SOCIAL FEST — JOUR 2 — MIEUX VIVRE ENSEMBLE

Dans le cadre du Social Fest organisé par Kawaa, à Ground Control, du 7 au 11 novembre, nous ferons pour ceux qui n’étaient pas là, le compte-rendu le plus exhaustif possible de ce qui s’est dit pendant le ou les Débats du Jour. Voici le compte-rendu du JOUR 2.

TALK 1 : COMMENT REPENSER LE LIEN AUX SANS-ABRIS ?

Avec :

- Denis Castin, co-fondateur de l’association Toit à moi (Association qui aide des personnes sans-abri à rebondir, en résolvant d’abord leur problème de logement et en menant en parallèle des actions de socialisation et d’insertion)

- Louis-Xavier Leca, Co-Directeur et Fondateur — Association La Cloche / Le Carillon (Association qui développe des projets visant à changer le regard porté sur le monde de la rue et encourage le “faire ensemble” entre voisins avec ou sans domicile, pour construire une société plus inclusive. Le réseau “Le Carillon”, premier projet de l’Association La Cloche, permet d’améliorer les conditions de vie des personnes à la rue et de recréer du lien social avec leurs concitoyens.)

- Stéphane Junique, Vice-président du Groupe VYV, Président d’Harmonie Mutuelle (Le Groupe VYV, 1er acteur global de santé et de protection sociale, œuvre au quotidien pour être utile à tous et à chacun tout au long de leur vie)

- Charles-Edouard Vincent, fondateur d’Emmaüs défi et de Lulu dans ma rue (Lulu dans ma rue est une association qui, grâce à une conciergerie de quartier, met en relation les habitants qui ont besoin d’un coup de main (bricolage, livraison de courses, ménage, jardinage, aide informatique…) et ceux qui ont les compétences et les talents pour répondre à ces demandes. Elle se donne pour ambition d’accompagner les personnes éloignées de l’emploi (les Lulus) et de les réintégrer durablement dans le tissu social).

Animé par Sarah Diep, journaliste pour Socialter et L’Info Durable.(Socialter est un magazine dédié à l’économie sociale et à toutes les transitions. 
L’Info Durable est un média d’info en continu dédié au Développement Durable)

Denis Castin (Toit à moi) :

L’association Toit à moi à été créée à partir d’un constat : beaucoup de personnes donnent chacune dans leur coin un peu d’argent aux sans-abri. Avec un peu d’organisation, cet argent peut être collecté de façon plus collective pour loger les sans-abri durablement.

Le principe de l’association est de proposer à ces donateurs de contribuer un peu, tous les mois, pour rembourser un prêt qui sert à acheter un appartement. Il suffit de 100 personnes impliquées pendant 5 ans pour acheter un appartement.

En parallèle, Toit à moi cherche des entreprises qui financent l’accompagnement des sans-abri car le logement ne répond pas à toutes leurs difficultés. En effet, pour retrouver une stabilité, elles ont besoin de reprendre confiance, d’un accompagnement social, d’une aide à la réinsertion vers l’emploi etc.

Stéphane Junique, Vice-président du Groupe VYV, Président d’Harmonie Mutuelle

Stéphane Junique (Harmonie mutuelle) :

L’espérance de vie d’une femme qui vit à la rue est de 44 ans, elle est de 55 ans pour un homme. Il y a donc une différence d’espérance de vie de près de 20 ans entre les sans-abri et la moyenne nationale, cet écart est inadmissible.

Les personnes qui vivent à la rue ont vécu des ruptures qui les ont conduites à perdre confiance en elles et à développer une méfiance envers autrui. Elles ont été abîmées par des conditions de vie difficiles de la rue et ont parfois développé des pathologies en santé mentale extrêmement lourdes. Les dispositifs d’accueil pour SDF ne tiennent pas toujours compte de ces situations et proposent des solutions qui ne sont pas compatibles avec leurs besoins et habitudes. Cela explique le refus d’une partie des SDF de suivre ces organismes.

