Tout ce que vous devez savoir sur le French Tech 120

Kat Borlongan
Oct 23 · 7 min read

Vous avez forcément suivi l’annonce du Next40 en septembre par le Président de la République. Il ne s’agissait que d’un début : Cédric O, Secrétaire d’Etat au numérique, vient d’annoncer chez Klaxoon à Rennes l’ouverture des candidatures pour le programme French Tech 120.

“Épargnons-nous les éléments de langage : c’est quoi l’elevator pitch ?”

La France a besoin de startups pour alimenter son économie, créer les emplois de demain et avoir son mot à dire dans un monde où l’influence des géants de la tech est indéniable.

Dans leur phase d’hyper-croissance et de conquête de nouveaux marchés, les startups sont confrontées à des défis très spécifiques : passer de 10 à 1 000 employés en quelques années, arbitrer entre croissance et cashflow, se mesurer à leurs concurrents chinois ou américains, ou encore affronter les complexités administratives croissantes.

Pour mener de front tous ces combats, de bons alliés sont essentiels.

À défaut de cavalerie, c’est là qu’intervient (tadaaam) le programme French Tech 120. Il s’agit du programme d’accompagnement de la French Tech pour nos startups en hyper-croissance.

Le but n’est pas de dupliquer ce que les VCs peuvent déjà apporter en matière d’accompagnement. Nous réinventons plutôt l’approche de l’Etat en donnant accès à un dispositif inédit, impliquant une cinquantaine de ministères, agences gouvernementales et services publics.

Concrètement, nous allons apporter à 120 startups en hyper-croissance :

  • Un coup de projecteur. Il suffit de taper “Next40” sur Qwant pour voir l’impact qu’a déjà eu l’annonce du Next40. Prochaines étapes : une visibilité renforcée à travers des opérations de communication, de la mise en réseau et la participation à des délégations officielles à l’étranger.
  • Trois voeux. Comme Aladdin, les bénéficiaires du programme French Tech 120 peuvent émettre trois voeux pendant l’année, auprès de la Mission French Tech et de ses correspondants. Dans les limites de la légalité, évidemment.
  • Un accès illimité à un catalogue de services qu’on pourrait qualifier d’historique : il a été développé avec 50 ministères et agences gouvernementales, fédérés par la Mission French Tech, pour répondre aux besoins spécifiques des startups en hyper-croissance. La liste des services, destinée à s’étoffer en permanence, couvre le développement à l’international, le financement, le recrutement, l’accès au marché et l’accompagnement dans toutes les relations avec l’administration. Les membres du French Tech 120 seront les premiers beta-testeurs de ces offres, que nous espérons étendre plus largement ensuite.
  • Des opportunités de bizdev avec l’Etat, grâce à un référencement accéléré auprès des acheteurs publics et des rendez-vous d’affaires avec eux.
  • Un “Startup Engagement Manager” dédié, chargé d’aider les lauréats à tirer partie au maximum du programme. (Vous pouvez déjà jeter un oeil aux profils de Clément, Louis et Léonard — ici. PS : nous recrutons un(e) quatrième !)

“Mouais. Est-ce que c’est pas juste du vent tout ça ?”

Si vous pensez que tout cela est le fruit de notre imagination, vous pouvez écouter le Président Emmanuel Macron annoncer les contours du programme French Tech 120 à l’Élysée.

Ou encore, vous pouvez aussi lire quelques témoignages des membres du Next40, qui sont les premiers bénéficiaires du programme French Tech 120 :

“Le soutien promis dans le cadre du Next40 est déjà au rendez-vous : nous avons testé le guichet unique qui nous permet d’accéder à des financements, rencontrer des fonds et développer notre activité à l’international via les délégations de Business France à l’étranger”. — Bertrand Fleurose, CEO de Cityscoot

“Avec le soutien des équipes du gouvernement, nous sommes heureux de pouvoir rencontrer des décisionnaires des cinq continents afin d’accélérer à l’international et de faire de Klaxoon un leader mondial de la collaboration.” — Matthieu Beucher, fondateur de Klaxoon

“Qui peut candidater ?”

Les lauréats du Next40 bénéficient automatiquement du programme French Tech 120. Nous recherchons maintenant 80 startups de plus pour les rejoindre.

Vous voulez postuler ? Tenez, on vous a fait un tableau pour recapituler les critères :

Pour devenir un leader technologique de rang mondial, on comprend qu’il existe plusieurs chemins, plusieurs modèles de développement. C’est pourquoi nous avons prévu deux portes d’entrée : une sur la base de la levée de fonds (avec aucun chiffre d’affaires requis) pour nous permettre de prendre en compte les startups deeptech, surtout dans le domaine des biotechnologies. Et une sur la base des critères d’hypercroissance. Puis, afin d’accompagner les meilleures startups de tous les écosystèmes de la France, on a mis ces critères régionaux.

“Est-ce que c’est encore un truc de Parisiens ?”

