Il est temps de mettre fin aux paiements en liquide

Nous sommes presque en 2018 et, à cette époque de grandes avancées technologiques, nous utilisons encore au quotidien des billets et des pièces (et même encore pire : des pièces rouges). Il existe pourtant déjà 1 000 technologies qui nous permettraient de nous débarrasser de cette monnaie fiduciaire onéreuse à produire et à entretenir, difficile à stocker et, finalement, assez peu pratique. Peu pratique car il faut toujours en avoir sur soi, donc allez régulièrement au distributeur, ça prend de la place dans le porte-monnaie (surtout ces 20 pièces rouges dont vous ne savez pas quoi faire), sans parler du fait que personne n’est jamais serein à l’idée de se trimballer avec une grosse somme d’argent sur lui.

Pourtant il est tout à fait à notre portée aujourd’hui de mettre fin à l’utilisation de la monnaie non-électronique. Le Danemark envisage d’ailleurs de bannir les paiements en cash à brève échéance. Il faudra surmonter bien des habitudes et des réticences (sachant que de surcroit les Français sont même encore attachés au chèque), mais les outils pour changer de paradigme sont déjà disponibles. La tentative avait même déjà été faite il y a quelques années avec le lancement de Moneo. Ce service permettait de payer de petites sommes avec sa carte bleue sans avoir à entrer de code. Il avait pourtant suscité trop peu d’enthousiasme, sans doute parce qu’il était trop cher pour les commerçants et trop en avance sur son temps.

Aujourd’hui en revanche le paiement sans contact se démocratise, parce qu’il permet de gagner du temps à la caisse et que les grands distributeurs l’acceptent à partir d’un euro d’achat. On ne compte plus également les applications de paiement entre amis sans frais ou les possibilités de paiement sur Internet (de Paypal au prélèvement automatique). Même les fournisseurs de tickets restaurant s’y mettent et proposent désormais des tickets dématérialisés, via une carte créditée mensuellement.

Finalement seul le commerce de proximité nécessite encore d’avoir de la monnaie, tout le reste pouvant être payé par carte ou autre. Pourquoi donc ne pas faire en sorte que même dans ce cas-là nous puissions avoir une alternative de paiement ? Il suffirait pour cela de limiter les commissions prises par les deux grands acteurs du secteur, Visa et MasterCard, sur les petits paiements. Plus facile à dire qu’à faire, mais ces deux entreprises profitent aujourd’hui assez de leur situation de duopole pour qu’une telle réforme soit mise en place sans avoir trop d’impact pour elles-mêmes.

Dans l’excellente série Mr. Robot, alors que le système bancaire a été mis à mal, les États-Unis se retrouvent dans une crise économique sans précédent. La monnaie nationale n’a alors plus de valeur et tout le monde se tourne vers l’e-coin (sorte de Bitcoin fictif), monnaie complètement virtuelle transitant via les smartphones, même pour les paiements entre particuliers. C’est évidemment une fiction et un krach économique n’est pas nécessaire pour que nous fassions la transition, mais si la monnaie virtuelle peut s’adapter à un monde en crise, pourquoi ne pourrions-nous nous adapter à elle ?