Comment retisser un lien de confiance avec les gens qui ont subi une rupture ?Il faut tout d’abord avoir en tête, que personne n’est à l’abri d’une rupture, on peut tous se retrouver un jour à la rue. Il ne faut jamais penser que les personnes à la rue sont des personnes à part.

Comment en vient-on à perdre son logement ? Les causes sont souvent multiples mais le droit à l’accès à un logement, qui est inscrit dans la constitution, n’est pas toujours appliqué ni respecté. Cela donne lieu à des expulsions souvent mal gérées ainsi qu’à un accompagnement peu adapté. ll faudrait des centres d’accueil moins restrictifs qui s’adaptent davantage aux besoins des sans-abri pour que personne ne se retrouve exclu des dispositifs. On ne peut pas, par exemple, interdire à une personne qui a passé des années dehors, de boire ou de fumer.

Par ailleurs, le logement ne fait pas tout. Un accompagnement sur la durée est nécessaire pour réapprendre aux personnes à dormir dans un lit, sous un toit, à faire confiance, à se faire à manger, à entretenir son domicile etc.

Les 3 solutions les plus importantes :

  • Au sein des dispositifs d’urgence, proposer des conditions d’accueil plus souples
  • Les dispositifs de logement doivent, systématiquement, être complétés par un accompagnement social
  • Faire respecter le droit au logement
Louis-Xavier Leca Fondateur du Carillon

Louis-Xavier Leca (Le Carillon) :

Il faut mieux comprendre les sans-abris pour mieux les aider. Les sans-domicile représentent 150 000 personnes en France. 2 sur 5 sont des femmes.

L’image des sans abris est très loin de celle qu’on en a. Entre 30 et 40% des personnes sans domicile travaillent. Beaucoup de personnes qui vivent à la rue ont fait des études supérieures et sont de plus en plus jeunes. Aujourd’hui en France, on meurt encore à vivre dans la rue. Notamment pendant l’été, pendant lequel l’isolement est renforcé par la fermeture des structures d’accueil qui n’opèrent que l’hiver ou pendant l’année scolaire.

Comment repenser l’aide aux sans-abris en sortant de la logique aidé /aidant ?

Il faut leur redonner la possibilité de se sentir utile !

Que faire quand on croise un sans-abri à part lui donner une pièce ? Lui demander un coup de main (sa direction par exemple).

Il faut recréer des moments où la personne ne se sent plus SDF pour qu’elle ait envie de se réinsérer. Tous les mois, des événements sont par exemple organisés avec des SDF, des bénévoles et des participants d’horizons variés : karaoké etc.

Le Carillon propose aux commerçants d’aider les sans abris grâce à des petits services rendus par leurs structures. Cela donne la possibilité au commerçant d’être solidaire, cela crée du sens pour les consommateurs et outre, le service proposé, cela permet de tisser des liens avec les sans-abri.

Charles-Edouard Vincent

Charles-Edouard Vincent (Lulu dans ma Rue) :

Que faire pour aider les SDF ?

Le Carillon n’agit pas pour sortir les personnes de la rue mais plutôt pour leur faciliter la vie dans la rue. C’est une promesse plus légère mais qui permet de créer du lien et constitue ainsi une première étape. Par ailleurs cela permet de sensibiliser les citoyens et de les inviter à se mobiliser à leur tour.

Il faut que la société prenne le relais avec des spécialistes pour accompagner les personnes à la rue de façon durable et proposer des logements pérennes. Notre société doit leur refaire une place.

Toit à moi :

Il ne faut pas limiter nos promesses et engagements. Les sans-abri qui retrouvent un logement, font face à d’autres difficultés qui les maintiennent vulnérables. Ils sont considérés comme des personnes normales, avec simplement un peu plus de problèmes que les autres. Ils doivent toutefois continué d’être accompagnés dans la durée.

Il ne faut pas qualifier les personnes par le fait qu’elles sont sans abri.

Il faut passer de l’indignation à l’action, tout le monde peut contribuer.

