Je cherche quelque chose que je ne peux pas atteindre

Peut-être que j’ai du mal à accepter la personne que je suis. J’ai tendance à être trop dure envers moi-même, à percevoir certaines de mes expériences en échec.


J’ai toujours eu une imagination débordante et de brillantes idées. Y’a quelques mois, j’ai même commencé à écrire un roman de science-fiction. Le soucis, c’est que je ne finis jamais ce que j’entreprends. Parce que je me compare aux autres sans cesse. Dans ma tête, mes “trucs” ne valent rien. L’échec par-ci, l’échec par-là.

Parfois, j’ai vraiment l’impression de vouloir absolument devenir quelqu’un d’autre, de vouloir réaliser de grandes choses—comme si, être “normal” ne suffisait pas. Alors qu’au fond de moi, j’apprécie beaucoup la simplicité. Tout bêtement, peut-être que je suis restée bloquée dans le passé, à me lamenter sur le fait que j’ai jamais pu faire des études après le lycée.

Quand je vois autour de moi tous ces diplômés, entrepreneurs et créateurs d’idées, j’ai tendance à me sentir comme de la merde et très très petite.

J’ai honte de l’avouer, mais j’envie les autres ou plutôt, c’est leur parcours scolaire et professionnel que j’envie. Le bon côté de la chose, c’est que j’ai toujours la soif d’apprendre et une curiosité sans limites.

Mais qu’ai-je accompli dans ma vie ?

Rien d’exceptionnel.


Vers l’âge de 16 ans, environ, on nous demande ce qu’on veut faire dans la vie. Moi, à 16 ans, mon monde était tout petit et j’avais rien vécu ou vu d’extraordinaire. J’ai grandi avec ce sentiment d’anxiété lié à l’éternelle question : que vais-je devenir plus tard ?

Avez-vous remarqué que dans notre société, il faut se dépêcher constamment ? Faire ses choix rapidement et sans se planter, sinon, sinon… quoi exactement ?

Lorsqu’on me demande le métier que font mes parents, j’adore voir le malaise qui se forme sur le visage de certaines personnes. Parce qu’être femme de ménage et agent de sécurité, ça signifie avoir un boulot de merde. La vérité, c’est que mes parents vivent très bien, dans leur appartement face à la mer sur la Côte d’Azur.

[emoji choqué.]

Et ouais, vous voyez le truc, on assimile ce qu’on fait pour gagner son pain à notre bonheur.

Argent = bonheur.

Personne aime travailler, sauf ceux qui font de leur passion, un métier. Moi le soucis, c’est que j’aime rien en particulier mais beaucoup trop de choses différentes.

Et je suis curieuse.

J’ai envie de prendre le temps de vivre, contrairement à Madame La Société. Partir à la découverte du monde (cliché)—mais surtout comprendre qui je suis.

Récemment, j’ai acheté un nanoblock — c’est très similaire à Lego, sauf que les briques sont minuscules. Et pendant que j’assemblais mon dragon, ça m’a fait penser à notre façon d’évoluer. En assimilant ces pièces colorées, à nos compétences et expériences de la vie, elles s’emboîtent à l’infini sans jamais s’arrêter.