SOCIAL FEST — JOUR 3 — MIEUX CONSOMMER/MOINS DÉPENSER

Dans le cadre du Social Fest organisé par Kawaa, à Ground Control, du 7 au 11 novembre, nous faisons pour ceux qui n’étaient pas là, le compte-rendu le plus exhaustif possible de ce qui s’est dit pendant le Débat du Jour. Voici le compte-rendu du JOUR 3.

Nous vous invitons aussi à écouter l’émission de Radio Ground Control consacrée à la thématique : https://www.groundcontrolparis.com/podcast-au-gre-du-ground

TALK : COMMENT MOINS DÉPENSER, MIEUX CONSOMMER ?

Avec :

- Laura Chatel, Responsable du plaidoyer Zero Waste France (Association et démarche positive pour aller vers une société zéro gaspillage et zéro déchet.)

- Ghislain Morillion, Fondateur de Véja (Marque française de baskets écologiques et issues du commerce équitable.)

- Jérôme Saddier, Vice-Président Délégué chez Crédit Coopératif (Banque coopérative française)

- Emmanuel Soulias, Fondateur d’Enercoop (Fournisseur français d’électricité d’origine renouvelable)

- Julien Vidal, Fondateur de Ça commence par moi (Projet qui rassemble des actions pour changer le monde à l’échelle de l’individu partout et tout le temps)

Animé par Gérard Leclerc, journaliste pour We Demain (Revue trimestrielle et un site qui raconte le monde en mutation)

Emmanuel Soulias (Enercoop):

Le contexte actuel est préoccupant concernant le réchauffement climatique. Il va y avoir la sortie du film “Après-demain” mi-décembre réalisé par Cyril Dion, il y est dit qu’il faut construire un nouveau récit. Il faut consommer de manière plus équitable, plus durable.

Enercoop essaye de produire de l’électricité de manière moins prédatrice. Scénario négawatt : importance de la sobriété dans la démarche de consommation responsable.

Faut-il alors moins consommer ? Il faut peut-être accepter d’être moins ambitieux, plus transparent.

Les clients Enercoop consomment 20% d’électricité de moins que les autres car ils font aussi sans doute plus attention à leur consommation.

Finalement si on consomme moins mais des meilleurs produits, l’investissement est le même mais les impacts sur la planète sont bien meilleurs.

Jérome Sadier

Jérome Sadier (Crédit Coopératif) :

Le Crédit Coopératif est une banque coopérative. Aujourd’hui cette banque finance beaucoup d’entreprises à impact.

En quoi est-elle différente des autres banques ?

Les clients sont sociétaires (il n’y a pas d’actionnaires). Depuis une vingtaine d’années, la banque propose à des particuliers de gérer leur argent différemment.

Je suis un particulier, que me proposez-vous ?

L’argent est un bien de consommation. La banque fait circuler votre argent et donc peut-être utilisé pour des choses que vous ne contrôlez pas. Au Crédit Coopératif, on réinvestit que dans des secteurs à impact positif.

3 catégories de produits :

  • le compte agir (à chaque retrait, quelques centimes sont donnés à une association que vous avez choisie)
  • le livret agir : une fraction des intérêts perçus est reversé à une association que vous avez choisi
  • le livret 3ème révolution industrielle : l’épargne finance directement des projets territoriaux

En 2017, 3 millions d’euros ont été récoltés et reversés aux associations grâce à ces produits.

Pour chaque opération, le Crédit Coopératif abonde également.

Ghislain Morillion

Ghislain Morillion (Veja) :

L’idée est de fabriquer des baskets qui respectent l’homme et l’environnement. C’est une démarche inspirée du commerce équitable. A chaque étape de la chaîne de production, on a un impact positif.

  • Le caoutchouc est acheté en Amazonie à des hommes rémunérés au dessus des prix du marché par exemple.
  • La fabrication se fait au Brésil là où les matières sont achetées et où les conditions de vie sont meilleures pour les ouvriers.
  • En France, le travail se fait avec un atelier d’insertion pour la logistique.

On cherche à utiliser le capitalisme pour être plus juste.

Laura Chatel

Laura Chatel (Zero Waste Paris)

Association créée il y a 20 ans.

La démarche de réduction des déchets est assez populaire dans la sphère citoyenne aujourd’hui. On essaye de faire le lien entre les différents types de déchets qu’on produit.

Il y a les déchets de la poubelle (emballages, plastique) mais également les déchets «cachés» (choses qu’on n’utilise plus). Un micro-onde représente 2 tonnes de matières premières, un manteau 110kg. Ces quantités de déchets sont invisibles mais ont aussi un impact sur l’environnement.