Fair point. Après tout, 35 des 40 membres du Next40 ont leur siège à Paris. (Ouch.) Ce chiffre est frappant, mais il est à relativiser : ces 35 entrepreneurs sont loin d’être tous nés dans la capitale et les emplois qu’ils créent ne se limitent pas à Paris intra-muros. Quelques exemples :

La nouvelle usine de Ledger à Vierzon, baptisée “LedgerPlex”
  • Veepee et sa Digital Factory au Blanc-Mesnil
  • Bioserenity et son usine à Troyes
  • ManoMano avec une partie de ses équipes à Bordeaux
  • Ynsect et son usine à Poulainville
  • Ledger et son usine à Vierzon

Ce qui compte le plus pour nous, c’est que les talents entrepreneuriaux puissent s’épanouir partout en France et qu’ils puissent lancer avec succès des startups françaises, peu importe d’où ils viennent.

Pour la sélection des 80 entreprises, notre priorité est de cibler des startups de toutes les régions. La réalité est que les startups les plus performantes sont partout sur le territoire. Et nous ne voulons en rater aucune. C’est la raison pour laquelle nous comptons sur les Capitales et communautés French Tech pour diffuser ce message.

Depuis un an, on fait tout pour étendre les actions French Tech à l’ensemble du territoire et renforcer le rôle des Capitales :

  • Lancé le programme French Tech Tremplin dans les Capitales French Tech, alors que son prédécesseur, French Tech Diversité était exclusivement parisien,
  • Initié le déploiement de French Tech Central dans les Capitales French Tech, et plus seulement à Station F,
  • Doublé le nombre de Communautés French Tech labellisés en France (de 13 à 48) dont 13 d’entre elles ont le statut de Capitale,
  • Créé le French Tech Community Fund (doté de 2 millions d’euros pour la seule année 2019) afin de renforcer les moyens d’action des Communautés et Capitales French Tech.

Nous sommes fiers de toutes ces avancées, mais on doit aller encore plus loin : Dans son interview dans Ouest France aujourd’hui, Cedric O annonce la mise en place d’une instance de concertation et de co-construction des programmes French Tech à destination des écosystèmes territoriaux. Elle réunira des membres des boards des Capitales et Communautés French Tech en France — avec au moins 35% de femmes — pour s’assurer que nous répondons bien à tous les besoins des startups du pays.

“C’est bien beau tout ça, mais c’est encore une mesure pour les scale-up. Et les startups dans tout ça ?”

N’oublions pas tous les programmes French Tech à destination des startups en phase d’amorçage que nous avons lancés ou renforcés cette année. En voici juste quelques-uns :

  • French Tech Accélération, un dispositif d’accompagnement pour les incubateurs, accélérateurs et startup studios (doté de 200M EUR)
  • La Bourse French Tech, accordée sous forme de subvention pouvant couvrir jusqu’à 70 % des dépenses éligibles prévisionnelles des startups pre-seed dans la limite de 45 000 €
  • French Tech Seed, un match fund lancé en 2018 pour encourager les business angels à financer les jeunes startups de la deep tech (doté 400M EUR)
  • Le French Tech Visa, désormais accessible à toutes les startups depuis mars dernier, et plus seulement aux 100+ bénéficiaires du Pass French Tech.

Au passage, je dois vous avouer que j’ai toujours trouvé ce terme de “scale up” un peu bizarre. (Voilà, c’est dit…) Il donne l’impression qu’il y aurait deux types bien distincts d’entreprises tech en France : D’un côté, les “startups” en amorçage, avec ses entrepreneurs en hoodies et leurs tables de ping-pong. De l’autre, leur version plus sérieuse, les “scale-up” qui génèrent des revenus, créent de l’emploi et font avancer l’économie. Pourtant, amorçage et croissance sont deux étapes dans la vie d’une startup, et non deux espèces.

Le succès des startups en phase growth tire tout l’écosystème vers le haut. Après tout, comment des startups seed peuvent-elles réussir dans un écosystème aussi jeune que le nôtre s’il n’y a personne pour leur ouvrir la voie ?

“Je suis convaincu, c’est quoi la prochaine étape maintenant ?”

Ne faites surtout pas comme Cendrillon : si votre entreprise correspond aux critères, ne laissez pas passer la date du 29 novembre, minuit ! Et si un entrepreneur dans votre entourage correspond à ce que nous recherchons, rendez-lui service (et à votre pays au passage), en lui partageant ce lien.

P.S. J’en profite pour saluer ici tout particulièrement les entrepreneurs qui nous ont partagé leurs retours d’expérience qui nous ont permis de définir l’offre du French Tech 120 et ses critères de sélection. Oui, nous avons lu TOUS vos retours, vos réponses aux questionnaires, vos posts Facebook, Linkedin, Twitter et écouté attentivement tous vos messages vocaux. Merci :)

Kat Borlongan

Written by

Director, French Tech Mission (French Ministry of Economy and Finance)

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