Consultant Digital Senior | Experience and Innovation Designer

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