Défi « Rien de neuf » : essayer de ne rien acheter de neuf en 2018. 14 000 personnes se sont déjà engagées à relever le Défi.

On peut continuer à acheter mais pas forcément du neuf : achat d’occasion, mutualisation entre proches, prêts, locations.

Julien Vidal

Julien Vidal (Ça commence par moi) :

Comment vivre de façon écologique ? :

La première chose que j’ai faite est de changer mon mode d’information. La société crée des angoisses qui poussent à la consommation et qui poussent à chercher des plaisirs immédiats par l’achat.

Comment s’extraire de cet environnement ?

La télé ne nous rend pas maître de notre consommation visuelle donc il faut réduire son influence. La presse est possédée à 80% par des grands groupes, on peut également choisir d’autres médias.

On voit alors le monde différemment et de manière plus positive.

Mon vrai bonheur est souvent lié au fait de dépenser moins mais mieux.

Veja : Quand on parle d’écologie, on parle souvent de contrainte. Pour moi la solution c’est de donner envie. Avoir un mode de vie responsable peut-être synonyme de plaisir. L’engagement peut être très agréable et sympathique.

Enercoop : Il ne faut pas avoir trop d’ambition et déjà être content des progrès qu’on fait.

Julien Vidal : « L’expérience est une lumière qui n’éclaire que celui qui la porte ». Ce qui nous semble évident ne l’est pas forcément pour l’autre. Il faut respecter chacun dans sa capacité.

Public : On n’a pas à apparaître comme des doux rêveurs, il faut partir du principe que c’est comme ça que cela doit être et que le combat doit être porté collectivement et partir gagnant.

Zéro Waste France : Le fait de consommer différemment permet d’en parler aussi à nos proches et de créer des opportunités de discussion et de planter des graines dans des milieux qui ne nous entendent pas du tout.

Public : Pour convaincre, il faut expliquer que ce n’est pas tout ou rien et qu’on peut commencer par des petits gestes. Que chaque geste compte et que ce n’est pas grave si on n’est pas prêt à tout faire. Par exemple moi, je ne pourrai jamais arrêter de prendre l’avion mais en contrepartie maintenant, je me déplace à vélo. On peut tous faire des concessions comme ça pour convaincre des gens sceptiques avec des petits gestes.

Public : C’est quand même urgent là, on n’a pas le temps de convaincre les gens avec des petits gestes.

Julien Vidal: Il faut laisser les gens aller à leur rythme. Oui c’est la merde mais tu ne peux pas demander à quelqu’un qui n’a jamais fait de sport, de faire un marathon.

Public : Il faut moins consommer et c’est la notion de capitalisme qui doit être revue. Nous sommes tous schizophrènes car on est tous là mais on n’a pas tous des comportements sans reproche.

Enercoop : 4 catégories de personnes par rapport à l’écologie :

- ceux qui s’en fichent

- ceux qui essayent d’avoir une vie responsable comme nous

- les collapsologues

- les militants, hyper engagés

Julien Vidal : On a de la chance de vivre en France. On ne nous regarde pas, nous les Français commes d’autres citoyens du monde. C’est à nous de proposer une nouvelle révolution.

Crédit coopératif : Pour moi le pire c’est la vision catastrophiste. Ca dessert le collectif.

La question n’est pas de sauver la planète mais de savoir dans quelles conditions les hommes veulent vivre à l’avenir sur la planète. On espère qu’il y aura un geste de contagion dans nos actes du quotidien : il faut regarder les progrès déjà réalisés.

Certaines multinationales pèsent plus que certains états, il faut se réapproprier les questions géopolitiques.

Zero Waste : Il faut être bienveillant avec soi-même et accepter les écarts, se laisser le temps de trouver ce qui nous correspond.

Julien Vidal : Il faut remettre la notion de plaisir au sein de la démarche. J’ai du refaire l’équilibrage entre les bonnes choses que j’arrivais à faire et celles que je ne parvenais pas à accomplir. Il faut accepter le fait qu’on est imparfait et être en honnêteté par rapport à ta démarche.

Public : Ca coûte cher d’avoir une alimentation responsable. Le bio ça coûte très cher. La démarche éco-citoyenne ne concerne t-elle pas que les gens aisés ?

Enercoop : Le surcoût en moyenne est de 8 à 10 euros par mois en passant chez Enercoop et il est dû au fait que tu as un impact positif. Enercoop achète directement à des producteurs d’électricité.

Veja : Par exemple, on propose nos baskets plus cher que d’autres marques mais on peut-être totalement transparent sur les conditions de fabrication.

RETROUVEZ LE FIL TWITTER DU SOCIAL FEST

RETROUVEZ LES STORIES INSTAGRAM PAR JOURNEE