Le Carillon :

Le tout est de bien comprendre le mécanisme. La personne sans-abri a une carapace qui renferme tous ses problèmes. Lui offrir 2 jours de confort et le remettre ensuite dans la rue, peut-être totalement improductif.

Le Carillon dispense une formation qui permet d’apprendre à aider les sans-abri : ne pas réveiller une personne qui dort, se présenter et se mettre à son niveau, ne pas se prendre pour un héros etc.

Questions du public :

Comment les commerçants accueillent-ils l’initiative du Carillon ?

Un commerçant sur 5 accepte de faire partie du réseau car le système est simple (ils peuvent choisir le type de services qu’ils proposent ainsi que les horaires et les jours proposés).

Le carillon a lancé 100 toilettes publiques à Paris dans des cafés qui ont accepté que les sans-abri les utilisent. Les SDF n’ont du coup pas à se justifier pour utiliser les services et les clients saluent le geste et félicitent les gérants.

Quels sont les nouveaux espaces de rencontres dans une ville ?

Harmonie mutuelle :

De plus en plus, les bancs sont supprimés des trottoirs. En parallèle, il y a de moins en moins de fontaines d’eau. L’enjeu est de définir comment on veut que notre ville soit inclusive et que chacun puisse profiter des espaces.

Il est également nécessaire de disposer de lieux qui favorisent les rassemblements conviviaux ou festifs. Cela permet d’organiser des évènements publics en sollicitant tout le monde.

Enfin, il faut repenser les hébergements d’urgence en lieu d’accueil non stigmatisés qui proposent une approche plus humaine.

Emmaüs Défi

La rue n’est pas faite pour y dormir, on ne peut pas imaginer des bancs spéciaux pour que les SDF y dorment.

Il faut s’interroger dans la durée et pas uniquement sur le logement pour traiter les fragilités et l’absence de confiance en soi des personnes à la rue. Il existe des cas de personnes qui ont réussi à retrouver des situations normales et qui du jour au lendemain disparaissent. Il y a parfois des fragilités intérieures qui dépassent largement ce qu’on peut faire.

Toit à moi

Les problèmes et les fragilités ne doivent pas justifier l’absence de logement.

Que faire face aux personnes qui font la manche dans la rue et le métro lorsqu’il se montrent violents ou agressifs ?

Tous les SDF ne font pas forcément la manche. Il ne faut pas culpabiliser car il y a beaucoup de demandeurs. Il s’agit surtout de ne pas leur en vouloir et de ne surtout pas les stigmatiser. Si on ne peut pas donner de pièces, on peut donner autre chose, même un regard.

Interventions du public :

- Dans ma rue : En tissant divers partenariats auprès d’acteurs pour le logement, cette association souhaite capitaliser autour du climat de confiance qu’elle instaure auprès des sans-abri pour les accompagner au mieux dans leur réinsertion professionnelle. L’association propose des maraudes.

- Merci pour l’invit : Merci pour l’invit’ est le premier réseau d’hébergement citoyen permettant la réinsertion de femmes en difficulté.

- La Chorba : Association d’aide alimentaire qui fait des maraudes et de l’insertion professionnelle.

- Un bénévole à la Croix rouge française : Il était un peu gêné par les sans-abri car ne savait pas comment agir avec eux et préférait ainsi les ignorer. En discutant avec eux, ils s’est rendu compte qu’ils étaient tous différents et tous normaux. Ils ont beaucoup besoin de parler et ne sont pas informés sur leurs droits. 
Le problème est qu’on apporte toujours une solution temporaire. Le 115 est saturé alors qu’il s’agit du seul numéro pour les sans-abri. Les places dans les hébergements sont très temporaires. La réinsertion doit être progressive pour pouvoir être durable.

Conclusion :

La société doit changer la vision qu’elle a des sans-abri. On se retrouve à la rue à cause d’un enchaînement de circonstances malheureuses et cela peut arriver à tout le monde : une rupture amoureuse, la perte de son emploi, le décès d’un proche, une dépression etc. Ces difficultés sont à l’origine d’une perte de confiance, elle même à l’origine de problématiques psychosociales lourdes. Il faut comprendre que le logement ne suffit pas, la souffrance de ces personnes est plus importante que matérielle. Il faut au minimum prendre un peu de temps pour écouter leur histoire et leur consacrer un peu d’attention.

Vous vous voulez contribuer? Contactez les associations mentionnées, elles cherchent des bénévoles et vous proposent de faire des dons!

TALK 2 — QUE FAIT-ON CONCRÈTEMENT POUR MIEUX ACCUEILLIR LES RÉFUGIÉS

Vous étiez nombreux à ce talk pour échanger sur les actions possibles pour mieux accueillir les personnes réfugiées. Des plus simples aux plus inspirantes, ces actions sont nombreuses, en témoignent nos intervenants.

Nous vous invitons tout d’abord à écouter l’émission de Radio Ground-Control consacrée à la thématique : https://www.groundcontrolparis.com/podcast-groundflorecafe

Avec :

- Theo Biddulph, Chef de projet du programme Refugeeks de Simplon— Simplon forme gratuitement des demandeurs d’emploi aux métiers numériques, Refugeeks est une formation intensive et qualifiante au développement web pour les personnes réfugiées

- Jean-François Corty, Médecin humanitaire et auteur de “la France qui accueille” — En réponse aux discours de peur et de repli, ce livre met en lumière la France qui accueille pour donner envie à chacun de la rejoindre

- Aurélie Elhassak Marzorati, Directrice générale adjointe chez EMMAÜS Solidarité — Association laïque, créée par l’abbé Pierre en 1954 dont la mission est l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement social des personnes sans abri ou en situation de grande précarité

- Marine Mandrila, Co-fondatrice du Refugee Food Festival— Le Refugee Food Festival met à l’honneur les talents de chefs réfugiés, pour contribuer à faire évoluer le regard sur le statut de réfugiés, offrir un tremplin professionnel à ces talentueux chefs, et pour vous régaler

- David Robert, Directeur général adjoint chez SINGA— Singa accompagne les réfugiés dans leur intégration socio-économique en apportant des solutions innovantes et en favorisant les échanges et la coopération avec la société d’accueil

Animé par Kevin André, fondateur de Kawaa

Quelles sont les actions que propose Emmaüs Solidarité ?

Aurélie Elhassak Marzorati de Emmaüse Solidarité

Qui sont ces bénévoles ? Que recherchent-ils ? Comment les accompagner ?

Aujourd’hui, ce sont pour la plupart des jeunes qui ont l’envie d’agir, rencontrés par le biais de “speed dating”, le moment de rencontre étant essentiel. Il apportent un véritable supplément d’âme.

Les 3 besoins/ priorités pour mieux accueillir les réfugiés selon Aurélie Elhassak Marzorati

- Avant tout, être l’habitant d’une ville hospitalière

- Devenir Bénévole Emmaüs Solidarité ! Car aujourd’hui, le constat affligeant que fait Aurélie est que les bénévoles sont, pour la plupart d’entre eux, des réfugiés eux mêmes. C’est une très belle action de solidarité et d’entraide mais à quel prix ? Le bénévolat est gratuit et ces personnes ont besoin d‘aide, d’être épaulées pour s’en sortir

- Être les porte voix de la tolérance et de la solidarité — pour faire taire les artificiers de la panique identitaire

En amont de tout engagement personnel, participer aux actions que les bénévoles font pour les personnes réfugiées permet à ces derniers de se sentir intégrés et compris dans les actions qu’ils mènent , et c’est primordial !

Et en ce qui concerne les bénévoles recherchés, l’association ne recherche pas des travailleurs sociaux ou des spécialistes de l’administratif ! Nous toutes et tous avons des compétences, des talents que nous pouvons partager. Infirmier, kiné, juriste… ces types de compétences sont très recherchés.

Il est aussi essentiel d’ouvrir plus d’hôtels et de lieux d’hébergement. Il faut arrêter d’entasser les réfugiés dans des hôtels proches de l’autoroute ou du périphérique où il n’y a aucune vie de quartier, aucun commerçant aux alentours, aucune sociabilité possible. Il faudrait ouvrir ces centres dans des quartiers, dans des villages.

Aujourd’hui, des centaines de paysans ont besoin de main d’oeuvre et seraient prêt à accueillir ces personnes réfugiées. Qu’attendons-nous pour agir ?

Pour en savoir plus : https://www.emmaus-solidarite.org/

Jean-François Corty

Quelles sont les actions que propose Jean-François Corty ?

Il y a un écart entre la réalité des chiffres et notre perception de la situation. Comment expliquer cet écart ? Les migrations et la mobilité ont toujours fait partie de notre histoire. Pourquoi cela nous fait si peur ?

L’Etat doit arrêter de mettre les personnes réfugiées en plus grande précarité encore qu’elles ne le sont déjà et mobiliser tous ses moyens sur l’accueil et la mise à l’abris. L’énergie folle mise pour “déloger” les personnes migrantes et sans-abris, pour déterminer leur âge (mineur ou non ?), pour pouvoir renvoyer un maximum de réfugiés doit être mise dans l’hospitalité. Cette énergie et ces moyens pour accueillir, nous les avons et largement au niveau de l’Etat !

Comment mieux accueillir alors ?

  • Nous tous ensemble : faire appel au vivier d’hospitalité et d’accueil : une France qui accueille et qui a envie d’accueillir (cf. son livre “la France qui accueille”)
  • Nous citoyens : donner une image positive de nos quartiers et de notre capacité d’accueil
  • Les autorités avec nous : s’appuyer sur l’existant et sur la société civile

Nous citoyens pouvons aussi nous rendre utile à notre échelle, sans nécessairement être médecin ou travailleur social.

Passer le cap, faire le premier pas vers les personnes réfugiées, c’est la première chose à faire ! L’arrivée des migrants n’est pas qu’une question politique, c’est aussi et surtout un plus pour l’État dans son capital culturel et social.

Mais il faut avoir conscience que l’intégration est un processus de long terme. Par ailleurs, Jean-François Corty stipule qu’il faut traiter les réfugiés comme un sujet éthique et non politique car ce sont des êtres humains qui méritent un accueil et un suivi.

Pour en savoir plus : http://www.editionsatelier.com/index.php?page=shop.product_details&flypage=bookshop-flypage.tpl&product_id=723&category_id=27&manufacturer_id=1&option=com_virtuemart&Itemid=1 & https://www.facebook.com/konbinifr/videos/358449681303876/

Quelles sont les actions que propose Singa ?

David Robert de Singa

“Réfugié” : ce n’est ni plus ni moins qu’un statut administratif, comme le fait d’être marié au régime de la communauté, PACsé, d’avoir son permis B… Qu’est-ce que ça dit de nous ? Une personne extérieure peut-elle nous connaître ou nous définir à partir de ce simple statut ? Non. Avant de parler de “réfugiés”, nous parlons bien de personnes, d’humain(e)s.

Comment alors accueillir une personne réfugiée ? En faisant preuve d’ouverture avant tout, d’ouverture humaine et des portes des lieux où nous vivons, travaillons… Kiwanda dans le 11e à Paris est par exemple un espace de coworking interculturel, dédié au personnes réfugiées et ouvert à tous. L’idée est d’ouvrir ce type de lieux partout en France et dans le monde !

Il y a un besoin fort de connexion entre les nouveaux arrivants et les locaux. Grâce à son réseau de bénévoles à Paris et en région, Singa veut connecter les réfugiés à la population française en croisant les compétences de ces “nouveaux arrivants” et les besoins des habitants.

Si l’on entend par bénéficiaire la cible d’une action de sauvegarde, de solidarité ou d’urgence, alors on peut estimer que le bénéficiaire est celui qui est accueilli et le bénévole celui qui accueille.
Mais on se rend compte que la force d’un accueil, c’est surtout le changement de regard de tous les gens qui entourent le foyer en question : amis, famille, voisins.
Evidemment, il y a un confort nouveau, une possibilité de se projeter dans son projet avec plus de sérénité. C’est pour cela que Singa a lancé le programme CALM (Comme à la Maison), un programme qui connecte les citoyens français et personnes réfugiées pour des cohabitations temporaires de 3 à 12 mois. Le plus incroyable dans ce programme, ce sont les témoignages des proches.

Pour en savoir plus : https://www.kiwanda.fr/ & http://calm.singa.fr/

Quelles sont les actions que propose le Refugee Food Festival ?

Le Refugee Food Festival change la personne réfugiée de place : ici c’est elle qui apprend à l’autre. La personne réfugiée n’est pas forcément dans la position que l’on peut imaginer ou croit souvent (exemples de Bertrand Grimaud (1 étoile) — Aucun épice / Mouhamad — Réciprocité )
Lors de ce Festival, le chef fait le tour des tables, c’est une rencontre ! A la fois simple mais très puissante.
Ce festival permet de faire évoluer les regards

Pourquoi et comment la cuisine est un levier si fort pour l’accueil ?
C’est la première chose que l’on fait quand on arrive. La cuisine de nos mamans, ça raconte l’intime, c’est constitutif de notre identité. Quand on mange ou en cuisine, tout le monde est à égalité. Cela valorise les cultures — et permet aussi de retrouver de la dignité pour des personnes qui ont eu un parcours extrêmement dur jusqu’en France. Il est essentiel de partager leurs compétences et techniques qui sont des sauvegardes du patrimoine culinaire.

C’est également un excellent levier d’intégration : besoins en recrutement sur le marché, bon moyen de permettre l’insertion professionnelle.
Et n’oublions pas que la gastronomie française résulte de l’absorption des différences influences. Nous avons beaucoup à apprendre de la cuisine des personnes réfugiées.

Un conseil ? Aller dans les restaurants des chefs réfugiés, prendre des stagiaires en cuisine ! Depuis 2016, au mois de juin et dans le monde entier, plusieurs restaurants s’allient pour donner la chance à des réfugiés de proposer leur cuisine. Franc succès, Refugee Food Festival est désormais installé, de façon permanente, au Ground Control. En ce moment, retrouvez la cuisine géorgienne de Magda ! Un programme existe aussi pour que des chefs réfugiés viennent dans une cantine d’école pendant 1 semaine et y rencontrent les enfants, leur partagent leurs témoignages.

Pour en savoir plus : http://www.refugeefoodfestival.com/ & https://www.calvados.fr/accueil/toute-linfo/dossiers-1/corps/lespace-presse-1/refugee-food-festival---quand-le.html

Quelles sont les actions que propose Simplon ?

Simplon propose avec son programme Refugeeks, construit dans une logique partenariale avec Singa et Emmaüs, 3 niveaux de formation :
- Niveau 1 : Lutter contre l’exclusion numérique (avec We Tech Care / Emmaüs Connect)
- Niveau 2 : Utiliser le numérique pour développer l’employabilité -> blocs de compétence et programme diplômant
- Niveau 3 : Former pour que le numérique devienne le métier de personne réfugiées
Le programme veut créer un consortium avec un véritable impact collectif (#justiceleague).
Le rôle de Simplon comme organisme de formation rejoint d’autres dans leur rôle de création de lien et de premier contact (MSAP / Emmaüs Connect / Croix rouge).

Un conseil pour mieux accueillir ? Échangeons nos compétences. Simplon recherche également des professeurs en développement.

Les formations gratuites que Simplon propose sont destinées à tous, et notamment aux réfugiés qui ont beaucoup de compétence mais qui ne peuvent trouver, ailleurs, leur sens et leur place, notamment à travers la barrière de la langue. Chez Simplon, nous avons des cours de français pour permettre aux réfugiés d’enlever cette barrière. Et au-délà de la langue, l’informatique est un langage universel que tout le monde peut parler.

Pour en savoir plus : https://simplon.co/refugeeks-fr/

Le + du Fishbowl : le partage de Yasin Adbi Jama, personne réfugiée qui a créé son association en France https://www.ref-asso.org/

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